Attention aux accidents médicamenteux

Attention aux accidents médicamenteux

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Chaque année, en France, 130 000 personnes sont hospitalisées à cause des médicaments. Le phénomène de iatrogénie, entraîne plus de 7.500 décès chaque année.

Pour faire face à ces chiffres effrayants, l’Assurance maladie des Pays de la Loire en lien avec les pharmaciens vient de lancer une campagne et un site Internet dédié pour sensibiliser les personnes de plus de 65 ans.

« Plus on avance en âge, plus les pathologies s’accumulent, plus les traitements s’additionnent, indique l’assurance maladie. Le risque d’interactions médicamenteuses est donc plus élevé. »

Surdosage et automédication en ligne de mire

 Parmi les risques les plus importants, ce n’est pas le fait d’oublier de prendre son cachet, mais c’est surtout d’oublier qu’il a déjà été pris. « Il faut faire attention à tout ce qui mène au surdosage, comme l’automédication, indique Alain Guilleminot, pharmacien et président de l’Union régionale des professionnels de santé libéraux – pharmaciens. Prendre du paracétamol pour un mal de tête, alors que l’on est déjà sous antidouleurs, cela peut causer une toxicité hépatique. Idem avec l’ibuprofène qui peut conduire à une insuffisance rénale. »

D’après l’Assurance maladie, une confusion peut aussi naître entre les molécules de référence et les génériques. Des doublons d’ordonnances peuvent parfois arriver, quand un patient traité pour une maladie chronique est hospitalisé, pour un autre problème. « Les médicaments peuvent avoir des effets indésirables, rappelle le Dr Cédric Ansquer, médecin gériatre à Hôpital privé ConfluentLe mauvais usage, l’association de nouveaux médicaments, ou encore la survenance d’affections aiguës peuvent entrainer des désordres. » 

« Face au médicament, explique le Dr Philippe Delorme, médecin généraliste, le patient manifeste d’abord de la défiance. Il dissèque la notice. Puis il s’approprie le médicament. Ce qui rend parfois la dé prescription compliquée. » Sans compter les mauvaises interprétations ou l’écriture difficile à déchiffrer. « Une femme a été transférée aux urgences avec un risque grave d’hémorragie. On a découvert qu’elle prenait 3 ou 4 cachets par jour, au lieu de 3/4 », se rappelle Alain Guilleminot.

Être attentif aux effets secondaires

Les accidents médicamenteux peuvent également être causés par des incompatibilités entre le traitement à prendre et son mode de vie. Si on sait qu’il ne faut pas abuser de l’alcool avec ces substances, on n’imagine moins que le pamplemousse  peut augmenter ou réduire les effets d’un traitement, ou encore du sel, ou de tous les aliments contenants de la vitamine K (brocolis, laitue, choux…) qui peuvent modifier l’activité d’anticoagulants. Le rôle du pharmacien étant « d’informer, être les traducteurs, mettre en garde contre l’automédication et le mauvais usage qui peut être fait des médicaments », rappelle Alain Guilleminot.

En matière d’automédication, s’il y a un doute, le pharmacien « doit regarder sur la carte vitale de l’usager, son dossier pharmaceutique »Aucun produit, y compris les compléments alimentaires, n’est anodin.

Les patients doivent consulter leur médecin dès l’apparition de signes avant-coureurs tels que :

-des troubles de l’équilibre,

– une chute,

-des malaises,

-saignements,

-des troubles digestifs, une perte d’appétit.

« C’est le rôle du médecin et du pharmacien d’être attentifs, mais les patients et leurs proches doivent mieux savoir déceler ces situations », indique Alain Guilleminot.

Des solutions existent : un pharmacien peut, sur rendez-vous rencontrer un patient pour faire « un bilan partagé de médicamentation », le pilulier semainier permet d’assurer un suivi optimal de son traitement.

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