Crainte d’une épidémie de bronchiolite de grande ampleur

Crainte d’une épidémie de bronchiolite de grande ampleur

157
0
<<<

À l’instar d’autres maladies virales comme la gastro-entérite ou la grippe, la bronchiolite est passée presque inaperçue l’an dernier grâce aux mesures barrières et au confinement liés au Covid. Mais cette année, les autorités sanitaires s’inquiètent. En effet, les indicateurs montrent déjà une augmentation rapide des cas de bronchiolite, qui pourrait évoluer en épidémie de grande ampleur.

Qu’est-ce que la bronchiolite ?

Le plus souvent provoquée par le virus respiratoire syncytial (VRS), la bronchiolite est une infection respiratoire aiguë très contagieuse qui sévit essentiellement en automne-hiver. Elle touche essentiellement les enfants de moins de 2 ans, avec une incidence particulièrement marquée chez les bébés entre 2 et 8 mois. Avant l’épidémie de coronavirus, on dénombrait environ 500 000 cas chaque année.

Bénigne chez 95 % des enfants, la bronchiolite débute généralement par une simple rhinopharyngite et une légère fièvre. Ensuite, une toux sèche s’installe, avec des quintes et une gêne respiratoire induisant une respiration rapide et sifflante. La maladie peut aussi entraîner des difficultés à manger et à boire.

La phase aiguë de la bronchiolite dure environ 10 jours. Il est important de surveiller attentivement l’état de l’enfant pendant les 2-3 premiers jours afin de réagir rapidement si des complications surviennent. Cette surveillance s’étend jusqu’à la guérison complète quand la bronchiolite concerne un bébé de moins de 2 mois, un nourrisson né prématurément, souffrant d’une maladie chronique ou d’un problème cardiaque. Les symptômes diminuent progressivement. Une toux résiduelle peut persister au cours des 2 à 3 semaines suivantes.

Nombre de cas, passages aux urgences, hospitalisations : état des lieux

Dans un rapport datant du 5 octobre, le Conseil scientifique explique que le risque d’une forte épidémie de bronchiolite est lié à “un déficit d’immunité collective acquise significatif pour les enfants nés après mars 2020”. Très peu exposés aux différents virus, dont celui de la bronchiolite, ces enfants n’ont pas pu développer des anticorps et sont donc susceptibles de présenter une forme grave de la maladie, nécessitant une hospitalisation.

Les effets n’ont pas tardé et, dès le mois de septembre, Santé publique France lançait une première alerte. Dans la semaine du 6 au 12 septembre, 439 cas de bronchiolite avaient été détectés. Le nombre de cas a ensuite grimpé, atteignant 1329 à la semaine du 27 septembre au 3 octobre. Cette tendance très nette à l’augmentation exige, selon les autorités sanitaires, une grande vigilance, d’autant plus que les données de l’hémisphère sud ont révélé une circulation de la bronchiolite plus intense, décalée dans le temps et dans les tranches d’âge.

Concernant les passages aux urgences pédiatriques, Santé publique France en dénombre 1278 au 6 octobre, dont 460 ont conduit à une hospitalisation. Les Hauts-de-France, le Grand Est et l’Île-de-France ont été placés en phase “pré-épidémique” et sont surveillés attentivement par les agences régionales de santé (ARS). En région parisienne, 5 services de réanimation pédiatrique dotés d’environ 70 lits chacun sont surchargés 3 semaines plus tôt qu’attendu.

Quel traitement pour soigner la bronchiolite ?

De par son origine virale, la bronchiolite n’a pas de traitement spécifique. Tout repose sur la surveillance de l’enfant malade. Il est possible de l’aider à mieux respirer en effectuant régulièrement un lavage de nez avec du sérum physiologique, une solution saline, voire un mouche-bébé. Dans la journée, il est conseillé de privilégier la position verticale (portage en écharpe ou porte-bébé). Pour la nuit et les siestes, couchez toujours bébé sur le dos, en surélevant légèrement son thorax.

Proposez régulièrement à boire à votre enfant pour éviter la déshydratation, et fractionnez ses repas s’il a des difficultés à s’alimenter ou s’il est fatigué. En cas de fièvre, veillez à ne pas trop le couvrir, contrôler régulièrement sa température et donnez-lui un antipyrétique (paracétamol) si nécessaire.

Dans certains cas, le recours à l’aérosolthérapie est envisagé pour faciliter l’administration des médicaments visant à fluidifier les sécrétions bronchiques. En revanche, selon un avis rendu par la Haute autorité de santé en 2019, la kinésithérapie respiratoire doit être réservée aux enfants qui présentent une pathologie respiratoire chronique ou une maladie neuromusculaire les empêchant d’évacuer les sécrétions.

Prévenir et limiter la diffusion de la bronchiolite

Afin d’éviter de propager la maladie, il est recommandé de garder l’enfant malade à la maison durant la phase aiguë. Avant de vous en occuper, lavez-vous toujours soigneusement les mains. Adoptez également ce réflexe avant les repas et après être allé aux toilettes, vous être occupé d’un animal ou avoir pris les transports en commun.

Pensez à aérer la chambre de l’enfant et le reste du logement tous les jours pendant au moins 10 minutes. La température intérieure doit être maintenue à 19 °C. Nettoyez régulièrement les jouets avec des lingettes désinfectantes et lavez les peluches en machine à 60 °C. Si vous présentez vous-même des symptômes respiratoires, portez un masque médical en présence d’autres personnes, y compris à la maison.

N’exposez pas l’enfant à un environnement enfumé, facteur d’aggravation de la bronchiolite. Finalement, qu’il soit malade ou non, évitez les salles d’attente des cabinets médicaux ainsi que les lieux à forte affluence, en particulier les supermarchés, les galeries commerciales et les transports en commun, et ce durant toute la période épidémique.

Laissez votre commentaire