Handicap : que retenir des annonces du gouvernement ?

Handicap : que retenir des annonces du gouvernement ?

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En 2021, 1 Français sur 5 se trouve en situation de handicap, ce qui représente environ 12 millions de personnes. Depuis plusieurs années, leurs conditions de vie se sont profondément dégradées, les exposant à la précarité. La crise sanitaire, et le récent refus de l’individualisation de l’allocation adulte handicapé (AAH), n’ont pas arrangé les choses. Réuni le 5 juillet au ministère de la Santé, le comité interministériel du handicap (CIH) a confirmé la mise en place de mesures visant à améliorer la vie quotidienne des personnes handicapées, notamment en termes d’inclusion dans la société.

Quatre objectifs phares

Composé d’une dizaine de ministres et secrétaires d’État et de représentants d’associations, le CIH intervient tous les 6 mois à la demande du Premier ministre. Pour cette cinquième réunion sous la mandature d’Emmanuel Macron, Jean Castex et Sophie Cluzel (secrétaire d’État au handicap) ont insisté sur le fait que la pandémie a renforcé leur “détermination à améliorer le quotidien des personnes [handicapées] et de leurs familles, dans tous les aspects de leur vie”. Pour atteindre cet objectif, le CIH a présenté un plan articulé autour de 4 grands axes : repérer, simplifier, accompagner, transformer. Pour chacun d’entre eux, des mesures ont retenu l’attention :

  • créer des plateformes pour identifier l’autisme chez les plus jeunes générations ;
  • attribuer l’AAH à vie à 135 000 individus, et la carte mobilité inclusion à 1,2 million de personnes handicapées (à vie également) ;
  • valoriser l’engagement des aidants et renforcer leur accompagnement en proposant de nouvelles solutions de répit et de soutien ;
  • miser sur l’éducation et la formation pour favoriser l’insertion sociale et professionnelle, ainsi que l’émancipation ;
  • transformer les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH).

Journée de mobilisation et campagne de sensibilisation

Pour les associations, ces annonces ne sont pas suffisantes. Elles appellent donc à une journée de mobilisation qui devrait se tenir le 16 septembre dans tout le pays. Cette journée sera suivie par le lancement, à la mi-octobre, d’une grande campagne nationale de sensibilisation sur le handicap (la première depuis 2006). Son but est de “faire évoluer les représentations et lever les préjugés” et d’amorcer une transformation sociétale profonde.

Par ailleurs, la France prendra la présidence de l’Union européenne le 1er janvier 2022, avec la promesse d’enrichir la stratégie portant sur les droits des personnes handicapées. L’accent sera plus précisément mis sur la mobilité des étudiants et l’emploi.

La scolarité des enfants handicapés

En septembre, plus de 400 000 élèves en situation de handicap devraient être scolarisés avec, à leurs côtés, 125 000 accompagnants (AESH), dont le nombre a augmenté de 35 % entre 2017 et 2021. Toutefois, cette augmentation du recrutement reste peu perceptible et ne suffit pas à répondre aux demandes. Ainsi, plusieurs élèves seront contraints de faire leur rentrée plus tard que les autres élèves, en attendant d’avoir un AESH. De plus, des disparités départementales persistent concernant le nombre d’heures d’accompagnement pour des élèves ayant le même handicap. Face à cette situation, il est essentiel pour le CIH de recruter davantage d’accompagnants. En parallèle, tous les nouveaux enseignants seront formés aux besoins éducatifs particuliers des enfants en situation de handicap.

Des changements à venir pour les travailleurs handicapés

Dans le domaine de l’emploi, on note le changement de nom des Esat, qui deviennent des établissements et services d’accompagnement par le travail (et non plus d’aide par le travail). Au nombre de 1 500, ils accueillent 120 000 travailleurs en situation de handicap. Au cours des prochains mois, diverses mesures les concerneront directement. Tout d’abord, l’enjeu est de rapprocher les droits des travailleurs d’Esat de ceux des salariés en leur donnant accès, par exemple, à des congés exceptionnels, une complémentaire santé, une prime exceptionnelle de pouvoir d’achat (PEPA), des formations, etc. D’autres dispositions viseront à fluidifier les parcours professionnels et l’évolution des travailleurs entre l’Esat, l’entreprise adaptée et l’entreprise dite ordinaire. Enfin, possibilité sera donnée à ceux qui le souhaitent de cumuler un temps partiel en Esat et un temps partiel en entreprise, favorisant ainsi les nouvelles expériences et l’inclusion professionnelle.

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