Journée mondiale contre le cancer : idées reçues et avancées

Journée mondiale contre le cancer : idées reçues et avancées

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Chaque année, 385 000 nouveaux cas de cancers sont détectés en France. A l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer qui a lieu ce lundi 4 février 2019, nous faisons le point sur les principales idées reçues qui entourent encore cette maladie. Pour cela, nous nous appuyons sur l’ouvrage Quand une cellule déraille, publié par Filip Lardon, professeur à la faculté de médecine et sciences de la santé de l’université d’Anvers (Belgique) et chef de service du Laboratoire de Recherche sur le Cancer. Nous exposons également les dernières avancées, et plus particulièrement l’immunothérapie.

Le cancer peut toucher n’importe qui et n’importe quelle partie du corps : VRAI

Selon les spécialistes, le risque de cancer est présent chez chaque individu et dans chaque zone du corps où la division cellulaire est possible. Avec l’âge, le risque augmente et on estime qu’une personne sur trois sera concernée au cours de sa vie. Certains tissus et organes sont plus sensibles que d’autres. Chez la femme, les cancers du sein, de l’intestin, de l’utérus et de la peau sont plus fréquents. L’homme est quant à lui plus touché par les cancers de la prostate, du poumon, du rectum et du côlon. Notons que le risque de développer un cancer est plus élevé chez l’homme que chez la femme : entre 30 et 35 % contre 25 %.

Le cancer est une maladie du XXIe siècle : FAUX

Bien évidemment, le cancer ne date pas d’aujourd’hui mais existe depuis des milliers d’années. Le nombre de cas est en augmentation en raison du vieillissement croissant de la population et des changements survenus au niveau des habitudes de vie. Des facteurs comme le tabac, la sédentarité, l’obésité et la pollution environnementale, beaucoup plus présents de nos jours, accentuent les risques par rapport aux siècles précédents.

On ne peut jamais savoir si l’on est atteint d’un cancer : FAUX

D’après Filip Lardon, plusieurs symptômes permettent de suspecter la présence d’une pathologie maligne. Une toux persistante et une voix rauque chez un fumeur ou un ancien fumeur peut faire penser à un cancer du poumon. Chez l’homme, des troubles urinaires sont parfois un signe avant-coureur de cancer de la prostate. L’apparition d’un nouveau grain de beauté ou la transformation d’un grain de beauté déjà présent doit amener à consulter rapidement pour écarter un éventuel cancer de la peau. Ces signaux d’alarme ne sont pas nécessairement synonymes de cancer mais doivent encourager la personne concernée à consulter un médecin et à faire des examens approfondis.

Le cancer est inévitable : FAUX

La majorité des cancers est liée à des facteurs externes associés à des conditions de vie particulières. Des mesures de prévention sont de plus en plus préconisées, parmi lesquelles le fait d’adopter un mode de vie sain et d’éliminer les facteurs favorisants comme le tabagisme, l’alcool et l’exposition au soleil sans protection. Conserver un poids normal et pratiquer une activité physique régulière contribue également à la prévention du cancer. Plus de 50 % des cancers pourraient ainsi être évités.

On ne guérit jamais complètement d’un cancer : FAUX

Aujourd’hui, les outils de dépistage et les différentes méthodes de prise en charge participent à améliorer nettement les taux de guérison. Après un traitement, les contrôles sont maintenus car le risque de récidive perdure pendant plusieurs années. S’il n’y a aucune rechute dans les 5 ans, on peut alors parler de rémission.

Immunothérapie : l’espoir pour les malades

Avant la Seconde Guerre mondiale, deux techniques étaient utilisées pour soigner le cancer : la chirurgie, pour retirer la tumeur, et la radiothérapie, pour réduire la tumeur et détruire les cellules cancéreuses. A l’époque, seuls 20 % des patients étaient guéris. Vint ensuite la découverte de la chimiothérapie, une méthode qui empêche les cellules cancéreuses de se multiplier. Grâce à cette innovation, le taux de guérison a atteint 50 % pour augmenter ensuite de manière constante. A la fin des années 1990, les thérapies ciblées sont apparues. Plus précises et moins nocives que la chimiothérapie, elles ciblent uniquement les cellules cancéreuses, sans entraîner de dommages aux tissus et organes sains situés à proximité.

L’immunothérapie représente la dernière avancée majeure pour le traitement du cancer. Appliquée depuis une dizaine d’années en oncologie, ce procédé s’appuie sur un constat : les cellules cancéreuses développent un mécanisme qui empêche le système immunitaire du malade de les éliminer. L’immunothérapie vise à identifier le mécanisme en question et à le neutraliser afin que les cellules de l’immunité puissent jouer leur rôle. Les médicaments sont administrés par voie intraveineuse et diviseraient la toxicité par 4 voire 5 par rapport à la chimiothérapie. L’immunothérapie est actuellement efficace sur 20 % des patients. Elle multiplie par 3 l’espérance de vie en cas de cancer du poumon. Le professeur Julien Mazières, pneumo-oncologue au CHU de Toulouse précise toutefois que « certains cancers du côlon, du sein, du cerveau, certaines leucémies n’y répondent pas pour l’instant ». Une situation qui devrait rester provisoire tant les découvertes se succèdent dans ce domaine.

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