Don d’organes : “un lien qui nous unit”

Don d’organes : “un lien qui nous unit”

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Pour sa 21e édition, célébrée ce mardi 22 juin, la Journée nationale du don d’organes et de tissus avait pour objectifs de continuer à faire progresser la connaissance de la loi et de permettre au plus grand nombre de comprendre l’importance de la mobilisation, grâce au slogan “Un lien qui nous unit”. Organisée par l’Agence française de la biomédecine et symbolisée par un ruban vert, cette journée est d’autant plus essentielle cette année, l’épidémie de Covid ayant fait chuter de 25 % le nombre de greffes.

Le processus du don et de la greffe

En France, des milliers de personnes vivent avec un organe greffé, en conservant une vie normale. Les organes les plus transplantés sont le rein, le foie et le cœur. La greffe est une technique médicale de mieux en mieux maîtrisée, et dont les résultats ne cessent de s’améliorer avec les années. En témoigne la récente greffe d’utérus à partir de donneuse vivante ayant abouti à la naissance d’un bébé. Du prélèvement de l’organe à la greffe en elle-même, le protocole implique un grand nombre d’acteurs. Dans la majorité des cas, le greffon est prélevé sur un donneur décédé, mais il est tout à fait possible de faire un don d’organes de son vivant, sans limite d’âge ni carte de donneur. Dans cette situation, la personne à l’origine du don doit faire partie de la famille du receveur, ou avoir tissé avec lui un lien affectif étroit et stable depuis au moins 2 ans.

État des lieux de la greffe en France

D’après les données récoltées par l’Agence de biomédecine, 5901 greffes ont été réalisées en 2019 (+ 25 % en 8 ans). Le rein reste le principal organe concerné, avec 3643 greffes. Viennent ensuite le foie (1355), le cœur (425), les poumons (384) et le pancréas (107). Toutefois, cela ne suffit pas à répondre aux besoins, puisque 26 116 personnes étaient toujours en attente d’une greffe en 2019. Malgré ce déséquilibre, il y a de bonnes raisons de rester optimistes, puisque près de 7 personnes sur 10 se disent favorables au don d’organes et de tissus.

Ce que dit la loi à propos du don

Au nom de la solidarité, une loi de 1976 établit le principe du consentement présumé pour les dons post-mortem. Cela signifie que l’équipe médicale peut effectuer des prélèvements sur le corps du défunt, sauf si celui-ci a manifesté son opposition de son vivant. En 2016, la loi de modernisation du système de santé précise que les personnes qui ne veulent pas donner leurs organes, soit 30,5 % de la population, peuvent s’inscrire sur le registre national de refus (RNR). Elles peuvent aussi faire part de leur choix dans un document écrit, daté et signé, puis remis à une personne de confiance qui pourra, en cas de décès, le remettre aux soignants afin de faire respecter les volontés du défunt. Finalement, l’opposition au don peut être formulée oralement à l’entourage proche. Elle doit ensuite faire l’objet d’une retranscription écrite conservée dans le dossier médical.

Une campagne orientée vers les jeunes et les seniors

Comme en 2019, la campagne de sensibilisation au don d’organes et de tissus cible avant tout les jeunes et les seniors. En effet, il s’agit des populations les moins bien informées sur le sujet. Pour atteindre les jeunes, l’accent est mis sur les réseaux sociaux, avec notamment la mobilisation des comptes Facebook et Instagram “Don d’organes et de tissus”. En parallèle, une opération spéciale est menée avec le compte Facebook “Wanted Community”, qui constitue le plus grand groupe européen sur le réseau social, affichant plus de 1 million de membres. Ce compte partage, entre autres, des posts créés spécialement pour la campagne, ainsi que des témoignages de personnes ayant bénéficié d’une greffe d’organes. Hugo Travers, créateur de la chaîne YouTube “HugoDecrypte” et suivi par plus de 1 million d’abonnés, diffuse également du contenu sur ses réseaux sociaux.

Les médias traditionnels ont également leur place dans la campagne. La presse nationale, par exemple, cible les seniors, qui n’ont pas toujours conscience d’être concernés par le sujet du don d’organes et ont une mauvaise connaissance de la législation, 41 % des personnes âgées de plus de 65 ans se disant sous-informés.

Enfin, la campagne 2021 marque le retour du film “Pourquoi ?”, diffusé pour la première fois en octobre 2020. Valorisant la chaîne allant du don à la greffe, ce film a été rediffusé le 22 juin, et le sera pendant tout l’été. Du 5 juillet au 22 août, vous pourrez ainsi le (re)découvrir sur de nombreuses chaînes de télévision.

 

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