Covid-19 chez l’enfant : Santé publique France fait le point

Covid-19 chez l’enfant : Santé publique France fait le point

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Si tous les indicateurs sont au vert, le déconfinement devrait débuter à partir du lundi 11 mai. Après deux mois de fermeture, les écoles rouvriront leurs portes, suivies les semaines suivantes par les collèges et lycées. Cette décision du gouvernement suscite de nombreuses interrogations et inquiétudes chez les parents et les enseignants. Afin d’y voir plus clair, Santé publique France a publié ce mardi 5 mai une synthèse dans laquelle elle dresse un état des lieux des connaissances portant sur le covid-19 chez l’enfant et propose ses recommandations pour le retour à l’école.

Des formes asymptomatiques et peu graves

Les enfants sont autant touchés par le coronavirus que les adultes. Toutefois, les cas pédiatriques représentent seulement 1 à 5 % de l’ensemble des cas diagnostiqués dans le monde. Dans la grande majorité (95 %), les enfants font des formes asymptomatiques et peu graves. Lorsqu’ils ont des symptômes, les plus courants sont : fièvre, toux, nez qui coule, diarrhée, nausées ou vomissements, atteinte pulmonaire (pour 2 tiers des enfants symptomatiques). Les formes graves de covid-19 et la mortalité restent très exceptionnelles chez l’enfant. Ainsi, en France, les cas de moins de 18 ans représentaient 0,16 % des malades hospitalisés et 0,04 % des décès survenus à l’hôpital entre le 1er mars et le 24 avril.

Au début de l’épidémie, les enfants ont été considérés comme des vecteurs importants de transmission du virus. Or, aucun cluster d’importance n’a été identifié au sein des crèches, écoles, collèges, lycées ou universités. Le rôle des enfants dans la propagation du coronavirus est encore très mal connu et difficile à évaluer. Il est toutefois admis que la transmission par un enfant infecté est possible, bien que n’ayant pas été observée.

Depuis la fin du mois d’avril, des services pédiatriques en France, au Royaume-Uni et aux États-Unis ont recensé un petit nombre de cas d’enfants hospitalisés présentant des symptômes proches de ceux de la maladie de Kawasaki. Cette pathologie rare survient généralement avant l’âge de 5 ans et se manifeste par l’inflammation des parois des vaisseaux sanguins, notamment au niveau du cœur. Plusieurs scientifiques ont émis l’hypothèse que l’apparition de ces cas serait en lien avec la présence du coronavirus dans l’organisme des enfants. À l’approche de la reprise de l’école, cela ne rassure bien évidemment pas les parents. Des investigations sont en cours afin de déterminer s’il existe véritablement un lien entre le covid-19 et la maladie de Kawasaki.

L’impact de la fermeture des écoles

Plus de 12 millions d’élèves, de la maternelle au lycée, ont été concernés par la fermeture des établissements scolaires. Ailleurs en Europe, seules la Suède et l’Islande ont pris la décision de laisser les crèches et les écoles ouvertes et de ne pas appliquer un confinement strict.

En Suède, l’épidémie a commencé plus tard que dans les autres pays européens, mais a progressé rapidement. Le gouvernement suédois a voulu faire le pari de l’immunité collective. Aujourd’hui, cela se traduit par un taux d’incidence cumulé pour 100 000 habitants inférieur à celui de la France (158 contre 178). Toutefois, la Suède fait moins bien que ses voisins scandinaves ayant appliqué le confinement, avec 10 fois plus de décès. En Islande, les nouveaux cas diminuent depuis début avril.

Selon plusieurs analyses, la fermeture des crèches et des établissements scolaires en France n’a eu qu’un effet limité sur l’atténuation du pic épidémique. En revanche, cette fermeture prolongée a des conséquences directes sur le quotidien des enfants, leur santé physique et mentale. Cela bouleverse leurs habitudes de vie, avec une perte des liens sociaux et un enseignement à distance parfois inaccessible faute de moyens. Les enfants se trouvent également exposés au stress accru de leurs parents, ce qui affecte leur bien-être.

Une réouverture sous tensions

À l’annonce de la réouverture des crèches et des écoles, les principaux concernés ont fait part de leurs craintes. Les parents sont inquiets pour la santé de leurs enfants et dubitatifs quant à la capacité des établissements à être prêts le jour J. Du côté des enseignants, l’inquiétude porte sur la continuité pédagogique et la possibilité de gérer à la fois le travail en classe et à distance. D’une manière générale, tous redoutent une deuxième vague épidémique.

Retour à l’école : dans quelles conditions ?

Le gouvernement l’a assuré à plusieurs reprises : la réouverture des écoles ne se fera que si les mesures de prévention sont appliquées. Cela passera par l’éviction des contacts et des enfants ayant des symptômes. Les mesures barrières et la distanciation physique devront être adaptées aux âges des enfants. Si nécessaire, des mesures environnementales pourront être prises pour assurer la sécurité des enfants et des professionnels qui les accueillent. Enfin, il est essentiel d’apprendre aux enfants les gestes barrières pour les impliquer et en faire des acteurs à part entière de la prévention. Pour les plus petits, cet apprentissage peut se faire sous forme de jeu, d’histoire ou de chanson. Des supports pédagogiques pourront également être envisagés.

Le retour à l’école sera très différent des conditions auxquelles les enfants sont habitués. Ainsi, ils seront moins nombreux et éloignés les uns des autres pendant la classe, ainsi que pour les activités, les repas (qui pourront être pris en classe) et le passage aux toilettes. La limitation des contacts passera par des heures échelonnées de présence, de pause et d’accès aux sanitaires. Enfin, Santé publique France recommande qu’un seul parent se charge de déposer et de récupérer l’enfant à l’école. Les attroupements de parents seront proscrits et les transports publics évités au maximum.

En crèche, où la proximité est souvent inévitable avec les enfants, les recommandations sont proches des exemples danois et norvégien : constituer des petits groupes d’enfants avec un adulte responsable et ne pas modifier cette organisation, sauf cas de force majeure. Les activités en extérieur sont évidemment encouragées. Si cela n’est pas possible, une zone doit être dédiée à chaque groupe à l’intérieur de la crèche. Le nombre de jouets à disposition pourrait être limité, afin d’en faciliter le nettoyage et la désinfection.

 

Quel que soit l’âge de votre enfant, il est conseillé de l’encourager à exprimer ses émotions et ses inquiétudes concernant le contexte actuel. N’hésitez pas à parler avec lui du virus, dans des termes qu’il comprend.

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