Crème solaire : une étude pointe un composant problématique

Crème solaire : une étude pointe un composant problématique

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Ce lundi 8 mars, un article publié dans la revue spécialisée de la Société américaine de chimie, Chemical Research in Toxicology, a fait grand bruit. En effet, il pointe la présence d’un composant potentiellement toxique dans certains cosmétiques, notamment les crèmes solaires. L’octocrylène, filtre utilisé pour absorber les rayons UV, se transforme en benzophénone, suspecté d’être cancérogène. Que dit précisément cet article ? Faut-il avoir peur des produits de protection solaire ? L’Actu GDD vous explique tout.

Octocrylène, benzophénone : ce que l’on sait

Utilisé depuis des années, l’octocrylène est un actif que l’on retrouve dans les cosmétiques, et plus précisément dans les produits solaires, les crèmes anti-âge et, parfois, les shampoings. C’est un filtre solaire qui permet d’absorber les rayons UV, à l’origine de dommages cutanés et cellulaires. Il contient naturellement de la benzophénone, dont la concentration maximale dans les cosmétiques est réglementée et fixée à 200 ppm maximum pour le marché européen.

Le Centre international de recherche sur le cancer de l’Organisation mondiale de la santé a classé la benzophénone dans la catégorie des “agents peut-être cancérogènes” (groupe 2B). Ce choix est justifié par des preuves suffisantes chez les animaux de laboratoire, sur lesquels ont été observés des cancers du foie, des lymphomes et des affections dermatologiques après l’administration de benzophénone. Celle-ci pourrait également perturber la fonction thyroïdienne et le développement normal des organes reproducteurs.

Une quinzaine de crèmes solaires analysées

Afin de réaliser l’étude, l’équipe de chercheurs franco-américaine a sélectionné 16 crèmes solaires, 5 d’entre elles étant vendues en France, le reste aux États-Unis. Ces crèmes ont subi un processus de vieillissement accéléré, employé habituellement pour déterminer la période après ouverture (PAO), c’est-à-dire la durée maximale pendant laquelle un produit peut être utilisé sans risque après son ouverture. Pour ce faire, elles ont été placées dans un incubateur à 40 °C et 75 % d’humidité, pendant 6 semaines, ce qui équivaut à 1 an passé à température ambiante. À l’issue de cette expérience, les chercheurs ont constaté une augmentation du taux de benzophénone dépassant les 100 % et atteignant, dans certains cas, les 200 %. Néanmoins, pour la majorité des crèmes solaires (15 sur 16), ce taux n’allait pas au-delà du seuil réglementaire de 200 ppm. En outre, le niveau de dégradation de l’octocrylène en benzophénone dépendait beaucoup des formules des produits et de leur stabilité.

Quelle conclusion en tirer ?

Bien que cette étude soit la première à mettre en évidence le fait que l’octocrylène se dégrade en benzophénone au fil du temps, ses résultats doivent être complétés afin de déterminer à quelle concentration cette molécule s’avère toxique et cancérogène pour l’Homme. En attendant, la crème solaire reste indispensable pour protéger sa peau des effets néfastes du soleil. En effet, les rayons UV induisent un risque de cancer (carcinome, mélanome) et de mutations de l’ADN. Pour ne prendre aucun risque, il est préférable de ne pas utiliser une crème solaire ouverte depuis 1 an ou plus.

Notez toujours la date d’ouverture du produit et vérifiez la PAO en cherchant sur l’emballage le symbole de pot ouvert accompagné de la mention 6M (6 mois) ou 12M (12 mois). Si l’odeur ou la texture ont changé, n’appliquez pas le produit.

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