Des médecins réclament de nouvelles taxes sur l’alcool

Des médecins réclament de nouvelles taxes sur l’alcool

335
0
<<<
>>>

taxe alcoolDes médecins estiment que l’alcool devrait être davantage taxé, afin de participer au « plan de financement » du Fonds de lutte contre les addictions aux substances psychoactives. Ils ont adressé, ce jeudi 11 octobre, une lettre ouverte à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, en lui demandant de revoir la loi de financement de la Sécurité sociale dès 2019.

Le « grand absent du financement »

Dans leur courrier, largement repris par l’ensemble de la presse, les praticiens estiment que l’alcool est « le grand absent du financement » du fonds de lutte contre les addictions.

Le projet prévoit que le champ d’intervention de ce fonds, constitué de 100 millions d’euros provenant des taxes du tabac, soit élargi aux addictions liées aux substances psychoactives (alcool, cannabis). Pour cela, de nouvelles ressources doivent être mobilisées « correspondant au produit des amendes forfaitaires sanctionnant la consommation de cannabis », soit environ 10 millions d’euros en 2019. Mais rien n’est prévu pour que l’alcool participe également à ce fonds.

Les médecins réclament donc que la loi de financement de la Sécurité sociale intègre, dès 2019, une « taxe sur les boissons alcoolisées » proportionnelle aux degrés d’alcool « pour financer les soins », ainsi qu’une « taxe sur les dépenses de publicité, y compris sur internet – pour financer la prévention ».

49 000 décès par an liés à la consommation d’alcool

Pour appuyer leur requête, les médecins rappellent la dimension du problème de l’alcool en France. Au-delà des 49 000 décès par an directement causés par sa consommation, l’alcool est la deuxième cause de cancer, la première cause de mortalité chez les 15-30 ans et la première cause de démence précoce. En outre, il est aussi impliqué dans plus de la moitié des violences faites aux femmes et aux enfants et il s’agit, de surcroît, de la première cause de retard mental évitable de l’enfant (né d’une femme qui buvait durant la grossesse). La prévention gouvernementale en matière d’alcool se limite à une « discussion picrocholine », dérisoire, sur la taille en millimètres du pictogramme « interdit aux femmes enceintes », déplorent-ils.

8 médecins signataires

Au total, 8 médecins de renom ont signé cette lettre en espérant faire avancer les choses : Le Professeur Reynaud, président d’Actions addictions, l’épidémiologiste Catherine Hill, les professeurs  Amine Benyamina (psychiatrie, addictologie), Gérard Dubois (santé publique), Serge Hercberg (nutrition), Albert Hirsch (pneumologue) ainsi que le président et vice-président de l’Association nationale de prévention en Alcoologie et addictologie (Anpaa) Nicolas Simon et Bernard Basset.

Laissez votre commentaire