Dialyse, une alerte concernant les dialysats au citrate

Dialyse, une alerte concernant les dialysats au citrate

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Lorsque les reins ont définitivement cessé de fonctionner, la survie n’est possible que grâce au recours à des “techniques de suppléance” : la transplantation rénale ou la dialyse. Dans les situations où la greffe est contre-indiquée ou dans l’attente d’une transplantation, le recours à la dialyse devient nécessaire. Cette technique permet de débarrasser le sang des toxines et de l’eau en excès. Une étude menée par le docteur Lucile Mercadal néphrologue à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (AP-HP) et des chercheurs de l’Inserm révèlerait que les personnes dialysées avec un produit à base de citrate auraient plus de risque de décéder prématurément par rapport aux autres patients

Près de 15000 personnes concernées

Les dialysats au citrate sont un des types de technique utilisés pour l’hémodialyse chronique. A ce jour, sur les 45 000 patients hémodialysés, l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament) estime à 15 000 le nombre de patients concernés en France. Plusieurs fois par semaine, ils doivent réaliser des séances de quatre heures de dialyse qui permettent d’éliminer les toxines s’accumulent dans le corps. Le sang est mis en contact avec le dialysat, c’est un liquide qui agit comme un filtre et apporte au sang des minéraux qu’il n’assimile plus. Pour que certains de ces minéraux restent solubles dans l’eau, on ajoute une petite dose d’acide chargée de les séparer. Il peut s’agir d’acide chlorhydrique, d’acide acétique ou de citrate (aussi appelé acide citrique). La substance pénètre alors dans l’organisme, sans que son devenir ne soit connu.

Un retrait par précaution

20% des dialysés sont traités au citrate, selon l’Agence du médicament. Or ce dialysat est le dernier arrivé sur le marché en 2012. « Nous voulions savoir si certains dialysats présentaient des avantages pour les patients, en particulier les plus récents », explique le Dr Lucile Mercadal. « Nous avons observé que l’acide chlorhydrique présentait un avantage. Cependant, nous ne nous attendions pas à trouver une telle différence en termes de mortalité dans le groupe traité au citrate. » « Les centres qui ont utilisé le citrate ont une surmortalité, ceux qui ont utilisé le HCl [acide chlorhydrique ] ont une baisse de mortalité », précise le docteur Mercadal. Pour arriver à ce résultat, le médecin et ses confrères ont croisé les données du registre de patients dialysés avec les chiffres de vente de dialysat par centre. Ils ont alors observé l’évolution des décès en fonction du type de dialysat utilisé. Les données concernant celui au citrate l’ont conduit à arrêter l’utilisation de ce produit au centre de dialyse de la Pitié-Salpêtrière. Selon cette experte, « [le dialysat au citrate devrait] être retiré du marché, au nom du principe de précaution, en attendant d’autres études ».

3 axes pour trouver une solution

Informée de cette étude par l’association de ­patients Renaloo fin novembre, l’ANSM a convoqué une réunion d’urgence mercredi ­ 5 décembre. A l’issue de cette rencontre 3 axes de travail vont être mis en place:

« 1) La mise en place d’une information renforcée à destination des patients et des professionnels de santé

2) des recommandations d’encadrement et d’utilisation des différents types de dialysats pour les professionnels de santé

3) des investigations complémentaires et indépendantes sur les données actualisées, élargies et individuelles des patients dialysés, en particulier avec des dialysats au citrate. » a communiqué l’ANSM.

L’agence prend au sérieux ces résultats, qui pour l’instant sont préliminaires, et poursuit ses investigations avant de statuer sur le risque de cette nouvelle alerte.

 

 

 

 

 

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