Autisme : les pratiques psychanalytiques interdites ?

Autisme : les pratiques psychanalytiques interdites ?

181
0
<<<
>>>

autismeEn France, 1 naissance sur 100 est touchée par les TSA (Troubles du Spectre Autistique). L’autisme n’est pas une maladie que l’on peut guérir mais un handicap avec lequel la personne touchée et son entourage doivent apprendre à vivre. Des moyens compensatoires peuvent être mis en place afin de réduire l’impact de ce handicap sur la vie : il peut s’agir de méthodes éducatives, d’orthophonie, de psychomotricité ou encore de pratiques psychanalytiques.

Ces dernières posent problème à une centaine de députés, principalement républicains, qui souhaitent les interdire sous toutes leurs formes, dans la prise en charge de l’autisme.

Une proposition a été soumise au gouvernement : elle sera étudiée ce jeudi 8 décembre au parlement. Leur « résolution » provoque, sans surprise, la colère des « psys ».

Des pratiques non reconnues par la HAS

Si les députés demandent l’arrêt de ces pratiques, c’est parce que la Haute Autorité de Santé (HAS) ne les reconnaît pas. En 2012, elle a, en effet, publié ses recommandations en matière de prise en charge de l’autisme chez l’enfant, et préconisé l’abandon de la psychanalyse, qui ne donne aucun résultat selon elle. Elle préconisait alors d’adopter une approche éducative et comportementale.

La proposition des députés vise à « faire reconnaître sans aucune réserve et officiellement, par la Fédération française de psychiatrie, les recommandations de bonnes pratiques de la HAS et de l’ANESM afin qu’elle renonce officiellement au packing, à la psychanalyse et à toutes les approches maltraitantes ». Elle demande aussi que « seuls les thérapies et les programmes éducatifs qui sont conformes aux recommandations de la Haute Autorité de santé soient autorisés et remboursés ».

Des psys en colère

Ces propositions ne semblent pas convenir aux principaux concernés : l’Union syndicale de la psychiatrie a réagi sur son site en défendant la pluralité des pratiques. Selon elle, « concernant la problématique de l’autisme, il n’existe aucune vérité totale révélée ». Elle dénonce les députés de disqualifier voire de criminaliser «  le travail de centaines d’équipes des services pédopsychiatriques et du secteur médico-social ». Le syndicat propose au contraire « d’associer les compétences des différents protagonistes, les personnes porteuses d’autisme elles-mêmes, leur entourage, et les soignants, ceux en tout cas qui sont prêts à partager les difficultés de cette entreprise ».

Laissez votre commentaire