Vivre plus longtemps en mangeant moins ?

Vivre plus longtemps en mangeant moins ?

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Deux études publiées en avril dernier ont mis en avant le fait qu’un régime alimentaire réduit en calories permettrait d’augmenter l’espérance de vie et de réduire les pathologies liées au vieillissement. Avoir des rations alimentaires moins importantes mais toujours équilibrées pourrait donc être un moyen de vivre plus longtemps et surtout en meilleure santé.

Une étude française sur des primates

Encouragés par des études menées sur les macaques en 2009 et 2012 aux Etats-Unis, des chercheurs du Musée national d’histoire naturelle (MNHN) et du CNRS spécialisés en nutrition, neurosciences, vieillissement et psychologie animale, ont réalisé une étude sur une espèce de lémuriens présentant de nombreuses similitudes avec l’Homme, notamment au niveau du vieillissement. Cette étude a été publiée dans la revue Communications Biology.

Durant cette étude, deux groupes de lémuriens ont été distingués : d’une part des lémuriens soumis à un régime normal dit « contrôle » et d’autre part des lémuriens avec un régime dont les apports étaient réduits d’environ 30 %. Chez le premier groupe, des signes visibles de vieillissement sont apparus (cataracte, blanchiment de la fourrure) tandis que le second groupe a vu sa durée de vie augmenter de près de 50 %. La survie médiane est ainsi passée de 6,4 ans à 9,6 ans.

Cette étude a surtout montré qu’un régime plus pauvre en calories peut avoir une incidence sur la survenue du cancer et du diabète tout en ralentissant l’atrophie de la matière blanche, l’ensemble de fibres qui constitue les neurones.

Si les mécanismes impliquant ces résultats restent encore méconnus, ils pourraient s’expliquer par deux théories. La première se base sur le principe de l’hormèse : face au stress modéré induit par la restriction calorique, les défenses biologiques des lémuriens du second groupe se sont activées, augmentant ainsi la résistance de leur organisme. La seconde théorie serait que le régime restreint du second groupe serait finalement celui qui est le plus adapté à leurs besoins. On parlerait alors d’optimisation calorique.

Une étude américaine sur l’Homme

La seconde étude, publiée dans la revue Cell Metabolism, a été réalisée cette fois sur des humains par une équipe américaine dirigée par la biologiste Leanne Redman. Cette étude réalisée sur un échantillon de 53 personnes est présentée comme étant l’une des plus concluantes sur le sujet à l’heure actuelle.

Pendant 2 ans, 34 individus de ce groupe ont réduit leurs apports caloriques de 15 % tandis que les 19 autres n’ont rien changé à leur alimentation. Les résultats observés sur le premier groupe ont été les suivants : perte moyenne de 9 kilos, ralentissement du métabolisme, réduction de la production de radicaux libres (responsables du vieillissement cellulaire).

Malgré ces effets positifs, il convient de rester prudent avec cette étude car les personnes qui y ont pris part étaient toutes en surpoids au début de l’étude. Il est donc logique que la restriction calorique ait entraîné une perte de poids et une réduction des facteurs de risques cardiovasculaires notamment.

Une conclusion unanime et des interrogations

Même si elles comportent des aspects qui restent controversés, ces deux études sont arrivées à une conclusion ferme et unanime : un apport calorique trop élevé est mauvais pour la santé et la longévité. Le fait de réduire ses apports permettrait de moins solliciter et moins mettre à l’épreuve notre organisme. La question qui reste à trancher est donc la suivante : quel est l’apport calorique optimal ?

Les nutritionnistes recommandent d’adapter les rations alimentaires en fonction des dépenses énergétiques. Or, nous ne sommes pas tous égaux et n’avons pas tous les mêmes besoins. Il faut également rappeler que les restrictions caloriques ne sont pas conseillées à tous les individus et que toute démarche allant dans ce sens doit être soumise à un avis médical préalable et bien encadrée afin d’éviter d’éventuelles complications.

2 COMMENTAIRES

  1. Bonjour,

    Article très intéressant on ne cesse de parler des avantages d’une réduction de calories.
    Comment gérer notre alimentation et comment savoir que notre apport énergétique est inférieur à 15% de nos besoins ?

    • Bonjour Claire,
      Merci pour votre commentaire.
      Vous pouvez trouver sur certains sites web des simulateurs qui vous permettront de connaître vos besoins réels en fonction de vos conditions de vie et donc d’adapter vos apports en fonction du résultat. Au quotidien, vous pouvez vous repérer grâce aux indications nutritionnelles qui figurent sur les produits. A ce sujet vous pouvez consulter notre article sur le nutri-score à l’adresse suivante : https://blog.pharma-gdd.com/alimentation-un-nouveau-logo-nutritionnel-arrive/.
      Vous pouvez également lire notre fiche conseil “De bonnes habitudes alimentaires pour mincir” qui reprend les principes de base d’une alimentation variée et équilibrée.
      Enfin, pour des questions plus spécifiques, nous vous conseillons de prendre contact avec un spécialiste (nutritionniste ou diététicien) qui saura vous guider dans vos démarches.
      Bonne journée.

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