Des substances chimiques dans les couches pour bébés

Des substances chimiques dans les couches pour bébés

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On estime qu’un bébé porte environ 4 000 couches jetables au cours des trois premières années de sa vie. Les parents sont donc particulièrement attentifs à ce produit banal du quotidien et veulent le meilleur pour leur enfant. Ce mercredi 23 janvier, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a publié un rapport inédit sur la composition des couches jetables pour bébé. Au total, plus de vingt marques ont fait l’objet d’analyses qui ont finalement révélé la présence de soixante substances chimiques potentiellement dangereuses pour les tout-petits.

Une mobilisation d’envergure

C’est la première fois qu’une agence internationale officielle s’intéresse de plus près à la composition des couches. L’Anses a été saisie par trois instances différentes : la Direction générale de la santé (DGS), la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) et la Direction générale de la prévention des risques (DGPR). A l’occasion de la publication du rapport, les ministres de la santé, de la transition énergétique et de l’économie ont convoqué tous les fabricants et distributeurs de couches jetables pour bébé afin qu’ils prennent connaissance des conclusions établies.

Glyphosate, dérivés de pétrole, pesticides…

En octobre 2016, le journal Le Parisien révélait déjà que les recherches menées par un laboratoire indépendant sur les couches de la marque Pampers avaient abouti à la découverte d’hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), notamment du benzanthracène et du chrysène, des dérivés de pétrole classés dans la catégorie des substances cancérogènes par l’Union Européenne. En 2017 et 2018, le magazine 60 millions de consommateurs allait plus loin en comparant les plus grandes marques de couches selon leur composition. Ces articles avaient alors fait grand bruit mais les autorités sanitaires étaient restées relativement silencieuses.

Aujourd’hui, les experts de l’Anses ont retrouvé dans les couches analysées des substances pouvant présenter un danger pour les bébés. Ils ont ainsi retrouvé des dioxines, du glyphosate mais aussi des pesticides interdits depuis près de quinze ans ainsi que des HAP, substances présentes dans la fumée de cigarette et les moteurs diesel. Certains composants dépassaient de manière significative les seuls sanitaires calculés sur la base des valeurs toxiques de référence. Contre toute attente, tous les types de couches ont été épinglés, y compris les couches dites écologiques et certifiées bio.

Quels risques pour bébé ?

Provenant d’un ajout intentionnel, de matières premières contaminées ou des procédés de fabrication, ces substances dangereuses peuvent migrer dans les urines et être en contact prolongé avec la peau fragile des bébés. Les risques peuvent alors atteindre plusieurs niveaux : éruption cutanée, réaction allergique, dérèglement de l’appareil reproducteur, augmentation du risque de cancers.

Renforcer la réglementation

L’Anses pointe du doigt les fabricants et leur reproche un manque de transparence concernant la composition précise de leurs couches. Elle leur demande d’éliminer sans tarder les substances nocives identifiées ou de les réduire au maximum. L’agence préconise également des contrôles renforcés et un cadre réglementaire plus restrictif, que ce soit au niveau national ou européen. En France, les autorités sanitaires n’ont pour le moment publié aucune « liste noire » et n’ont pas dévoilé les chiffres et les marques concernées par le rapport. Les fabricants ont été sommés de prendre des engagements dans les deux semaines à venir pour que les compositions et les modes de fabrication soient revus.

Retrouvez le rapport complet ici : https://www.anses.fr/fr/system/files/CONSO2017SA0019Ra.pdf.

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