Électrohypersensibles : l’Anses reconnaît leur souffrance

Électrohypersensibles : l’Anses reconnaît leur souffrance

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L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) explique dans un rapport, rendu public mardi 27 mars, que la souffrance des électrosensibles doit être prise en charge même s’il n’existe pas de «preuve» de lien entre ce syndrome et l’exposition aux ondes électromagnétiques.
Dans ce contexte, elle recommande une prise en charge adaptée des symptômes décrits par les patients. Cet avis marque une réelle avancée alors que l’existence même de l’électrohypersensibilité (EHS) fait débat au sein de la communauté médicale qui reste sceptique face aux symptômes handicapants dont souffrent les personnes qui se déclarent sensibles aux ondes électromagnétiques.

Maux de tête, troubles du sommeil, nausées, irritabilité, fourmillements dans les doigts ou encore problèmes cutanés : l’Anses répertorie de nombreux symptômes, plus ou moins courants, que les électrosensibles attribuent à leur exposition aux radiofréquences des téléphones portables, des antennes relais et au wifi.
L’Agence estime que les douleurs et la souffrance exprimées par ces personnes correspondent à une réalité vécue, les conduisant à adapter leur quotidien pour y faire face.

Une prise en charge adaptée est recommandée

Les électro-hypersensibles ont le sentiment de ne pas être écoutés. Le rapport met en effet en avant le « besoin de reconnaissance » de ces patients et leur « désir d’être pris au sérieux » lorsqu’ils consultent leur médecin.
L’Agence préconise donc une prise en charge adaptée des personnes concernées ainsi que la poursuite des recherches, notamment en mettant en place des études dont les conditions expérimentales prennent en compte les conditions de vie des personnes se déclarant EHS.

L’Anses conseille également de solliciter la Haute autorité de santé pour évaluer la pertinence de formuler des recommandations destinées aux professionnels de santé pour une prise en charge adaptée des personnes se déclarant EHS.
Pour Olivier Merckel, chef d’unité risques physique à l’Anses « La Haute autorité de santé pourrait sur le modèle de ce qu’elle a fait en 2011 pour la fibromyalgie, établir une sorte de guide des bonnes pratiques ».

Un effet “nocebo” possible mais pas exclusif

Les associations saluent cette avancée dans la reconnaissance des symptômes. « On ne parle plus d’un effet nocebo exclusif », a indiqué à l’AFP le président de l’association Robin des Toits, à la lecture du rapport.
L’effet nocebo, à l’inverse du placebo, est le fruit de la conviction qu’une substance, un médicament ou un facteur environnemental peut être nuisible.
L’Anses juge que cet effet « joue certainement un rôle non négligeable dans la persistance de l’EHS », mais n’exclut pas « une affection organique non identifiée ».

Les recommandations de l’Anses

Le rapport met au jour la grande complexité de la question de l’électrohypersensibilité, sachant qu’il n’existe pas, aujourd’hui de critères de diagnostic de l’EHS, et que la seule possibilité pour la définir repose sur l’auto-déclaration des personnes.
En effet, malgré les 40 experts mobilisés sur ce sujet pendant 4 ans, les connaissances scientifiques qui en découlent ne mettent pas en évidence un lien de cause à effet entre les symptômes dont souffrent les personnes et leur exposition aux ondes électromagnétiques.
C’est donc dans ce contexte que l’Agence recommande de poursuivre les travaux de recherche pour pallier « les limites méthodologiques » des recherches passées, et plaide pour de nouvelles études, avec de nouveaux protocoles.

  • En renforçant les interactions entre scientifiques et associations de personnes se déclarant EHS.
  • En soutenant la mise en place d’infrastructures de recherche adaptées à l’EHS, pour réaliser notamment des études de suivi à long-terme, et en veillant à ce que les conditions expérimentales soient contrôlées et prennent en compte les conditions de vie des personnes se déclarant EHS.
  • En pérennisant le financement de l’effort de recherche sur les effets sanitaires des radiofréquences.

Déjà en 2016, l’Anses avait estimé que que les ondes électromagnétiques émises par les téléphones portables, les tablettes tactiles ou les jouets connectés pouvaient avoir des effets sur les fonctions cognitives (mémoire, attention, coordination) des enfants.

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