Anéjaculation : un trouble sexuel méconnu

Anéjaculation : un trouble sexuel méconnu

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L’éjaculation est un phénomène physiologique naturel qui se produit généralement quand l’homme atteint un orgasme. Cependant, elle peut être perturbée en différentes circonstances. Divers troubles peuvent affecter la sexualité masculine, les plus répandus étant l’éjaculation précoce et les troubles de l’érection… Moins fréquente et surtout moins connue, l’absence d’éjaculation, ou anéjaculation nécessite un suivi médical. Pharma GDD fait le point sur ce trouble et ses traitements.

 

Ce trouble de l’éjaculation correspond à une absence totale d’émission de sperme, malgré une érection liée à une réaction d’excitation sexuelle. Il s’accompagne le plus souvent d’absence d’orgasme chez l’homme. Cela pourrait s’interpréter comme une forme de frigidité masculine, qui concernerait, selon les études, de 7 à 10 % de la population masculine. On parle de trouble primaire quand il en a toujours été ainsi et de trouble secondaire quand il survient après une vie sexuelle normale.

S’agit-il d’un trouble primaire

Des difficultés dans la communication ou dans le contrôle de soi peuvent être en cause dans ce type de trouble. Plus rarement, cela peut- être lié à un mauvais apprentissage de la sexualité : l’homme réussit à se masturber seul jusqu’à l’orgasme et l’éjaculation, mais par le biais de moyens non applicables lors de la pénétration coïtale (stimulation avec une pression très forte…). Inconsciemment, l’homme refuse de se laisser aller au plaisir et se retient quand il fait l’amour. A contrario, quand il se masturbe ou la nuit, lors des phases de sommeil paradoxal, il peut éjaculer, mais cette éjaculation n’est alors pas nécessairement accompagnée de sensations agréables. Les origines du trouble remonteraient souvent à une enfance marquée par une éducation stricte, qui ferait que l’homme se sentirait mal à l’aise avec la sexualité et l’érotisme. Les mécanismes inconscients en jeu reflèteraient une peur de donner du plaisir aux femmes.

 

… ou secondaire ?

Dans les cas d’apparition secondaire d’anéjaculation, les causes sont souvent plus mécaniques, liées à des pathologies organiques et à l’âge. Un nerf a pu ainsi être lésé lors d’une opération de la prostate. Certaines maladies comme le diabète peuvent également entraîner ce type de trouble par atteinte neurologique. Enfin, certains médicaments tels que les neuroleptiques, les antiparkinsoniens et les antidépresseurs peuvent également, selon la dose de prescription, bloquer l’éjaculation. Des blocages secondaires peuvent également survenir chez des hommes ayant vécu un épisode de vie stressant ayant pu conduire au déclenchement et à l’installation de la difficulté d’éjaculation. Ce stress concernerait, le plus souvent, la vie de couple, une infidélité ou une grossesse non désirée, par exemple l’inconscient aurait installé ce trouble comme solution préventive ou même punitive.

Absence d’éjaculation : de nombreuses autres causes

Les anéjaculations psychogènes

– Il existe des anéjaculations psychogènes “totales”, quand il n’y a ni éjaculation ni orgasme, quel que soit le comportement sexuel : en solitaire ou avec un partenaire.
– Elles peuvent être “relationnelles” quand l’homme réussit à avoir une éjaculation lorsqu’il est seul, par masturbation.
– Les anéjaculations coïtales surviennent elles lorsque seul le coït est sans éjaculation.

Dans les anéjaculations psychogènes, on retrouve souvent dans l’histoire du patient une éducation stricte, des habitudes masturbatoires originales ou rarissimes, des sentiments de peur, de dégoût ou même de culpabilité vis-à-vis de l’éjaculation elle-même.

L’anéjaculation organique

Plus rarement, le trouble peut être organique (ou physique) lorsqu’il apparaît à la suite d’une maladie comme le diabète, à des troubles neurologiques, à des anomalies endocriniennes (hypogonadisme ou hyperprolactinémie). Il peut également être lié à la prise de certains médicaments (psychotropes, antihypertenseurs…). L’anéjaculation peut être la conséquence d’intervention chirurgicale importante au niveau de la prostate, des voies urinaires ou de la vessie, qui a entraîné des lésions musculaires, neurologiques, ou les deux.

Comment traiter l’anéjaculation ?

Le diagnostic repose sur un interrogatoire et un bilan clinique qui comporte un examen local, une évaluation de l’imprégnation hormonale, un examen neurologique pour évaluer la sensibilité locale et les réflexes. En cas de doute, le médecin prescrira des examens complémentaires biologiques et neurologiques.

Traiter l’anéjaculation organique

Si la cause est organique, il convient de la traiter dès que possible auprès de médecins compétents (urologues, endocrinologues, sexologues).

Un couple peut consulter un médecin lorsqu’il désire avoir un enfant et que l’absence d’émission de sperme ne permet pas une fécondation naturelle. Le sperme peut alors être recueilli par la technique du vibromassage ou par celle de l’électrostimulation.

Le vibromassage est l’emploi d’un vibromasseur professionnel qui stimule le pénis et permet le déclenchement d’une éjaculation réflexe, même sans érection.

L’électrostimulation consiste en une stimulation électrique des muscles du petit bassin (grâce à l’introduction rectale d’une sonde mise en contact avec la zone péri prostatique), responsables de l’éjaculation. Cette technique est plus lourde que le vibromassage, mais ses résultats sont plus constants.

Traiter l’anéjaculation psychogène

Une sexothérapie aide le patient à sortir des mythes, à retrouver une fonctionnalité, à recréer une relation avec son corps et sa partenaire.

Une thérapie comportementale et cognitive (TCC) a pour but de décrypter et de comprendre les comportements de la personne atteinte d’anéjaculation (pensées, émotions, conséquences). Cette méthode utilise des outils spécifiques comme l’affirmation de soi, la confiance en soi et l’estime de soi.

L’hypnose est parfois conseillée, elle peut aider le patient en le faisant travailler sur sa perte de contrôle, en restaurant l’esprit ludique de la sexualité grâce à l’emploi de métaphores, en réintégrant des fantasmes érotiques, trop longtemps neutralisés par les obsessions et la culpabilité. Finalement, un travail sur la peur et l’anxiété liées à l’éjaculation vaginale est essentiel à la réussite de la prise en charge.

Lors de la prise en charge du patient, l’une des premières questions est la présence d’orgasme ou non.

Si l’orgasme n’a jamais lieu, le praticien va chercher la cause du côté neurologique, endocrinien ou toxique. Il va traiter la cause en essayant ,par exemple, de différer la prise d’antidépresseurs, si cela est possible.

Si l’orgasme a toujours lieu, le sexologue peut rechercher la présence de sperme dans les urines. S’il y a absence, il s’agit d’une aspermie (Absence de production du sperme). S’il y a présence, l’éjaculation peut être rétrograde (reflux du sperme dans la vessie lors de la phase d’expulsion).

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