Jeux vidéo : une drogue aux multiples dangers

Jeux vidéo : une drogue aux multiples dangers

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Passer la plupart de son temps devant un écran à jouer à des jeux vidéo peut avoir des conséquences plus ou moins graves pour la santé des joueurs. À la longue, cela peut même se transformer en véritable addiction, comme pour la cigarette, l’alcool ou les jeux d’argent. Incapables de se contrôler, les joueurs deviennent alors dépendants et ont besoin de leur « dose » pour calmer leur pulsion.

Des conséquences graves pour le quotidien et la santé

Initialement destinés à divertir les joueurs, les jeux vidéo peuvent présenter certains dangers lorsqu’ils sont utilisés de façon abusive ou intensive, c’est-à-dire lorsqu’un joueur passe des jours et des nuits devant son écran, quitte à en oublier de manger ou de dormir, et cela sur une longue période.

Le risque le plus évident est d’abord l’appauvrissement de la vie sociale. Un joueur addict n’a plus le temps et l’envie de voir ses proches. Il préfère consacrer ses journées et/ou ses nuits à jouer. Ses coéquipiers et adversaires virtuels deviennent alors sa nouvelle « famille ». Cela peut aussi perturber la vie affective et sexuelle, puisque le ou la partenaire passe en second plan, après les jeux vidéo.

Une dépendance aux jeux vidéo entraîne aussi parfois un décrochage scolaire ou professionnel lié au manque d’investissement du joueur dans la vie réelle. Les conséquences ne se font généralement pas attendre : redoublement, échec scolaire, baisse de productivité, licenciement, etc. Les pédopsychiatres ont d’ailleurs noté une explosion des consultations pour ces motifs ces dernières années.

Au niveau de la santé, les risques sont également bien réels : manque de sommeil, grignotage, sédentarité, … Les jeux vidéo ne favorisent pas une bonne hygiène de vie en général. En outre, les heures passées devant un écran peuvent causer des maux de tête, une rigidité de la nuque ou encore une sécheresse oculaire. Sur le long terme, la situation risque de provoquer des séquelles comme une tendinite ou autre syndrome du canal carpien. Dans les cas les plus graves, le joueur peut littéralement « se laisser mourir » : certains joueurs compulsifs sont, en effet, morts d’épuisement, faute d’avoir fait des pauses.

Une maladie mentale reconnue par l’OMS

Face aux dangers qu’elle représente, la dépendance aux jeux vidéo a été reconnue comme une maladie mentale à part entière par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ce lundi 18 juin 2018, dans la 11ème révision de la Classification internationale des maladies (CIM-11).

L’OMS caractérise le trouble du jeu vidéo par « une perte de contrôle sur le jeu, une priorité accrue accordée au jeu, au point que celui-ci prenne le pas sur d’autres centres d’intérêt et activités quotidiennes, et par la poursuite ou la pratique croissante du jeu en dépit de répercussions dommageables ». Le diagnostic de ce comportement extrême est établi lorsque les conséquences sur les « activités personnelles, familiales, sociales, éducatives, professionnelles se manifestent clairement sur une période d’au moins 12 mois ».

Cette reconnaissance de la maladie ouvre la voie à une meilleure prise en charge des malades, voire à un remboursement des frais médicaux nécessaires pour se soigner.

Jeux vidéo : faut-il tout stopper ?

Toutefois, il ne faudrait pas diaboliser les jeux vidéo trop vite. L’OMS rappelle que l’addiction aux jeux vidéo ne concerne qu’une « petite minorité » des joueurs. Il n’y a donc rien de mal à jouer une fois de temps en temps à la console ou à des jeux en ligne pour se divertir. Certains spécialistes estiment d’ailleurs que les jeux vidéo peuvent parfois être bénéfiques pour certains jeunes, lorsque le jeu reste contrôlé et dans le cadre d’un mode de vie sain.

Des chercheurs vont même plus loin et imaginent des jeux vidéo destinés à lutter contre les troubles mentaux. Récemment, des scientifiques ont mis au point une technologie visant à atténuer l’impact des hallucinations auditives chez les schizophrènes. Développée pour le jeu vidéo Assassin’s Creed Odyssey, cette thérapie « en réalité virtuelle » pourrait permettre d’améliorer la qualité de vie des patients jouant aux jeux vidéo, comme le révèle le magazine L’actualité.

Que faire en cas d’addiction aux jeux vidéo ?

Lorsque le jeu ne relève plus du plaisir, mais bel et bien de l’addiction, il est nécessaire que le joueur soit accompagné par un professionnel, généralement un psychologue. Une thérapie est alors mise en place pour mieux comprendre les motifs de la dépendance et réduire le temps de jeu, petit à petit.

Lorsque le joueur addict est un pré-adolescent ou un adolescent, la place des parents est déterminante. Il est de leur rôle d’engager le dialogue et de tirer la sonnette d’alarme avant que la dépendance ne s’installe.

Grâce à la reconnaissance de l’OMS, la prise en charge des joueurs dépendants devrait peu à peu s’améliorer en France. Pour l’heure, les joueurs et leur famille sont invités à contacter Drogues Info Service par téléphone au 0 800 23 13 13 (appel gratuit depuis un fixe) ou par chat directement sur le site www.drogues-info-service.fr

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