Greffe d’utérus : une première mondiale au Brésil

Greffe d’utérus : une première mondiale au Brésil

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La revue scientifique The Lancet a révélé ce mardi 4 décembre un événement heureux qui pourrait créer une petite révolution en matière de don d’organes. Il y a un an environ, une jeune trentenaire a accouché d’une petite fille après avoir été greffée d’un utérus prélevé sur une donneuse décédée. Une première mondiale rendue possible par une étude menée à l’hôpital de São Paulo au Brésil.

Née sans utérus

Atteinte du syndrome de Mayer-Rokitansky-Küster-Hauser, la jeune femme est née sans utérus. Selon les estimations, cette pathologie toucherait une femme sur 4 500. Dans le cadre de l’étude, elle a pu bénéficier d’une greffe d’utérus en septembre 2016. L’organe, prélevé sur une donneuse décédée à l’âge de 45 ans suite à un accident vasculaire cérébral (AVC), a été transplanté après 10 h 30 d’opération. Pour limiter au maximum les risques de rejet, la receveuse a ensuite suivi un traitement immunosuppresseur.

Une grossesse inespérée

Cinq mois seulement après la transplantation, la jeune femme a des règles normales. Une fécondation in vitro (FIV) est réalisée à sept mois post-greffe et aboutit à l’implantation d’un embryon. Contre toute attente, celui-ci se développe et la grossesse se déroule sans complications. Pour plus de sécurité, les médecins choisissent de programmer une césarienne à 36 semaines de gestation. Le bébé est en parfaite santé et pèse 2,5 kilos. L’utérus greffé est retiré après la délivrance afin de permettre l’arrêt du traitement immunosuppresseur. La petite fille et sa maman quittent l’hôpital trois jours après la naissance. Depuis, les médecins ont donné des nouvelles très positives, précisant qu’elles se portent toujours très bien.

L’espoir pour les couples infertiles

C’est la première fois qu’une greffe d’utérus à partir d’une donneuse décédée se conclut par une naissance. Toutes les tentatives étaient jusqu’à présent restées sans succès. Parallèlement, 39 transplantations impliquant une donneuse vivante ont été réalisées dans le monde depuis 2013, dont 11 ont permis une grossesse puis la naissance d’un enfant. Pour le professeur Dani Ejzenberg, principal auteur de l’étude brésilienne, cette récente réussite devrait « offrir une nouvelle option aux femmes souffrant d’une infertilité d’origine utérine ».

Le professeur Andrew Shennan, obstétricien au Kings College de Londres, rajoute que « cela permettrait aux femmes qui ne peuvent concevoir un bébé du fait d’un utérus défaillant de porter leur propre enfant, plutôt que de dépendre de donneurs vivants, ou de recourir à l’adoption ou à une mère porteuse ». Dans le monde, 1 femme sur 500 est atteinte d’une anomalie de l’utérus et l’infertilité touche 10 à 15 % des couples en âge d’avoir des enfants.

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