Gays : le don du sang toujours soumis à l’abstinence

Gays : le don du sang toujours soumis à l’abstinence

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don de sang homosexuelsEn France, les homosexuels ou les hommes bisexuels (plus exactement, les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes) ne peuvent donner leur sang qu’à condition que leur dernier rapport sexuel remonte à plus d’un an. Une mesure prise en juillet 2016 par Marisol Touraine lorsqu’elle était encore ministre de la Santé. Avant cette décision, le fait d’avoir eu des relations homosexuelles représentait une contre-indication permanente.

Malgré cette ouverture, la contrainte reste forte pour les hommes concernés. La situation a d’ailleurs poussé un particulier et les associations Mousse, Stop homophobie, Comité Idaho France et Élus locaux à adresser une requête au Conseil d’État en vue de supprimer définitivement cette restriction. Mais, à leur grande déception, le Conseil d’État a rejeté cette demande le jeudi 28 décembre.

« Protéger la sécurité des receveurs »

Selon le Conseil, cette année d’abstinence actuellement imposée permet de « protéger la sécurité des receveurs lorsque les données scientifiques et épidémiologiques disponibles ne permettent pas d’écarter l’existence d’un risque ». Le Conseil d’État estime que la décision de la ministre de la Santé est fondée sur « le comportement sexuel » et non sur « l’orientation sexuelle » et que, par conséquent, elle ne peut être jugée comme une « mesure discriminatoire illégale ».

En dépit de ce rejet, une évolution ultérieure des conditions du don de sang n’est cependant pas exclue : « Les nouvelles conditions de don de sang permettront aux autorités sanitaires de disposer d’éléments d’appréciation supplémentaires dans la perspective d’une possible évolution des critères de sélection » ajoute le Conseil.

Les associations en colère

Face à cette décision, les associations réagissent : « Cette exclusion n’a aucun fondement scientifique » regrette dans un communiqué Stop homophobie « Nous sommes discriminés parce que nous faisons l’amour ».

Les associations ont, d’ores et déjà, annoncé être en train d’étudier « la possibilité de saisir le Cour Européenne, ayant tenté en vain l’abrogation de cette restriction auprès du ministère ».

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