Champignons : gare à l’intoxication

Champignons : gare à l’intoxication

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L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a fait un communiqué ce vendredi 25 septembre afin de rappeler à tous les bonnes pratiques et les bons réflexes à avoir lorsque l’on se lance dans la cueillette de champignons. En effet, on a hélas recensé plus d’un millier d’accidents entre juillet et décembre 2019. C’est pourquoi, une petite remise à niveau, avant de partir en sous-bois, peut s’avérer bénéfique.

Des conditions favorables à la pousse des champignons

La météo du mois de septembre a été marquée par une sécheresse inhabituelle et des températures au-dessus des normales saisonnières suivi de températures nettement plus fraîches accompagnées de pluie : les conditions idéales pour que les champignons montrent le bout de leurs chapeaux.

Les intoxications enregistrées

Les centres antipoison et de toxicovigilance enregistrent chaque année des centaines de cas plus ou moins graves d’intoxications.  Elles résultent principalement d’une confusion entre les champignons comestibles et les champignons toxiques, qui peuvent parfois se ressembler et tromper les cueilleurs mais également de l’ingestion de champignons mal conservés, d’une ingestion massive ou de champignons mal cuits. Enfin, il faut noter que le recours à des applications sur smartphone de reconnaissance des champignons est à l’origine de certains de ces accidents. En effet, selon les résultats préliminaires d’une étude menée par le Centre antipoison de Paris, ces applications « se trompent à plus de 50% sur l’espèce ».

Les signes d’alerte

Si vous avez consommé des champignons, plusieurs signes doivent vous alerter et faire suspecter une intoxication : fièvre, diarrhées, nausées, vomissements, tremblements, vertiges, troubles de la vue. Ils apparaissent en général dans les douze heures qui suivent le repas et l’état de la personne intoxiquée peut alors s’aggraver rapidement. Le réflexe à avoir est de contacter le centre antipoison de votre région ou le Service d’aide médicale d’urgence (SAMU) en composant le 15. Les complications peuvent être sévères (troubles digestifs importants, atteintes du foie nécessitant parfois une greffe) voire mortelles.

Les règles d’une bonne cueillette

Que l’on soit débutant ou fin connaisseur en matière de cueillette de champignons, il faut toujours rester prudent. L’Anses nous rappelle les règles de base :

  • Ramasser uniquement les champignons que l’on connaît et qui sont en bon état : les spécimens jeunes sont plus difficiles à identifier tandis que les plus vieux sont sujets aux attaques de bactéries et de petites bêtes.
  • Votre coin secret à champignons n’est pas sans danger, ce n’est pas parce que vous y avez ramasser des espèces comestibles l’an passé qu’il ne peut pas y avoir des champignons dangereux cette année au même endroit. La prudence reste de mise même en terrain connu.
  • Prélever la totalité du champignon (du pied au chapeau) sans le couper mais en le prenant bien à la base, pour pouvoir l’identifier en cas de doute. N’hésitez pas à apporter votre récolte chez votre pharmacien ou à une société de mycologie afin de ne prendre aucun risque.
  • Ne vous fier pas aux applis sur smartphone pour manger ou non un champignon, en raison du risque élevé d’erreur.
  • Ne pas cueillir les champignons situés dans des zones polluées comme les bords de routes, les aires industrielles ou les décharges.
  • Bien séparer les spécimens récoltés par espèce à l’aide de petits récipients et les déposer séparément dans une caisse ou un carton (jamais dans un sac plastique, qui accélère le pourrissement).
  • En rentrant chez vous, lavez-vous soigneusement les mains.
  • Photographier votre récolte, cela pourra aider au choix du traitement en cas d’intoxication.
  • Conserver les champignons au réfrigérateur séparés des autres aliments et les consommer dans les 48 h.
  • Manger les en quantités raisonnables : pas plus de 200 g par personne et par semaine, il faut les faire cuire suffisamment et ne jamais les consommer crus.
  • Ne donner pas les champignons que vous avez ramassés à manger à de jeunes enfants, aux personnes âgées ou aux femmes enceintes. Ce sont des gens fragiles chez qui l’intoxication peut être beaucoup plus grave.

Si vous respectez tous ces conseils, rien ne vous empêche de partir en forêt pour vous adonner à la cueillette des champignons. Profiter de ce moment calme en plein air, cela permettra de vous ressourcer. Si vous ne ramenez pas de champignons vous aurez peut-être la chance de ramasser des noisettes, des châtaignes ou bien des mûres : la nature a beaucoup de choses à vous offrir !

Communiqué de l’ANSES

 

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