« Ce matin j’ai craqué » : le cri du cœur d’une infirmière

« Ce matin j’ai craqué » : le cri du cœur d’une infirmière

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détresse infirmièreTrop, c’est trop ! Dans un message posté sur Facebook adressé à la ministre de la Santé, une infirmière, prénommée Mathilde Basset, se dit épuisée des conditions de travail auxquelles elle est confrontée. À bout de forces, elle confie avoir rendu sa blouse d’infirmière après un an et demi de travail.

Un message adressé à Agnès Buzyn, ministre de la Santé

« Je rends mon uniforme, dégoûtée, attristée » exprime Mathilde Basset dans un message posté sur Facebook. Anciennement infirmière à l’Ehpad du centre hospitalier du Cheylard en Ardèche, la jeune femme n’exerce plus depuis de la 4 janvier dernier. En cause d’après elle : des conditions de travail épuisantes et face auxquelles elle se sent impuissante. « C’est avec dégoût et la boule au ventre que je quitte ce radeau de la méduse » écrit-elle.

Dans son post adressé à la ministre de la Santé, elle raconte ses journées, sa surcharge de travail et son incapacité à effectuer l’ensemble de ses missions tout en prenant soin de ses patients : « Ce matin, j’ai craqué. Comme les 20 jours précédents. Je m’arrache les cheveux, au propre comme au figuré. Je presse les résidents pour finir péniblement ma distribution de médicaments à 10h15 (débutée à 7h15), je suis stressée donc stressante et à mon sens, maltraitante. Je ne souhaite à personne d’être brusqué comme on brusque les résidents. Disponible pour personne, dans l’incapacité de créer le moindre relationnel avec les familles et les usagers, ce qui, vous en conviendrez, est assez paradoxal pour un soi-disant lieu de vie (…) J’adore le soin, le care, la relation de confiance avec mes patients, mais je ne travaille pas dans un lieu de vie médicalisé. Je suis dans une usine d’abattage qui broie l’humanité des vies qu’elle abrite, en pyjama ou en blouse blanche. »

Découragée, la jeune femme termine son message en interpellant une dernière fois Agnès Buzyn : « Arrivez-vous à dormir ? Moi non. Et si c’était vous ? Vos parents ? Vos proches ? Que voulons-nous faire pour nos personnes âgées ? Pour les suivants ? J’ai peur Mme la Ministre. Votre politique gestionnaire ne convient pas à la logique soignante. Ce fossé que vous avez créé, que vous continuez de creuser promet des heures bien sombres au “système de Santé”. Venez voir, rien qu’une fois ».

Un malaise infirmier toujours présent

Posté il y a deux semaines sur le réseau social, le cri du cœur de cette infirmière est rapidement devenu viral. À ce jour, il a été partagé plus de 11 000 fois et les témoignages ne cessent d’affluer dans les commentaires.

Pour cause, ce message reflète l’état d’esprit et l’épuisement d’un grand nombre de soignants en France qui peinent encore à se faire entendre.

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