Journée internationale des sages-femmes

Journée internationale des sages-femmes

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En novembre 2020, Anna Roy, sage-femme, livrait sur Instagram un témoignage fort sur les conditions particulièrement difficiles d’une garde effectuée en maternité. Quelques jours plus tard, la pétition “1 femme = 1 sage-femme” était lancée, alertant sur le manque de personnel et son impact sur les conditions en salles de naissance et dans les services de suites de couches. Aujourd’hui, la Journée internationale des sages-femmes est l’occasion de mettre leur profession à l’honneur, mais aussi de rappeler leurs revendications.

“Investissez dans les sages-femmes”

La Journée internationale des sages-femmes a été créée en 1992 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette année, elle repose sur un thème affiché sur tous les outils de communication : “Les chiffres parlent d’eux-mêmes : investissez dans les sages-femmes”. Les chiffres dont il est question sont issus du rapport SoWMy 2021 (State of the world’s midwifery), co-dirigé par 3 organismes, dont l’OMS et la Confédération internationale des sages-femmes (ICM). Dès les premières pages, le rapport avance le fait qu’une couverture universelle de soins dispensés par les sages-femmes permettrait, d’ici 2035, de sauver près de 4,3 millions de vies en évitant :

  • 67 % des décès maternels ;
  • 64 % de la mortalité néonatale ;
  • 65 % de la mortalité périnatale (décès in utero ou à la naissance, intervention médicale de grossesse).

Des compétences au-delà de la grossesse

En France, les sages-femmes sont bien installées, que ce soit dans le secteur hospitalier, les centres de Protection maternelle et infantile (PMI) ou en libéral. Toutefois, leur champ de compétences est encore mal connu. En effet, bon nombre de personnes pensent qu’il se limite à la grossesse et à l’accouchement. Or, les sages-femmes peuvent être sollicitées dans beaucoup d’autres situations et répondre à de nombreux besoins.

Ainsi, elles sont en mesure d’assurer le suivi du nourrisson en effectuant notamment la pesée et en délivrant des conseils sur les soins à effectuer, le sommeil ou encore l’allaitement. Depuis une réforme de 2009, elles effectuent également le suivi gynécologique et peuvent prescrire une contraception, incluant la pose de dispositif intra-utérin (DIU) et d’implant. Les sages-femmes sont habilitées à prescrire et administrer des vaccins aux femmes enceintes, en particulier le vaccin contre la grippe et, depuis avril 2021, le vaccin contre le Covid. Elles peuvent aussi réaliser les interventions volontaires de grossesse (IVG) médicamenteuses depuis 2016. Enfin, il est possible de consulter une sage-femme dans le cadre de la rééducation périnéo-sphinctérienne. Toutes les femmes peuvent en avoir besoin, à n’importe quel âge, que ce soit après une grossesse ou à la ménopause par exemple.

Appel à la grève et au rassemblement

En ce 5 mai, les sages-femmes se mobilisent et appellent à une journée de grève et de rassemblement afin de faire entendre leurs revendications. Celles-ci portent sur différents points :

  • la mise en place du rôle de “référente de parcours” pour le suivi de grossesse (en milieu hospitalier essentiellement) ;
  • la valorisation de la rémunération des sages-femmes ;
  • l’élargissement de l’information autour de l’importance de l’entretien post-natal, un temps d’échange proposé au couple accompagné du nouveau-né afin de répondre aux questions et détecter précocement la dépression du post-partum ;
  • la reconnaissance de l’accompagnement global effectué par les sages-femmes libérales exerçant en plateau technique, en maison de naissance et à domicile ;
  • l’ouverture des plateaux techniques aux sages-femmes libérales avec l’instauration de conventions types et d’aides pour financer les assurances ;
  • la création d’un poste de “sage-femme conseil” à l’Assurance maladie pour améliorer la prise en charge de la santé des femmes.

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