Goût alcool : la tendance qui inquiète

Goût alcool : la tendance qui inquiète

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Si vous fréquentez régulièrement les supermarchés, vous n’êtes sans doute pas passé à côté de la mode du « goût alcool » : sodas, bonbons, glaces, sirops, yaourts… les industriels s’inspirent de cocktails populaires comme le mojito ou la piña colada pour proposer de nouveaux produits qui attirent de nombreux consommateurs, notamment les jeunes. Loin d’être anodine, cette nouvelle tendance inquiète les spécialistes et les associations, qui tirent la sonnette d’alarme.

Une banalisation de la consommation d’alcool

Laurent Karila, psychiatre et addictologue, dénonce le marketing dangereux mené par les industriels. En effet, ces produits regroupent tous les éléments pour attirer les enfants et les adolescents : noms exotiques, couleurs flashy, packaging attrayant, illustrations festives… Selon le professeur Amine Benyamina, président de la Fédération française d’addictologie, cela renvoie une image permissive et positive de l’alcool et inciterait les plus jeunes à en consommer lorsqu’ils atteignent l’âge adulte voire même avant. Ainsi, des chiffres révélés par le site alcooleaks.com indiquent qu’à l’âge de 11 ans, 1 jeune sur 2 (soit 49,8 %) a déjà goûté à une boisson alcoolisée.

Bien qu’étiquetés « sans alcool », ces produits ont un impact direct sur les neurones qui n’ont pas encore atteint leur maturité et ont pour effet de créer une accoutumance. Le risque, à terme, est de voir se développer une addiction à l’alcool. Or, la consommation abusive d’alcool constitue un véritable enjeu de santé publique et est à l’origine de près de 50 000 décès chaque année en France.

Des mesures préventives insuffisantes

Les spécialistes regrettent le manque de prévention autour de l’alcool et le laxisme du gouvernement concernant l’encadrement de la commercialisation des sucreries « goût alcool ». En effet, si les industriels se défendent de promouvoir la consommation d’alcool à travers leurs produits, la publicité reste bien présente et entourée d’ambiguïtés qu’il est nécessaire de signaler.

William Lowenstein, président de SOS Addictions, juge qu’il y a une sous-estimation des risques liés à la consommation d’alcool et que les produits « goût alcool » devraient porter la mention « L’abus d’alcool est dangereux pour la santé ». Cependant, les mesures restent faibles et le gouvernement ne prend pas position alors que les spécialistes émettent l’idée de l’instauration de taxes et d’un encadrement plus strict de la publicité.

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