Actes sexistes en gynécologie-obstétrique : un rapport édifiant

Actes sexistes en gynécologie-obstétrique : un rapport édifiant

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Après avoir été saisi par la secrétaire d’Etat Marlène Schiappa, le Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes a rendu ce vendredi 29 juin son rapport concernant les actes sexistes qui surviennent durant le suivi gynécologique et obstétrical. Il en ressort vingt-six propositions visant à améliorer la prise en charge des femmes et les pratiques des soignants.

Un contexte particulier

Si dans 94 % des cas les femmes se déclarent satisfaites de leur suivi, les 6 % restants représentent toutefois près de 50 000 femmes. Le rapport du HCE s’inscrit dans un contexte particulier de libération de la parole de ces femmes. En novembre 2014, le #PayeTonUtérus avait permis à plus de 7 000 d’entre elles de dénoncer sur les réseaux sociaux les propos, examens ou actes déplacés qu’elles avaient pu subir lors de consultations.

Deux jours avant la publication de ce rapport, la réalisatrice Nina Faure a mis en ligne sur la plateforme YouTube son documentaire « Paye (pas) ton gynéco ». Un film d’une vingtaine de minutes qui tend à illustrer les témoignages que l’on peut lire sur les réseaux et qui met en lumière les pratiques discutables de certains médecins.

Différentes formes d’actes sexistes

Le HCE montre que les actes sexistes peuvent prendre des formes diverses, des plus anodines en apparence aux plus graves. Ils peuvent être le fait de professionnels de toutes les spécialités, hommes et femmes, qui n’ont pas forcément l’intention de faire preuve de maltraitance.

Le sexisme peut ainsi se manifester par des propos portant un jugement sur la sexualité, le poids, la tenue vestimentaire ou le désir ou non d’avoir des enfants de la femme reçue en consultation. Des injures sexistes, des actes ou refus d’actes non justifiés médicalement ont également été rapportés. Dans certains cas, le sexisme peut entraîner des situations graves telles que le harcèlement, une agression voire un viol.

Au cours d’un accouchement, des épisiotomies « sauvages » sont réalisées sans explication ou avec une explication limitée dans 1 cas sur 2. Il s’agit également d’une forme de violence obstétricale qui peut laisser des séquelles physiques et psychologiques chez la femme qui y a été confrontée.

Ces actes sexistes peuvent s’expliquer par le fait que la formation des professions médicales est surtout centrée sur la technique alors que la relation humaine et le respect du consentement du patient, pourtant inscrit dans la loi Kouchner de 2002, passent au second plan.

Trois axes de travail pour l’avenir

Le rapport du HCE met l’accent sur trois éléments essentiels pour les années à venir. Le premier point concerne la reconnaissance de l’ampleur de ces actes sexistes par le biais d’enquête et la publication dans chaque maternité des données concernant les actes médicaux. Le second point consiste à renforcer la prévention et la sensibilisation des futurs soignants dès les premières années de formation en faculté de médecine. Enfin, la troisième mesure recommandée par le rapport est l’amélioration des procédures de signalement des actes sexistes et la condamnation des pratiques qui ne sont pas conformes à la loi.

Selon le Dr Gilles Lazimi, médecin généraliste et membre du HCE, les principes clés à suivre sont « la bienveillance, l’empathie, la compréhension et le respect de l’intimité des femmes ». Les soignants doivent prendre le temps d’échanger, d’expliquer et d’aborder chaque question ou difficulté avec leurs patientes afin d’améliorer et perfectionner leurs pratiques.

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