Ebola : un vaccin expérimental testé en Ouganda

Ebola : un vaccin expérimental testé en Ouganda

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Alors qu’une épidémie sévit depuis un an en République Démocratique du Congo (RDC), les autorités sanitaires ougandaises ont annoncé ce lundi 5 août lancer l’essai d’un vaccin expérimental contre le virus Ebola. Un vaccin qui pourrait par la suite être utilisé au Congo voisin pour répondre aux besoins et tenter d’éradiquer ce qui constitue l’une des plus fortes épidémies dans l’histoire de la maladie.

Ebola : une maladie sans traitement

Le virus Ebola est un agent infectieux qui provoque, chez l’Homme et les autres primates, des fièvres hémorragiques. Le réservoir naturel du virus serait la chauve-souris. Le taux de létalité varie de 30 à 90 % en fonction des épidémies et de l’espèce virale en cause. Au Congo, plus de 1 800 personnes sont décédées depuis le mois d’août 2018. À l’heure actuelle, aucun médicament n’existe pour guérir ou prévenir Ebola. Malgré tout, la recherche avance et plusieurs traitements sont encore au stade de l’expérience ou en cours de développement. En 2013-2014, une très grande épidémie avait fait près de 11 000 morts en Afrique de l’ouest (Guinée, Liberia, Sierra Leone). La situation actuelle en RDC a été déclarée “urgence sanitaire de portée internationale” par l’Organisation mondiale de la santé.

Un deuxième vaccin pour faire face à l’épidémie d’Ebola

Le vaccin utilisé en Ouganda a été conçu par la société américaine Johnson&Johnson. Il s’agit du MVA-BN. D’après les informations délivrées par le Conseil de recherche médicale (MRC) du pays, l’essai devrait se dérouler sur une période de deux ans et l’expérimentation sera menée dans le district de Mbarara par des chercheurs ougandais soutenus par l’École d’hygiène et de médecine tropicale de Londres. En RDC, un autre vaccin expérimental est utilisé : le rVSV-Zebov, du groupe pharmaceutique Merck. L’OMS a cependant préconisé l’introduction d’un second vaccin pour faire face à l’épidémie d’Ebola. Le vaccin de Johnson&Johnson est considéré comme sûr. Il a été testé sur plus de 6 000 personnes en Europe, aux États-Unis et en Ouganda. Il n’a cependant pas encore été évalué dans un contexte épidémique.

Une vaccination “en anneau”

Dans un entretien accordé au magazine La Recherche, le docteur Éric D’Ortenzio, coordinateur du réseau REACTing porté par l’Inserm, parle d’un processus de vaccination “en anneau” incluant le personnel soignant. Ainsi, jusqu’à 800 personnes seront vaccinées. Les professionnels de santé bien sûr, mais également les personnels qui se trouvent en première ligne, au plus près des malades et des zones épidémiques : agents de nettoyage, équipes d’ambulanciers, services funéraires… En parallèle de cette vaccination contre Ebola, l’OMS recommande de ne pas fermer les frontières et de maintenir la collaboration entre la RDC et ses voisins. Le docteur Éric D’Ortenzio précise : “Si les frontières sont fermées, il y aura toujours des mouvements vers les pays proches, les gens prendront des routes non contrôlées, ce qui risque de répandre le virus. Il vaut donc mieux renforcer les contrôles aux frontières, afin de s’assurer qu’une personne atteinte du virus ne le transmettra pas dans un autre pays.”

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