Alzheimer : les médicaments bientôt déremboursés

Alzheimer : les médicaments bientôt déremboursés

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Agnès Buzyn était l’invitée de l’émission RTL Soir ce lundi 28 mai. Elle y a confirmé une information révélée par le journal Libération le samedi 26 mai : les médicaments prescrits contre la maladie d’Alzheimer ne seront bientôt plus remboursés par la Sécurité Sociale. Cette décision devrait être annoncée officiellement dans les semaines qui viennent mais fait déjà l’objet de vives critiques et suscite l’indignation auprès des associations regroupant les familles de malade.

Une décision prévisible

La décision de dérembourser les médicaments contre Alzheimer fait suite aux recommandations émises par la Haute autorité de santé (HAS) et publiées sur son site le vendredi 25 mai. Un « Guide parcours de soin » a ainsi été mis en ligne sans qu’il n’y soit fait mention des médicaments.

En 2016, la commission de transparence de la HAS estimait déjà que le risque d’effets secondaires et l’intérêt médical insuffisant de ces médicaments remettaient en cause leur prise en charge. Marisol Touraine, alors ministre de la santé, n’avait pas pris en compte cet avis et refusé de statuer sur le déremboursement.

Aujourd’hui quatre médicaments traitent les symptômes de la maladie d’Alzheimer : Aricept®, Ebixa®, Exelon® et Reminyl®. Remboursés jusqu’à maintenant à hauteur de 15 %, ils représentaient en 2015 un coût de 90 millions d’euros pour l’Assurance maladie. Un argument financier qui n’explique qu’en partie le déremboursement à venir de ces quatre médicaments et de leurs génériques.

Inefficacité et effets secondaires

Dans le rapport remis à Marisol Touraine en 2016, la commission de transparence mettait en évidence deux éléments : d’une part le manque d’efficacité des médicaments dans le traitement à long terme des symptômes d’Alzheimer et d’autre part la survenue d’effets secondaires pouvant être gênants au quotidien, notamment des troubles digestifs, cardiovasculaires ou neuropsychiatriques.

Face à ce constat, la HAS a travaillé à l’élaboration d’un protocole de soin qui privilégie les thérapies psycho-comportementales et réadaptatives visant à compenser le handicap sans traitement médicamenteux. Les activités le plus souvent mises en avant sont l’art-thérapie, la musique, la relaxation, l’interaction avec des animaux et la stimulation de la mémoire par une immersion dans un cadre rappelant un passé familier.

Colère et indignation des associations

La décision du déremboursement des médicaments contre Alzheimer a provoqué colère et indignation au sein des associations. France Alzheimer, association reconnue d’utilité publique dans le domaine, a ainsi publié un communiqué dans lequel elle qualifie cette décision comme étant « infondée et dangereuse ». Elle y déplore également le fait que « la qualité de vie des personnes malades […] ne pèse pas très lourd » face aux préoccupations économiques.

Les proches de malades craignent l’apparition d’inégalités entre les patients les plus aisés et ceux, plus démunis, qui n’auront plus les moyens financiers pour obtenir leur traitement. Ils s’inquiètent également de la perte du lien thérapeutique des patients avec leurs médecins et un ralentissement de la recherche.

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