Cancers infantiles : où en sommes-nous ?

Cancers infantiles : où en sommes-nous ?

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Crédits photo : Association Wonder Augustine

La journée internationale du cancer de l’enfant se déroule chaque année le 15 février. Plusieurs événements sont organisés dans toute la France pour sensibiliser le grand public et encourager les dons pour la recherche. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 300 000 nouveaux cas de cancers infantiles sont enregistrés chaque année dans le monde.

Une maladie à part

Il existe au total 60 types de cancers infantiles différents. La plupart des cancers de l’adulte n’existe pas chez l’enfant, ce qui constitue un enjeu de taille pour la recherche et le développement des traitements. Les principaux cancers touchant les enfants de moins de 15 ans sont :

  • les leucémies (29 % des cas), dont 80 % de leucémies aiguës lymphoblastiques ;
  • les tumeurs du système nerveux central (25 %) ;
  • les lymphomes (10 %).

50 % des cancers de l’enfant se développent avant l’âge de 5 ans. Avant 1 an, ce sont les tumeurs du système nerveux sympathique qui sont les plus fréquentes. Après 5 ans, les cancers sont localisés principalement au niveau du système nerveux central et du système lymphatique. En France, on dénombre 2 500 nouveaux cas et près de 300 décès par an.

Un budget spécifique enfin attribué

80 % des cancers touchant les enfants se guérissent bien et le nombre de décès baisse de manière constante. Ainsi, entre 1999 et 2014, il est passé de 360 à 287 par an. Pourtant, jusqu’à présent, seulement 3 % du budget alloué à la recherche contre le cancer leur étaient consacrés. Heureusement, la situation commence à s’améliorer. Le colloque organisé à l’Assemblée nationale en mai 2018 et la médiatisation de l’histoire de Wonder Augustine (fillette décédée à l’âge de 4 ans après un cancer foudroyant) ont contribué à faire bouger les choses. Après de longues semaines de bataille menées par les associations, les oncologues et quelques députés, un budget spécifique de 5 millions d’euros a finalement été attribué à la recherche pour le cancer de l’enfant. Olivier Delattre, directeur du Centre de pédiatrie à l’Institut Curie souligne qu’il s’agit d’un « geste important de la part du gouvernement, qui a vu que les cancers de l’enfant méritaient une attention particulière ». Les associations et les familles de malades attendaient toutefois une aide plus conséquente et un fonds de 20 millions d’euros. Elles considèrent donc qu’il s’agit d’une victoire en demi-teinte et vont poursuivre leurs efforts.

Les défis à relever

Aujourd’hui, la prise en charge des cancers de l’enfant s’appuie sur la chimiothérapie, la chirurgie et la radiothérapie. Cette dernière est généralement utilisée en dernier recours en raison de ses lourds effets secondaires. L’immunothérapie a montré de moins bons résultats sur les cancers infantiles, à l’exception des cellules car-T utilisées pour des leucémies. Le docteur Dominique Valteau-Couanet, chef du département Cancérologie de l’enfant et de l’adolescent au Centre régional de lutte contre le cancer (CRLCC) Gustave Roussy, apporte quelques précisions : « on a adapté des traitements réservés aux adultes mais aussi développé des protocoles propres ». Gail Tomlinson, professeur de pédiatrie et directrice d’un service pédiatrique d’hémato-oncologie, ajoute : « au cours des dernières années, nous nous sommes concentrés sur la mise au point de combinaisons de médicaments plus efficaces pour guérir les patients ». Résultat : une augmentation très nette du taux de survie pour la plupart des cancers de l’enfant. L’objectif consiste désormais à créer des protocoles réduisant les effets secondaires tardifs des traitements. En effet, deux tiers des enfants touchés gardent des séquelles de la maladie ou du traitement, le risque principal étant celui des maladies cardiovasculaires.

Avec un budget inédit, la recherche devra relever trois défis majeurs : comprendre les causes de ces cancers, trouver de nouveaux traitements efficaces et réduire les effets indésirables sur le long terme.

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