Des préservatifs bientôt remboursés par l’Assurance maladie

Des préservatifs bientôt remboursés par l’Assurance maladie

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Ce mardi 27 novembre, la ministre des solidarités et de la santé Agnès Buzyn était l’invitée du Grand Entretien, émission co-animée par Nicolas Demorand et Léa Salamé sur France Inter. Elle a été interrogée sur l’actualité brûlante en matière de santé publique : scandale sanitaire des dispositifs médicaux, hausse des honoraires des pharmaciens et du prix de certains médicaments. Au cours des échanges avec les deux journalistes, elle a annoncé l’entrée en vigueur très proche d’une mesure inédite : le remboursement des préservatifs faisant l’objet d’une prescription médicale. Comment ? Pourquoi ? Quelles conditions ? Nous décryptons pour vous !

La Haute autorité de santé donne le feu vert

A partir du 10 décembre 2018, les préservatifs prescrits par un médecin ou une sage-femme seront remboursés par l’Assurance maladie. Mais attention, ils ne seront pas tous concernés ! En effet, seuls les préservatifs de la marque Eden ont obtenu un avis favorable de la Haute autorité de santé (HAS). Et pour cause : les laboratoires Majorelle, qui commercialisent la marque, sont les seuls à avoir demandé le remboursement. Déposée fin 2017, leur demande a été validée en juin 2018. La HAS a estimé que le service rendu par ces préservatifs justifie le fait qu’ils puissent être remboursés.

En pratique, si vous demandez à votre médecin ou sage-femme une ordonnance pour une boîte de préservatifs Eden et vous rendez ensuite en pharmacie pour les obtenir, vous serez remboursés à hauteur de 60 % sur la base d’un prix de vente de 1,30 € pour une boîte de 6. Des boîtes de 12 et 24 préservatifs sont également disponibles.

Renforcer la lutte contre les IST…

La mesure annoncée par Agnès Buzyn s’inscrit dans le cadre de la Stratégie Nationale de Santé 2018-2022 menée par le gouvernement. L’objectif est clair : « zéro nouvelle infection au VIH et élimination des IST en tant que problèmes majeurs de santé publique en 2030 ». Or, on en est encore loin. Environ 6 000 nouveaux cas de contamination au VIH sont enregistrés chaque année en France dont 800 à 1 000 chez les jeunes âgés de moins de 25 ans. S’ils utilisent de plus en plus systématiquement le préservatif pour leur première relation sexuelle, ils l’abandonnent ensuite sans avoir nécessairement effectué les tests pour détecter les éventuelles Maladies et Infections sexuellement transmissibles (IST, MST). Selon les estimations, 1 jeune sur 2 n’utilise pas de préservatifs. La HAS rappelle pourtant très régulièrement qu’il s’agit de la seule méthode efficace.

… et faire des économies

Entre 2012 et 2016, les cas d’IST ont été multipliés par 3. Les conséquences d’une IST mal ou non soignée peuvent être très graves pour la santé : Sida, infertilité, cancer (ovaire notamment), maladies hépatiques et neurologiques… Le gouvernement ne s’en cache pas, la décision de rembourser les préservatifs vise également à faire des économies. La prise en charge des IST représente chaque année un coût de 2 milliards d’euros dont 1,6 milliard est consacré uniquement au Sida. Faciliter l’accès aux préservatifs (dont le prix peut être un véritable frein pour certaines personnes) permet d’augmenter le niveau de protection et donc de réduire les contaminations et le coût qu’entraîne leur traitement.

Les associations applaudissent

Alors que la Journée mondiale de lutte contre le sida approche (1er décembre), les associations saluent cette nouvelle mesure. Aurélien Beaucamp, président de l’association Aides, a déclaré : « C’est une excellente décision, cela correspond à une de nos revendications historiques ». Il émet toutefois un bémol concernant la nécessité de consulter un médecin ou une sage-femme pour obtenir l’ordonnance de préservatifs. Cette démarche peut en effet ne pas être possible pour tout le monde ou source de gêne pour certaines personnes.

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