Allergie aux cacahuètes : la recherche avance

Allergie aux cacahuètes : la recherche avance

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Le New England Journal of Medicine a publié ce dimanche 18 novembre les résultats d’une très large étude menée dans une dizaine de pays. Des chercheurs viennent de trouver un moyen de protéger les personnes allergiques aux cacahuètes d’une consommation accidentelle. Venu des Etats-Unis, ce dispositif inédit est un véritable espoir pour les millions de personnes dans le monde qui souffrent de ce type d’allergie.

Des symptômes parfois violents

L’allergie à l’arachide (autre nom donné à la cacahuète) concerne majoritairement les enfants, c’est pourquoi l’équipe de chercheurs dirigée par le docteur Brian Vickery, spécialiste de allergies alimentaires, a sélectionné des participants âgés pour l’immense majorité de 4 à 17 ans. Les symptômes de l’allergie aux cacahuètes se manifestent le plus souvent au niveau du système digestif par des crampes d’estomac, des vomissements et des diarrhées. On observe également des signes cutanés comme des poussées d’urticaire apparaissant par plaques sur le torse et le dos. Certaines personnes peuvent aussi présenter des difficultés respiratoires lorsqu’un œdème (forme sous-cutanée de l’urticaire) atteint le larynx.

Un essai clinique à grande échelle

Au total, plus de 500 personnes dans une dizaine de pays ont pris part à cette étude et à un essai clinique réalisé d’abord à l’hôpital puis à leur domicile. Le protocole consistait à ingérer chaque jour des capsules contenant de la poudre de cacahuètes à des doses plus ou moins élevées. Appelé AR101, ce produit a été conçu en collaboration avec une entreprise basée en Californie. A l’issue de l’expérience, les deux tiers des participants toléraient parfaitement la dose maximale, équivalente à deux cacahuètes. La moitié d’entre eux supportait même une double dose sans ressentir la moindre réaction allergique. A l’inverse, 10 % des patients ont été touchés par des symptômes violents qui les ont contraints à arrêter l’essai plus tôt que prévu.

Pas un traitement mais une protection

Le docteur Vickery précise qu’il ne faut pas voir cette méthode comme un traitement mais comme une protection. En effet, le but n’est pas de faire disparaître l’allergie à l’arachide mais de permettre aux personnes concernées de manger ce dont elles ont envie. Aux Etats-Unis, où les capsules ont été développées, cet essai clinique rencontre un grand succès. Les autorités sanitaires du pays ont annoncé qu’un processus d’approbation accéléré pourrait être mis en place dès le mois de décembre. Brian Vickery espère même une commercialisation dès l’été 2019 puis une extension à d’autres pays du monde.

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