Échapper au rhume grâce à la manipulation génétique ?

Échapper au rhume grâce à la manipulation génétique ?

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Avec le passage de l’été à l’automne, les virus vont commencer à refaire leur apparition. Le rhume, ou rhinopharyngite, est sans doute le plus répandu et celui que l’on attrape le plus facilement. Nez qui coule, sensation de nez bouché, maux de tête, fatigue… des symptômes bien connus dont on aimerait bien pouvoir se passer. Et si la solution se trouvait dans la manipulation génétique ? C’est l’hypothèse que des experts américains ont voulu mettre en avant dans une récente étude.

Virus du rhume : opération colonisation

Le virus du rhume appartient à la famille des entérovirus. Il provoque une infection bénigne, mais très contagieuse, et des symptômes gênants qui perdurent généralement durant sept à dix jours. Ce virus est extrêmement malin puisqu’il s’appuie sur certaines protéines présentes dans des cellules hôtes pour se multiplier et infecter d’autres cellules. En interagissant ainsi avec notre organisme, le virus du rhume le détourne à son avantage. C’est pour cela qu’il est particulièrement difficile d’y échapper lorsque des personnes de notre entourage tombent malades.

Bloquer le rhume en désactivant une protéine

Dans un article publié récemment dans la revue scientifique Nature Microbiology, des chercheurs américains ont révélé les résultats d’une étude inédite. Ils sont en effet parvenus à identifier et inactiver une protéine nécessaire à l’infection, et surtout à rendre des souris et des cellules pulmonaires humaines résistantes au virus du rhume. Cette protéine, la SETD3, est impliquée dans la contraction musculaire et constitue, selon Jan Carette (directeur de l’étude), “une excellente cible” pour le virus. Les chercheurs ont pu la désactiver chez des souris et dans des cellules humaines particulièrement sensibles. Ils ont alors constaté que, dans les deux cas, l’absence de SETD3 a empêché l’infection. D’autres virus de la même famille, dont ceux de la fièvre aphteuse et de la myélite flaccide aiguë (maladie semblable à la polio), ont également été bloqués.

Quelles conséquences à long terme ?

Si cette expérience paraît prometteuse, les auteurs de l’étude ont reconnu qu’ils ne connaissent pas les conséquences d’une telle désactivation sur le long terme. Les souris qui ont été utilisées ont survécu, sont en bonne santé et fertiles. Cependant, les femelles qui ont ensuite porté des petits n’ont pas été capables de les expulser normalement au moment de la naissance. Ce phénomène semble directement associé au fait que la protéine SETD3 est largement impliquée dans la contraction des muscles. La meilleure option, selon ces scientifiques américains, serait donc de fabriquer un médicament capable d’inhiber les échanges entre la protéine et le virus du rhume, ou de désactiver temporairement SETD3 en présence du virus.

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