Forte augmentation des cas d’hépatite E en France

Forte augmentation des cas d’hépatite E en France

197
0
<<<
>>>

Un rapport publié ce mardi 11 septembre par le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de Santé Publique France révèle la très nette augmentation des diagnostics d’hépatite E sur le territoire français entre 2002 et 2016. Cette maladie transmise majoritairement par l’alimentation peut être évitée en suivant certaines mesures préventives.

Un pic à partir des années 2000

Jusqu’à il y a une dizaine d’années, l’hépatite E était encore considérée comme une maladie peu fréquente en France. Elle était le plus souvent décelée chez des personnes ayant voyagé dans des pays où l’accès à l’eau potable et l’assainissement étaient peu maîtrisés. Mais d’autres voies de transmission ont été suspectées lorsque des personnes n’ayant pas quitté le territoire français ont été atteintes.

L’hépatite E est une infection autochtone (elle n’est pas apportée par des voyageurs extérieurs au pays) et peut se transmettre en buvant une eau contaminée par le virus VHE mais également en mangeant de la viande infestée peu ou pas cuite, notamment du foie de porc, du sanglier ou du cerf sous forme de charcuterie. Une mauvaise hygiène des mains avant la manipulation de ces aliments peut également contribuer à propager la maladie.

En 2002, 9 cas d’hépatite E avaient été répertoriés. Ce chiffre a ensuite considérablement grimpé pour atteindre 2 292 cas en 2016. Les hospitalisations ont par conséquent augmenté elles aussi, passant de 57 à 653.

Plus de connaissances et de sensibilisation

Cette « explosion » est due principalement à des tests plus efficaces et plus nombreux ainsi qu’à une plus grande sensibilisation des médecins à la présence de l’hépatite E en France. Son incidence est plus élevée dans certaines régions du sud comme l’Occitanie, la Provence-Alpes-Côte d’Azur et la Corse, qui consomment plus d’aliments à risque que les autres.

La surveillance effectuée par le Centre national de référence (CNR) des virus d’hépatites à transmission entérique permet également d’actualiser régulièrement les connaissances concernant l’hépatite E et donc de mieux la détecter.

Des risques élevés pour les plus faibles

Dans la grande majorité des cas (60 à 98 %), les personnes ayant contracté l’hépatite E présentent peu ou pas de symptômes. Les formes symptomatiques sont similaires à celles de l’hépatite A. Elles se manifestent après une période d’incubation de 40 jours en moyenne et entraînent de la fièvre, des nausées, une fatigue extrême, une perte de poids et des douleurs abdominales suivies parfois d’un ictère (coloration jaune de la peau plus communément appelée « jaunisse »). L’ensemble de ces symptômes évolue vers une résorption spontanée en 3 à 5 semaines.

Des formes chroniques ont été observées chez des personnes au système immunitaire affaibli, avec une évolution vers une cirrhose hépatique nécessitant dans certains cas une transplantation ou amenant au décès du patient. Le taux de létalité de la maladie a été fixé entre 1 et 4 %.

Attention à la cuisson !

Pour éviter d’être contaminé par le virus de l’hépatite E, la principale mesure de prévention consiste à cuire à cœur les aliments contenant du foie de porc, du sanglier ou du cerf. 20 minutes de cuisson à 71 ° C sont recommandées pour désactiver le virus.

Des discussions sont actuellement en cours concernant la mise en place d’un dépistage génomique viral systématique des dons de sang. La mesure pourrait être appliquée dès 2019 et permettrait de diagnostiquer des infections très récentes, avant même que les anticorps produits par l’organisme au contact du virus ne soient détectables.

Une étude publiée en début d’année a révélé d’autres données : chaque année en France, 59 300 cas d’hépatite E sont d’origine alimentaire, un peu plus de 500 personnes sont hospitalisées et 10 d’entre elles ne survivent pas. A l’échelle planétaire, plus de 20 millions de personnes sont concernées chaque année selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Laissez votre commentaire