Don d’organes : encourager la réflexion

Don d’organes : encourager la réflexion

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Ce vendredi 22 juin 2018 marque la 18e édition de la Journée de réflexion sur le don d’organes et la greffe, organisée par l’Agence française de biomédecine en collaboration avec les établissements hospitaliers et les associations. Une campagne nationale a été lancée et des animations ainsi que des colloques sont organisés sur tout le territoire afin de sensibiliser la population et encourager l’échange autour de cet enjeu de santé publique.

Le principe de la greffe

En France, plus de 57 000 personnes vivent avec un organe greffé et 75 % d’entre eux ont retrouvé une vie tout à fait normale. Une situation rendue possible grâce à la greffe d’organes, une technique de mieux en mieux maîtrisée et dont les résultats ne cessent de s’améliorer. Un grand nombre d’acteurs se mobilise à chaque intervention, du prélèvement au suivi post-opératoire en passant par l’implantation.

Cette journée de réflexion a pour objectif de rappeler le fait que chacun est un donneur et un receveur potentiel. Aujourd’hui, la loi indique que chaque individu est considéré comme étant donneur à moins qu’il n’ait exprimé clairement de son vivant son refus d’être prélevé. Ce principe du consentement présumé s’appuie sur la solidarité mais peut parfois se révéler problématique pour les familles.

En effet, la plupart des organes et des tissus greffés (cœur, poumons, cornées, os, tendons, etc.) sont prélevés sur des personnes décédées après accord de leurs proches. Dans certains cas, l’entourage ne sait pas quelle décision prendre car la question n’a pas eu l’occasion de se poser. D’où l’intérêt d’échanger sur le sujet du don d’organes avec sa famille et d’exprimer son choix personnel.

Des situations parfois préoccupantes

La sensibilisation de la population au don d’organes est devenue nécessaire pour éviter certaines situations préoccupantes. Prenons un exemple : à Caen, le délai d’attente avant une greffe de rein est de 13 mois tandis qu’il atteint 45 mois à Nancy. Cet écart de 32 mois s’explique par l’association de deux facteurs : la Lorraine est particulièrement touchée par l’insuffisance chronique terminale dont le traitement consiste en une greffe de rein à partir d’un donneur vivant ou décédé mais est également confrontée à un important manque de donneurs.

En effet, tout le monde ne sait pas que le don d’organes peut s’effectuer de son vivant, principalement pour le rein et le foie. Il est donc indispensable d’améliorer les campagnes de sensibilisation pour rappeler le sens et l’objectif du don d’organes qui est d’améliorer le quotidien de nombreux malades et de sauver des vies.

Greffe de peau autorisée entre vrais jumeaux

Il existe aussi des points positifs et des avancées importantes en matière de dons d’organes et de greffe. Ainsi, un décret paru le 10 juin dernier au Journal officiel a donné un cadre juridique à une situation rarissime : la greffe de peau à partir d’un donneur vivant.

Ce progrès fait suite à une intervention réalisée en 2016 et dévoilée par les chirurgiens un an plus tard. Un homme brûlé sur la quasi-totalité du corps et condamné à mourir avait alors été sauvé par une greffe de peau provenant de son frère jumeau homozygote (vrai jumeau).

Le décret publié le 10 juin énonce les différentes conditions et précise les situations qui pourront faire l’objet d’une telle intervention : le jumeau donneur doit être majeur et la greffe doit être réalisée en cas de lésions ou de brûlure étendue qui engage le pronostic vital du jumeau receveur. Le don entre vrais jumeaux présente l’avantage d’une absence de risque de rejet en raison du patrimoine génétique identique chez les deux individus.

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à consulter le site de l’Agence française de la biomédecine : https://www.agence-biomedecine.fr/.

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