Complémentaire santé : échec du système de remboursement

Complémentaire santé : échec du système de remboursement

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complémentaire santéPrès d’un an après l’entrée en vigueur de la loi qui généralise les complémentaires santé pour les salariés, l’heure est au bilan : le leader mondial du conseil en ressources humaines, santé et prévoyance, Mercer, a évalué les effets de cette mesure.

Première mauvaise nouvelle : depuis la généralisation des complémentaires et l’arrivée des contrats « responsables », les salariés sont moins bien remboursés. Ce constat, dressé par Mercer, a été rendu possible grâce à l’étude des 1,3 million de contrats de la compagnie, parmi lesquels 70 % de nouveaux contrats « responsables ». Ainsi, les frais d’hospitalisation à la charge du patient ont augmenté de 101 % entre 2015 et 2016. Les assurés qui devaient payer de leur poche 8,40 euros  en 2015 pour les honoraires d’hospitalisation, ont dû payer 16,90 euros en 2016. Une explosion des frais qui s’avère encore pire pour les médecins spécialistes : le reste-à-charge a augmenté de 130 % passant de 2 euros en 2015 à 4,60 euros en 2016.

La mesure engendre des disparités

Le gouvernement ayant décidé de lier le remboursement au choix du médecin, les disparités sont nombreuses. Les médecins installés dans les grands centres urbains n’appliquent pas le même tarif que les médecins de campagne par exemple. Au-delà d’un certain montant, la consultation n’est plus couverte par la mutuelle. Une mesure qui aurait dû pousser les médecins à ajuster leur honoraire mais qui, pour l’instant, n’influence pas les tarifs pratiqués. Ce sont donc les patients qui en payent le prix ou qui doivent changer de médecin : 10 à 15 % des patients qui payaient plus de 46 euros la consultation d’un spécialiste se sont dirigés vers un autre médecin. Ces 46 euros correspondent, en effet, à la limite de prix au-delà de laquelle la consultation d’un spécialiste n’est plus remboursée.

Pour que les frais de santé soient mieux remboursés, certaines entreprises proposent à leurs salariés une surcomplémentaire. Cette offre a un coût mensuel supplémentaire : environ 20 euros. Six salariés sur dix ont adhéré à cette option. Fait étonnant : ce sont, en majorité, les salariés les plus modestes qui ont choisi de souscrire à cette surcomplémentaire. Une situation qui crée encore davantage d’inégalité face aux soins et à leur remboursement.

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