ASCO 2019 : de l’espoir dans la lutte contre le cancer

ASCO 2019 : de l’espoir dans la lutte contre le cancer

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Crédits photo : ASCO Photo Gallery

Comme chaque année au début du mois de juin, les spécialistes du cancer ont convergé vers Chicago (États-Unis). Du 31 mai au 4 juin, le centre McCormick accueillait en effet la 55e édition du congrès de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO), plus grande réunion mondiale sur le cancer. Près de 35 000 participants ont pris part à l’événement dont la thématique centrale était : “Prendre soin de chaque patient, apprendre de chaque patient”. De nombreux pays ont présenté leurs projets, études et publications scientifiques, dont la France, premier pays d’Europe en termes de communications scientifiques. L’Actu GDD revient sur les principales innovations qui sont sorties du lot.

Cancer du sein avancé : une molécule confirme son efficacité

Avec plus de 50 000 nouveaux cas chaque année, le cancer du sein est le plus répandu chez la femme. On estime qu’une femme sur neuf sera concernée dans sa vie, le risque augmentant en même temps que l’âge. Repéré à temps, le cancer du sein est bien traité, avec un taux de survie à cinq ans qui atteint 85 %. Lorsque le diagnostic est tardif, la prise en charge est plus complexe et nécessite d’être adaptée. À l’occasion de l’ASCO, une équipe américaine a présenté la première étude menée sur le ribociclib. Cette molécule, associée au traitement standard, permettrait d’augmenter la survie des femmes dont le cancer s’est déclaré avant ou pendant la ménopause et a atteint un stade avancé. Cette thérapie ciblée agit en inhibant le cycle de croissance et la prolifération des cellules cancéreuses. Pour cette étude, deux groupes de patientes ont été constitués : le premier a reçu de l’hormonothérapie et du ribociclib tandis que le second a reçu un placebo en plus de l’hormonothérapie. Au suivi à 42 mois, le taux de survie pour les femmes ayant reçu le ribociclib était de 70 %, contre 46 % pour les femmes ayant eu le placebo. Pour le premier groupe, 23,8 mois se sont écoulés sans que le cancer ne progresse, contre 13 mois pour l’autre groupe. Cette étude prometteuse devrait être publiée prochainement dans le New England Journal of Medicine.

Des nanoparticules pour booster la radiothérapie

Déjà présentées en 2014 pour le traitement des sarcomes, les nanoparticules sont revenues sur le devant de la scène pendant le congrès de l’ASCO. Cette fois, elles sont utilisées dans le cadre des cancers de la sphère ORL. Le Dr Christophe Le Tourneau, oncologue médical à l’Institut Curie (Paris) a ainsi présenté les premiers résultats d’un essai clinique utilisant des nanoparticules développées par la start-up française Nanobiotix. Injectées au plus près de la tumeur avant une séance de radiothérapie, ces nanoparticules invisibles à l’œil nu multiplient ensuite la puissance des rayons et la destruction tumorale. L’essai a été réalisé sur dix-neuf patients très fragilisés et âgés, pour qui la chimiothérapie n’était plus envisageable. Treize d’entre eux ont finalement pu être évalués et neuf ont obtenu des résultats satisfaisants. L’essai est toujours en cours à l’Institut Curie. L’amplificateur de radiothérapie, baptisé Hensify, a quant à lui reçu le marquage CE en avril 2019.

Une approche innovante pour les cancers des glandes salivaires

Rares et difficilement prises en charge, les tumeurs touchant les glandes salivaires sont actuellement traitées par de la chirurgie, associée ou non à de la radiothérapie ou de la chimiothérapie. Dans le cas des formes avancées, il n’existe aucun standard de traitement, d’où la recherche d’une thérapie ciblée. C’est dans ce contexte qu’une équipe américaine propose une approche innovante basée sur une molécule chimère. En associant le trastuzumab et l’emtansine (Kadcyla), les chercheurs ont pour agir au cœur des cellules tumorales. Un premier essai a été mis en avant à l’occasion du congrès de l’ASCO. Mené sur un échantillon d’une dizaine de patients âgés de 36 à 90 ans, il montre déjà de bons résultats : 90 % des malades ont répondu favorablement au traitement. Pour cinq d’entre eux, les scientifiques parlent même d’une réponse complète. Un nouvel essai clinique est en cours de recrutement pour débuter une étude plus large et confirmer cette réussite.

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