Burn-out : comment on s’en protège ?

Burn-out : comment on s’en protège ?

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Selon le cabinet Technologia qui a lancé une étude en août dernier, plus de 3 millions d’actifs ont un risque accru de faire un “burn-out”. Ce mal trouve sa cause dans un travail excessif et compulsif, il est particulièrement élevé chez les agriculteurs (23,5%), les artisans, commerçants et chefs d’entreprise (19,7%) et les cadres (19%). Concrètement, cette affection touche des personnes sans antécédents psychiques et ne concernent que la sphère professionnelle, indique le cabinet. Pour se protéger de ce syndrome d’épuisement professionnel pharma GDD vous donne quelques conseils.

 

Burn-out, le mal du siècle

Insomnie, irritabilité, troubles de la concentration, maux de tête et d’estomac, angoisse…lorsque ces symptômes ne passent pas avec les vacances et sont présents dès la reprise du travail, il faut agir pour limiter l’accumulation de stress.

Le burn-out, qui signifie littéralement « brûler de l’intérieur, se consumer » est une maladie caractérisée par un épuisement psychique, émotionnel et mental qui peut toucher n’importe quel métier. Les causes peuvent être multiples, allant d’un surplus de travail ou d’un manque de reconnaissance, un conflit de valeurs et un entiment de perte de contrôle. De nombreux organismes lancent des appels pour la reconnaissance par la Sécurité sociale du burn-out via la création de nouveaux tableaux de maladies professionnelles : dépression d’épuisement, état de stress répété et anxiété généralisée. En effet actuellement, le burn-out peut entrer dans les pathologies régies par l’article L 461-1 du code de la sécurité sociale, mais uniquement si la personne atteinte justifie d’une incapacité permanente de plus de 25% et si un lien “direct et essentiel” avec le travail a été établi par un comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles. Soit quelques dizaines de cas seulement reconnus chaque année en France. Pour éviter cette situation, il y a des techniques de prévention à appliquer autant que possible avant les premiers symptômes ou dès leur apparition :

Apprendre à se recentrer…

L’objectif est de prendre soin de soi afin de ne pas se focaliser sur le stress du travail. Pour cela repensez à ce qui était motivant les premiers jours de travail et aux bénéfices qu’il vous apporte au quotidien. Pour ne plus terminer votre journée sur les rotules, pensez à faire une pause de 5 minutes toutes les heures. Des bavardages entre collègues et quelques étirements suffisent à aérer l’esprit. La sophrologie, le yoga ou même l’hypnose peuvent également vous aider à mieux gérer les moments de stress. Prendre soin de soi est primordial et passe par une bonne hygiène de vie. Bien dormir, bien manger, faire du sport régulièrement sont indispensables pour garder l’équilibre dans sa vie. Enfin, le soutien de ses proches, qu’ils soient impliqués dans le même milieu professionnel ou pas, est la meilleure arme contre le stress et les angoisses. Par ailleurs attendre d’être complètement épuisé pour prendre des congés risque de vous faire perdre la concentration et l’énergie nécessaires pour être productif, et ça bien avant l’arrivée des jours de repos. Pour éviter cela, il faut programmer ses vacances longtemps à l’avance et se reposer vraiment. Cela permet en plus de gérer votre remplacement dans l’équipe. Surtout, cela évite d’emporter du travail en vacances ou d’être déranger pour des urgences. Finalement, il est important d’applique la règle des 3 tiers : un tiers du temps consacré au travail, un tiers dédié à la famille et un tiers rien que pour soi.

Communiquer sur les difficultés

Il ne faut se fixer des objectifs réalisables ! S’ils sont hors de portée ou trop nombreux, vous aurez l’impression de faire du sur-place, ce qui peut conduire à la démotivation, au surmenage et à l’épuisement.

Il est ainsi utile de lister ses objectifs et d’en discuter avec son manager. Si certains ne sont pas réalisables dans le cadre de vos fonctions actuelles, il faut les revoir. Cet échange permettra de hiérarchiser les missions en fonction de leur importance et de vous déculpabilisez face à certaines tâches. Discuter d’une réorganisation du travail, des missions, du temps passé sur chaque dossier est essentiel pour mieux répartir la charge de travail et trouver des objectifs plus adaptés à votre situation. Si vous ne parlez pas de votre mal-être, personne ne le fera à votre place.

Partager sa charge de travail et gérer son temps

En insistant pour tout gérer soi-même, on donne l’impression d’être plus un concurrent qu’un membre de l’équipe. En se chargeant de projets qu’un collègue moins surchargé pourrait assumer, cela ne rend service à personne et surtout pas à vous-même.

Si cela fait néanmoins partie de vos fonctions, il faut envisager avec votre manager comment vous pourriez déléguer certaines de vos responsabilités. La gestion du temps est également un élément favorable à un meilleur travail. Lorsque l’on vous demande de gérer une urgence, il faut toujours vérifier auprès de votre interlocuteur si un retour est attendu dans l’heure (c’est une urgence), dans la journée ou plus tard. Demandez que cette demande soit écrite dans l’objet du mail par exemple. Cette méthode permet d’optimiser la gestion de son emploi du temps. Et surtout vous permettra d’éviter de tout laisser tomber pour répondre à une sollicitation urgente si celle-ci peut, finalement, attendre un peu.

Délimiter son rôle et savoir dire non

Cela peut paraître contraire à la logique, mais l’une des meilleures façons d’augmenter son efficacité, consiste à clarifier les limites de son rôle. Proposer son aide sur un projet est une qualité, mais elle peut s’avérer préjudiciable si cela vous empêche d’assumer vos propres responsabilités. C’est pourquoi il est important d’apprendre à dire non intelligemment cela passe par :

  • Informer son manager de tous les projets sur lesquels on travaille, puis déterminer avec lui ceux qui sont prioritaires. L’objectif est de rendre compte objectivement de sa charge de travail.
  • Présenter cette discussion comme une volonté de tirer le meilleur parti de son temps de travail, et non comme un moyen d’éviter de nouvelles tâches que l’on n’apprécierait pas.

 

Il est essentiel en cas de mal-être au travail de confier ses difficultés à des collègues, aux délégués du personnel ou encore aux représentants syndicaux. Ces personnes connaissent l’entreprise.Si vous n’êtes pas à l’aise avec ces interlocuteurs rapprochez-vous de la médecine du travail. Tenu au secret professionnel, le médecin est très sensible aux conditions de vie au travail, surtout depuis la vague de suicides qui a frappé les salariés de France Télécom il y a dix ans. Il peut faire des propositions à l’employeur, que celui-ci doit prendre en considération. Et tout salarié peut le consulter gratuitement.

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