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Journée de la femme : ces femmes de sciences qui ont marqué l’Histoire

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Nous avons tous déjà entendu parler de Marie Curie. Mais savez-vous que de nombreuses autres femmes exceptionnelles sont à l’origine de progrès scientifiques décisifs ? Et cela dans des domaines aussi variés que la paléontologie, la physique ou encore la médecine. À l’occasion de la journée internationale des droits de la femme, Pharma GDD fait les portraits de ces dames qui ont marqué l’Histoire de la Science.

Agnodice la 1re Femme médecin et gynécologue de la Grèce antique

Agnodice, femme d’Athènes, qui, par son savoir et les services qu’elle rendit à son sexe, donna lieu, dit-on, à un changement important dans la législation des Athéniens relativement à l’exercice de la médecine. Issue de la haute société athénienne, la brillante, Agnodice est frustrée par l’interdiction faite aux femmes d’étudier. Encouragée par son père, elle se coupe alors les cheveux, raccourcit sa tunique pour qu’elle paraisse semblable à celle des hommes, et devient le valeureux Miltiade, afin de pouvoir suivre les cours, notamment auprès du célèbre médecin Hérophile, auteur d’un “Livre des Sages-femmes”. De retour à Athènes les malades affluent, son succès est rapide et sa réputation excite la jalousie des autres médecins. Ils l’accusèrent devant le tribunal athénien de profiter de son métier pour séduire et corrompre les femmes mariées, Agnodice dévoile alors qu’elle est une femme. Sous la pression de la foule, les magistrats acquittent Agnodice et lui permirent de continuer à exercer la médecine. L’année suivante le conseil athénien modifiera la loi et autorisera les femmes à étudier la médecine.

Alice Hamilton, médecin et pionnière dans les recherches en maladies professionnelles

En 1883, après avoir obtenu son doctorat en médecine à l’Université du Michigan, Alice Hamilton s’intéresse aux conditions de travail, notamment dans les entreprises qui utilisent du plomb, du mercure et des substances toxiques. La médecin décide d’en faire son sujet d’étude. À partir de ses recherches, elle crée un tableau récapitulant les maladies qui résultent de l’exposition à ces produits dangereux : coliques, crampes et perte de poids causées par le plomb, etc. Son travail la mène au Comité de santé de la Société des Nations. Alice Hamilton a été la première femme nommée professeur de faculté à l’Université Harvard et a été chef de file dans le domaine de la santé et sécurité au travail.

Marie Curie, Prix Nobel et physicienne franco-polonaise

La scientifique d’origine polonaise a étudié à la Sorbonne, où elle est devenue chef du laboratoire de physique au début des années 1900 et a été pionnière de la recherche sur la radioactivité. Marie Curie se penche sur le phénomène de rayonnement. Manipulant un minerai riche en uranium, elle tente d’y découvrir l’origine précise des radiations. Avec son époux Pierre Curie, ils consacrent une grande partie de leur temps à leurs travaux, dans un petit hangar transformé en laboratoire. En 1898, ils annoncent la découverte de deux éléments radioactifs alors inconnus : le polonium et le radium. En 1903, Marie Curie présente sa thèse sur les substances radioactives et reçoit, en même temps que son mari et Henri Becquerel, le prix Nobel de physique. En 1911, elle obtient un second Prix Nobel, cette fois-ci en chimie, pour ses travaux sur le polonium et le radium. Elle est la première femme à recevoir un tel prix.

Lise Meitner, physicienne

Née à Vienne en1878, Lise Meitner est encouragée par son père à poursuivre de hautes études, la jeune fille finit par entrer à l’Université de sa ville, où elle commence à étudier la physique, la chimie, les mathématiques et la botanique. Tenace et travailleuse, Lise Meitner finit, en 1905, à la plus haute place de sa promotion de doctorants grâce à un travail sur la conduction de la chaleur dans les solides inhomogènes. Sa condition de femme n’aura pas raison de sa détermination et la physicienne s’initie à l’étude de la radioactivité.
C’est à Berlin, avec les chimistes Otto Hahn et Fritz Strassman, qu’elle s’impliquera dans le « projet uranium », qui découvrira la fission nucléaire, quelques années plus tard.
En 1944, Otto Hahn reçoit le prix Nobel de chimie, en partie pour son aide au projet Manhattan, qui aboutira à la mise au point de la bombe nucléaire. Injustement ignorée par le comité du prix, la physicienne était cependant estimée de ses confrères et reçut de nombreuses autres distinctions.

Virginia Apgar, médecin anesthésiste

Virginia Apgar est née le 7 juin 1909 à Westfield (New Jersey) aux États-Unis. Elle a commencé des études de chirurgienne, puis se dirigera vers l’anesthésiologie. Elle a ensuite été nommée directrice du département d’anesthésiologie de l’université, devenant ainsi la première femme responsable d’un département dans l’histoire de l’université. En 1952, Virginia Apgar, qui exerçe dans un service d’obstétrique, travaille sur les effets de l’anesthésie obstétricale sur le nouveau-né c’est-à-dire aux effets de l’anesthésie donnée à la mère pendant l’accouchement. Elle développe une méthode d’évaluation de l’état de santé d’un nouveau-né, qui est ensuite devenu le score d’Apgar. Il s’agit de la méthode standard d’évaluation de l’état clinique du nourrisson dès les premières secondes de sa vie aérienne. Ce test évalue les constantes vitales 30 secondes à une minute après la naissance : la fréquence cardiaque, la respiration, le tonus, la réactivité et la coloration des téguments : chacun de ces éléments est noté de 0 à 2 selon une grille donnée. Des années après son invention, le test d’Apgar est pratiqué systématiquement à la naissance et sa fiabilité n’est pas remise en cause. En 1973, Virginia Apgar est devenue la première femme décorée de la médaille d’or de médecine de Columbia.

Mary Anning, paléontogue

La vocation de Mary Anning a été scellée à l’âge de 12 ans lorsque son petit frère et elle découvrent le premier fossile complet d’un Ichtyosaure, un reptile marin âgé de 200 millions d’années. Ils tombèrent d’abord sur un crâne de 120 cm de long et crurent tout d’abord que c’était la tête d’un crocodile, mais l’œil était trop gros. Plusieurs mois plus tard, Mary découvre le reste du squelette au même endroit. Il est alors revendu au célèbre collectionneur londonien William Bullock.
Cette importante découverte fut publiée dans Philosophical Transactions of the Royal Society en 1814 par Sir Everard Home qui fournit une description et un dessin du fossile qui n’avait pas encore de nom. C’est le conservateur du British Museum qui lui donne le nom Ichtyosaurus ou poisson lézard quand il en fait l’acquisition.
Mary Anning reçut le respect de ses pairs en 1830 lorsque la British Association for the Advancement of Science lui octroya une rente annuelle grâce à la bienveillance de son ami William Buckland, paléontologue et géologue.
Quand elle tombe gravement malade, la Société Géologique de Londres organisa une souscription auprès de ses membres pour subvenir à ses dépenses et le tout jeune musée du comté du Dorset la fit membre honoraire.
Le naturaliste Louis Agassiz, particulièrement impressionné par sa rencontre avec Mary, nomma deux espèces de poissons fossiles de son nom, Acrodus anningiae et Belenostomus anningiae.

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