Automédication du rhume : gare aux mauvais réflexes !

Automédication du rhume : gare aux mauvais réflexes !

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rhume automedication dangerÉternuements, maux de tête, nez qui coule ou bouché, … Les symptômes désagréables d’un rhume sont bien connus. Pour les soulager, de nombreuses personnes ont recours à l’automédication. Elles utilisent des pastilles, sprays ou gélules disponibles en vente libre en pharmacie. Loin d’être anodine, cette habitude peut s’avérer dangereuse si elle ne s’accompagne pas de certaines précautions.

Pharma GDD fait le point sur les mauvais réflexes de l’automédication du rhume et les solutions disponibles pour soulager ses symptômes sans prendre de risque.

Quels sont les risques de l’automédication du rhume ?

Les médicaments anti-rhume vendus en pharmacie sont destinés à soulager plusieurs symptômes du rhume en même temps. Ils associent différentes molécules pour lutter contre le nez qui coule ou soulager les maux de tête.

Ainsi, un médicament anti-rhume contient généralement de la pseudoéphédrine, un vasoconstricteur qui provoque la contraction des vaisseaux sanguins pour éviter que le nez coule, du paracétamol ou de l’ibuprofène pour un effet antipyrétique et antalgique, et parfois même, un antihistaminique pour un effet asséchant sur les sécrétions nasales.

Le problème : chacune de ses substances possède ses propres risques d’effets indésirables et contre-indications. Lorsqu’elles sont associées, le rapport « bénéfice/risque » du médicament diminue.

Le principal danger est d’ordre cardiovasculaire : la vasoconstriction provoquée par le médicament resserre les vaisseaux sanguins du nez, mais aussi tous les autres, y compris ceux du cœur. La pseudoéphédrine est d’ailleurs contre-indiquée en cas d’hypertension artérielle, d’accident vasculaire cérébral, d’antécédents cardiaques, de glaucome, de maladie des coronaires, de troubles de la prostate, de grossesse ou d’allaitement.

En cas d’automédication, il existe aussi un risque que les anti-rhumes soient associés avec d’autres médicaments ayant des effets similaires ou contenant les mêmes molécules. Il n’est pas rare, par exemple, qu’une spécialité anti-rhume soit associée à la prise de paracétamol ou d’ibuprofène, augmentant ainsi les risques de surdosage.

A lire aussi : Paracétamol : attention aux risques de surdosage

Comment s’en protéger ?

Les médicaments anti-rhume sont à utiliser avec précaution. Dans le cadre de l’automédication, il faut veiller à suivre ces quelques conseils :

  • Lire attentivement la notice ;
  • Respecter la posologie et les contre-indications ;
  • Utiliser le médicament sur une courte durée (5 jours maximum) de préférence uniquement en cas « d’urgence » (lorsque le nez est vraiment très bouché ou avant un rendez-vous important par exemple) ;
  • Ne pas associer une spécialité anti-rhume contenant du paracétamol ou de l’ibuprofène avec un autre médicament qui en contient ;
  • Ne pas cumuler les décongestionnants par voie orale et nasale, car les risques cardiovasculaires sont multipliés.

Quels sont les bons réflexes en cas de rhume ?

Un rhume est une infection virale qui guérit spontanément en 10 jours environ. La meilleure des choses à faire est donc de faire preuve de patience. Même les médicaments anti-rhume ne font pas guérir plus vite : ils soulagent simplement les symptômes en attendant que l’infection passe.

Si vous souhaitez vous en passer, il est tout à fait possible d’utiliser des alternatives médicamenteuses et/ou des remèdes naturels en cas de rhume :

  • Pour soulager les maux de tête ou la fièvre légère, du paracétamol peut être pris en première intention en respectant la posologie habituelle. Chez l’adulte : 4 grammes par jour à raison d’un 1 gramme par prise maximum en respectant un intervalle d’au moins 4 heures entre chaque prise. Chez l’enfant : 10 à 15 mg par kilo de poids corporel, au maximum 4 fois par jour en respectant un intervalle d’au moins 4 heures entre chaque prise, voire 6 heures pour les plus jeunes ;
  • Contre le nez qui coule, il faut se moucher pour éliminer les sécrétions et bien se laver le nez grâce à des sprays nasaux à l’eau de mer ou du sérum physiologique ;
  • Pour décongestionner un nez bouché, le nettoyage à l’eau de mer ou au sérum physiologique est, là encore, conseillé. Faire des inhalations peut aussi aider (attention, les huiles essentielles sont soumises à certaines contre-indications), tout comme les compléments alimentaires à base de plantes (échinacée et sureau). Il est également conseillé d’éviter les pièces surchauffées, surtout la nuit.

Pour en savoir plus sur le traitement du rhume, et notamment les remèdes naturels destinés à soulager les symptômes de cette infection, nous vous invitons à lire notre fiche dédiée à ce sujet : Comment soigner un rhume naturellement ?

En parallèle, certains bons réflexes doivent systématiquement accompagner un rhume pour éviter la propagation de l’infection (le rhume est très contagieux !) :

  • Se laver les mains plusieurs fois par jour, notamment avant la préparation des repas ;
  • Utiliser des mouchoirs à usage unique et les jeter dans une poubelle fermée d’un couvercle après utilisation ;
  • Porter un masque en présence de personnes fragiles (nourrissons, personnes âgées, femmes enceintes …).

Faut-il consulter ?

En cas de rhume, il est souvent inutile de consulter, étant donné que l’infection disparaît d’elle-même en quelques jours. Néanmoins, certaines circonstances peuvent amener à rendre visite à son médecin :

  • Le rhume touche une personne dont la santé est fragile, comme un nourrisson, une personne âgée ou une femme enceinte ;
  • La fièvre est élevée ou dure dans le temps ;
  • Les symptômes ne s’améliorent pas après plusieurs jours ou évoluent (maux de tête violents, toux grasse à répétition, …) pouvant laisser penser qu’il ne s’agit pas que d’un simple rhume (grippe, sinusite, bronchite, …).

En résumé

Les médicaments anti-rhume que l’on trouve en pharmacie permettent de soulager les symptômes de l’infection, mais ils peuvent comporter des effets indésirables, ainsi que des contre-indications. Ils doivent être utilisés avec prudence et de façon non systématique. D’autres alternatives sont possibles pour mieux vivre un rhume en attendant sa guérison. En cas de doute, il est conseillé de demander conseil à un pharmacien. Dans tous les cas, il faut s’armer de patience (et d’une bonne boîte de mouchoirs !), car l’infection ne se soigne pas : elle guérit spontanément en environ 10 jours.

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