5 millions d’euros pour combattre la précarité menstruelle

5 millions d’euros pour combattre la précarité menstruelle

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Dans un entretien accordé au média en ligne Brut début décembre, le président Emmanuel Macron promettait d’apporter “une réponse très concrète” à la précarité menstruelle. Véritable enjeu de santé publique et de solidarité, cette situation demeure un tabou. En 2021, un budget de 5 millions d’euros devrait permettre de répondre aux besoins des jeunes filles et des femmes qui y sont confrontées, soit 4 millions de plus par rapport à 2020.

Qu’est-ce que la précarité menstruelle ?

La notion de précarité menstruelle est apparue récemment, pour désigner un phénomène qui n’a rien de nouveau. Elle se traduit par un accès difficile (voire impossible) pour les femmes et les jeunes filles à des protections hygiéniques pendant leurs règles, le plus souvent pour des raisons financières. Selon les estimations, une femme dépense environ 1 500 € en protections périodiques. Une somme qui peut peser très lourd sur le budget de milliers de femmes.

La situation en France

500 millions de femmes sont touchées par la précarité menstruelle dans le monde. En France, elles sont entre 1,5 et 2 millions. Des rapports parlementaires rendus en novembre 2019 et en février 2020 ont mis en lumière ces difficultés et livré plusieurs recommandations. Dans un communiqué de presse en date du 15 décembre, Olivier Véran (ministre des Solidarités et de la Santé) et Élisabeth Moreno (ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes) ont pris la mesure de cette situation qui porte atteinte à la dignité des femmes, constitue un frein à leur insertion sociale et professionnelle et un facteur de risque pour leur santé. Avec 4 millions d’euros supplémentaires, les expérimentations lancées en 2020 vont pouvoir continuer et être pérennisées.

Le modèle écossais

Fin novembre 2020, l’Écosse votait, après 4 années de campagne, une loi historique garantissant à toutes les femmes qui en ont besoin un accès gratuit et universel à des protections hygiéniques. Effective depuis 2018 au sein de nombreux établissements scolaires, cette mesure sera étendue aux organismes publics et aux entreprises. Les restaurants, les pubs et même des clubs de football pourraient également proposer gratuitement des protections hygiéniques. L’Écosse est ainsi le premier pays dans le monde à accorder des moyens importants à la lutte contre la précarité menstruelle. Par le biais de cette loi, elle envoie un signal fort à ses voisins européens, dont la France.

À quoi peut-on s’attendre ?

Concrètement, l’enveloppe de 5 millions d’euros servira tout d’abord à poursuivre et développer les dispositifs mis en place en 2020 pour les femmes incarcérées, les femmes et les jeunes filles en situation de précarité, et dans les collèges et lycées relevant de l’éducation prioritaire. Ce budget inédit apportera aussi un soutien bienvenu à des entités déjà très mobilisées, à l’image du collectif Georgette Sand et des associations Règles élémentaires ou Agir pour la santé des femmes (ADSF). Des groupes de parole, des maraudes et des collectes de protections hygiéniques auprès du grand public pourront ainsi être organisés plus facilement. Par ailleurs, les femmes en situation de précarité menstruelle trouveront, dans les épiceries solidaires, des serviettes et tampons à des prix symboliques. Enfin, l’accent sera également mis sur l’éducation et l’accompagnement à l’hygiène menstruelle par le biais d’ateliers de sensibilisation.

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