Bientôt un nouveau traitement pour les maladies de la rétine ?

Bientôt un nouveau traitement pour les maladies de la rétine ?

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Une équipe de chercheurs de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et du service d’ophtalmologie de l’hôpital Necker-Enfants malades AP-HP ont fait une découverte qui pourrait amener à un nouveau traitement permettant de préserver la vision en cas de maladie de la rétine. Les résultats de leurs travaux ont été publiés dans la revue Science Advances le 9 janvier dernier.

Quel est le rôle de la rétine ?

La rétine est le siège principal de la vision. Elle tapisse le fond de l’œil et est constituée essentiellement de cellules photoréceptrices appelées cônes et bâtonnets. Ces cellules ont pour rôle d’analyser la lumière qu’elles reçoivent et de la transformer en signaux électriques qui sont ensuite transmis au cerveau par le biais du nerf optique. Lorsqu’elles dégénèrent ou ne fonctionnent plus correctement, des zones « aveugles » se développent dans le champ de vision et peuvent entraîner, dans certains cas, une malvoyance voire une cécité.

Un excès de fer à l’origine des maladies rétiniennes

Les maladies de la rétine (DMLA , rétinopathie diabétique, rétinite pigmentaire) constituent la première cause de malvoyance et de cécité en France. L’équipe de chercheurs a découvert qu’un excès de fer au niveau de la rétine favoriserait le développement de ces pathologies. Leurs travaux ont également démontré que la transferrine, une protéine naturelle synthétisée par le foie, compenserait les conséquences de cet excès de fer. Jusqu’à maintenant, aucun lien n’avait été établi et prouvé entre le fer et la fonction visuelle.

La transferrine comme traitement contre le décollement de rétine

L’équipe française s’est particulièrement intéressée au décollement de rétine, une maladie dont l’incidence est de 10 à 55 cas pour 100 000 personnes par an en France et plus importante encore chez les individus atteints de myopie. Provoquée par la mort des cellules photoréceptrices, cette pathologie entraîne une perte de vision permanente. Bien que de grands progrès aient été faits dans les techniques chirurgicales, « recoller » la rétine ne permet pas de récupérer complètement l’acuité visuelle et l’intervention peut avoir un impact important sur la qualité de vie des patients.

De précédentes études avaient révélé, sans que la raison soit identifiée, que « dans divers modèles animaux le traitement par la transferrine exerçait des effets protecteurs sur les neurones de la rétine ». La molécule réduisait à la fois la dégénérescence des cellules et la nécrose induites par le décollement de la rétine. Pour aller plus loin, l’équipe dirigée par Emilie Picard (chercheuse à l’Inserm) a proposé la supplémentation en transferrine comme traitement d’appoint à la chirurgie dans le but d’améliorer la qualité visuelle. Une injection locale de transferrine semblerait préserver la rétine et pourrait prévenir la survenue d’autres altérations rétiniennes mais aussi la mort des cellules dans le cas où le décollement est déjà déclaré.

Pour Emilie Picard, ces résultats sont très prometteurs. Toutes les maladies dégénératives de la rétine étant associées à un excès de fer, la transferrine pourrait devenir un nouveau traitement pour ces pathologies qui surviennent parfois simultanément et sont particulièrement invalidantes.

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