Encourager la réflexion autour du don d’organes

Encourager la réflexion autour du don d’organes

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Ce samedi 22 juin 2019, l’Agence française de la biomédecine organise la 19e édition de la Journée nationale du don d’organes et de tissus, en étroite collaboration avec les établissements hospitaliers et les associations du collectif Greffes+. Symbolisée par un ruban vert, cette journée est l’occasion d’encourager la réflexion autour de ce sujet et d’impliquer les Français, en particulier ceux qui ne sont pas suffisamment informés.

Comment fonctionnent le don d’organes et la greffe ?

En France, plus de 63 000 personnes vivent actuellement avec un organe greffé et une large majorité a retrouvé une vie normale. Les organes les plus transplantés sont le rein, le foie et le cœur. La greffe est une technique médicale de mieux en mieux maîtrisée et dont les résultats ne cessent de s’améliorer avec les années. Du prélèvement du greffon à la greffe en elle-même, le processus implique un grand nombre d’acteurs. Dans la plupart des cas, l’organe greffé est prélevé sur un donneur décédé, mais il est tout à fait possible de donner de son vivant, sans limite d’âge ni carte de donneur. Dans ce cas, la personne à l’origine du don doit faire partie de la famille du patient ou avoir tissé avec lui un lien affectif étroit et stable depuis au moins deux ans.

État des lieux de la greffe en France

D’après les données de l’Agence de biomédecine, 5 805 greffes ont été réalisées en 2018, dont 561 à partir de donneurs vivants. Cela ne suffit pas à répondre à tous les besoins, puisque 24 791 personnes sont toujours en attente d’une greffe. Il y a toutefois de bonnes raisons de rester optimistes : plus de huit personnes sur dix (82 %) se déclarent favorables au don d’organes et de tissus, un chiffre en hausse par rapport aux années précédentes.

Ce que dit la loi à propos du don

Une loi promulguée en 1976 établit, pour les dons post-mortem, le principe du consentement présumé. Cela signifie que l’équipe médicale peut effectuer des prélèvements sur le défunt, sauf si celui-ci a manifesté son opposition de son vivant. Plus récente, la loi de modernisation du système de santé de 2016 précise que les personnes qui refusent de donner leurs organes (soit environ 29 % de la population) peuvent s’inscrire sur le registre national automatisé des refus. Elles peuvent également faire part de leur choix dans un document écrit, daté et signé, puis remis à une personne de confiance qui pourra, en cas de décès, faire respecter leurs volontés. Enfin, l’opposition peut être formulée par oral à l’entourage proche. Elle fera ensuite l’objet d’une retranscription écrite qui sera conservée dans le dossier médical.

Campagne 2019 : cibler les jeunes et les personnes âgées

Dans un communiqué de presse, le collectif Greffes+ explique l’objectif de cette 19e édition : “alors que le nombre de donneurs a diminué en 2018 et que le nombre de patients en attente [de greffe] progresse, l’enjeu est important et nous devons tous réagir”. Deux catégories de personnes ne connaissent pas suffisamment les modalités de la loi en matière de don d’organes et ne se sentent pas concernées : les 16-24 ans et les plus de 60 ans. Afin d’atteindre ces populations, l’Agence de biomédecine mise sur un dispositif inédit :

  • diffusion du film « Tous donneurs » sur les plus grandes chaînes de télévision, les sites web fréquentés par les jeunes et lors des séances de cinéma ;
  • publications sur les réseaux sociaux (Facebook et Instagram principalement) avec le hashtag #tousdonneurs et incitation à partager les informations avec l’entourage proche ;
  • intégration de contenus éditoriaux et pédagogiques dans les revues et journaux les plus consultés par les personnes âgées.

À ces mesures viendra s’ajouter une campagne d’affichage dans les centres commerciaux et sur les tables et terrasses des bars et restaurants.

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