Covid-19 : 4 questions sur la vaccination

Covid-19 : 4 questions sur la vaccination

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Débutée fin décembre 2020, la campagne de vaccination contre la Covid-19 est sur le point de connaître un premier coup d’accélérateur. En effet, dès ce jeudi 14 janvier, les personnes âgées de plus de 75 ans et résidant à leur domicile pourront prendre rendez-vous pour se faire vacciner. Cette étape, initialement prévue en février-mars, a été avancée par le gouvernement pour “amplifier, accélérer et simplifier” la stratégie vaccinale. A travers quatre questions, l’Actu GDD vous dit tout ce qu’il faut savoir sur le sujet.

Comment fonctionne le vaccin contre la Covid-19 ?

Deux vaccins sont actuellement disponibles en France. Ils ont été développés par Pfizer-BioNTech d’une part, et Moderna d’autre part. L’Agence européenne du médicament (EMA) puis la Haute autorité de santé (HAS) ont autorisé leur utilisation.

Dans les deux cas, il s’agit d’un vaccin à ARN messager (ARNm), une technique sur laquelle les chercheurs travaillent depuis plus de vingt ans et qui a déjà été testée sur l’Homme contre le virus Zika, la grippe, la rage et le cytomégalovirus. Un vaccin à ARNm est élaboré avec une séquence génétique d’un virus qui, une fois injectée, entre dans les cellules humaines, qui l’utilisent ensuite pour produire la protéine virale associée qui va faire réagir le système immunitaire. Plus faciles et plus rapides à produire, les vaccins à ARNm déclenchent une réponse immunitaire complète impliquant des anticorps et des lymphocytes T. Ils se distinguent des vaccins inactivés qui induisent une réponse immunitaire de type anticorps uniquement.

Les vaccins Pfizer-BioNTech et Moderna sont ainsi constitués d’une séquence génétique de la protéine Spike (protéine S), située à la surface du Sars-CoV-2 et qui permet au virus de se fixer aux cellules humaines. Les essais cliniques ont montré que l’efficacité de ces vaccins contre le coronavirus se situe autour de 90 %. Deux doses sont nécessaires pour être protégé et réduire les risques de développer une forme grave de la maladie. La principale contrainte concerne la conservation, qui doit se faire à de très basses températures et dans le respect très strict de la chaîne du froid.

Le vaccin a-t-il des effets indésirables ?

À ce jour, aucun effet indésirable grave n’a été observé après l’administration du vaccin. En France, un seul cas d’allergie (sans complications) a été rapporté pour le moment, ce qui correspond à la fréquence de 1/100 000 déjà constatée dans d’autres pays. Plusieurs réactions peuvent se produire à la suite de la vaccination : douleur et/ou rougeur au point d’injection, fatigue, maux de tête, douleurs musculaires, frissons ou fièvre. Elles sont considérées comme “classiques et attendues”, peuvent durer deux à trois jours et sont le signe que le système immunitaire fait son travail, il ne faut donc pas s’en inquiéter. Si cela persiste au-delà de cinq jours après l’injection et ne s’améliore pas, vous pouvez le signaler à votre médecin, qui vous proposera une prise en charge adaptée.

Quelles sont les étapes de la campagne de vaccination ?

Afin de mener à bien la campagne de vaccination contre le Covid-19 en France, 200 millions de doses ont été précommandées. 68 millions seront livrées d’ici le 1er juillet dans les établissements de santé, puis transmises aux centres de vaccination.

À son lancement fin décembre, la vaccination s’adressait en priorité aux personnes âgées résidant en Ehpad ou en établissement de soins de longue durée. Suite à de nombreuses critiques portant essentiellement sur la lenteur de la campagne, celle-ci s’est étendue, début janvier, aux soignants âgés de plus de 50 ans ou présentant des comorbidités, puis aux pompiers et aux aides à domicile, selon les mêmes critères. La vaccination a également été ouverte aux personnes handicapées vulnérables prises en charge dans les foyers d’accueil médicalisés et les maisons d’accueil spécialisées.

Au 12 janvier, le nombre de personnes vaccinées approchait des 190 000, l’objectif du gouvernement étant d’atteindre le million à la fin du mois. Pour y parvenir, la stratégie vaccinale a été revue. Initialement, les personnes âgées de plus de 75 ans vivant à domicile n’étaient pas concernées avant février-mars. Désormais, elles pourront prendre rendez-vous dès le 13 ou 14 janvier, en fonction de la plateforme choisie, pour une vaccination effective à partir du 18 janvier. Dans un communiqué de presse, le ministère de la Santé a précisé que la priorité sera donnée aux régions où le virus circule de manière très active (Grand Est, Bourgogne-Franche Comté, Auvergne-Rhône-Alpes, PACA).

Mise à jour du 15/01 : A compter du 18 janvier, les personnes souffrant de maladies chroniques vont également pouvoir se faire vacciner, quel que soit leur âge. Sont concernés les patients :

  • atteints de cancers et de maladies hématologiques malignes en cours de traitement par chimiothérapie ;
  • atteints de maladies rénales chroniques sévères, dont les patients dialysés ;
  • transplantés d’organes solides ;
  • transplantés par allogreffe de cellules souches hématopoïétiques ;
  • atteints de poly-pathologies chroniques et présentant au moins deux insuffisances d’organes ;
  • atteints de certaines maladies rares et particulièrement à risque en cas d’infection ;
  • atteints de trisomie 21.

Si vous êtes dans l’une de ces situations, il vous faut consulter votre médecin traitant afin qu’il vous délivre une prescription médicale pour bénéficier du vaccin sans critère d’âge.

En fonction de l’évolution de la situation, la vaccination sera ensuite ouverte aux 65-74 ans et aux personnes à risque, quel que soit leur âge. Le reste de la population générale devrait pouvoir se faire vacciner au cours du printemps et de l’été.

Comment se faire vacciner ?

Si vous êtes concerné par la vaccination, quatre options s’offrent à vous pour prendre rendez-vous. Vous pouvez par exemple vous rendre sur la plateforme publique santé.fr, qui vous permettra de rechercher un centre de vaccination près de chez vous. Vous pouvez également prendre rendez-vous par téléphone au 02 79 46 11 56.

À cela viennent s’ajouter Doctolib, Keldoc et Maiia. Ces plateformes privées ont été sélectionnées par le gouvernement afin d’épauler santé.fr et de fluidifier l’accès à la vaccination. Accessibles 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, elles permettent de prendre rendez-vous en ligne auprès d’un centre et de recevoir des rappels par SMS avant le rendez-vous. Keldoc et Maiia ont annoncé que les inscriptions sont ouvertes dès ce mercredi 13 janvier. Pour Doctolib, qui est déjà utilisé dans 150 centres de vaccination, il sera possible de prendre rendez-vous à partir de jeudi 14 janvier. Notez que chaque centre est rattaché à une plateforme, mais pas nécessairement aux trois. Si vous ne trouvez pas celui qui vous intéresse, n’hésitez pas à consulter les trois sites.

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