Journée mondiale contre Parkinson, où en sommes-nous ?

Journée mondiale contre Parkinson, où en sommes-nous ?

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En France, c’est près de 200.000 personnes qui sont atteintes par la maladie de Parkinson. Elle est généralement diagnostiquée vers l’âge de 58 ans, mais des patients plus jeunes peuvent être concernés. Aucun traitement ne permet pour l’instant d’en guérir, mais de nombreuses avancées ont permis d’améliorer le quotidien des patients. À l’occasion de la journée mondiale contre Parkinson ce jeudi, Pharma GDD fait le point sur la maladie et ses avancées.

La dopamine en cause

La maladie de Parkinson est dite neurodégénérative, certains neurones du cerveau disparaissent de façon irréversible. La substance noire et le striatum sont deux régions du cerveau qui communiquent grâce à un réseau de neurones. Les informations sont transmises grâce à la dopamine. Cette dernière permet de réguler l’activité des neurones qui contrôlent la contraction des muscles et des mouvements. Or, dans la maladie de Parkinson, les neurones à dopamine sont attaqués.

Les signes de cette dégénérescence sont caractéristiques de la maladie de Parkinson :

  • Raideur des muscles
  • Lenteur
  • Difficulté des mouvements (akinésie)
  • Tremblements au repos.

À l’heure actuelle de nouvelles pistes pour stopper la pathologie sont à l’étude.

L’odorat pour un dépistage plus précoce

Alors que le mari de Joy Milne se met à sentir le “musc”, la Britannique, n’y prête pas attention. Jusqu’au jour où son époux est diagnostiqué parkinsonien. Devenue active dans une association de patients, Joy se rend compte que les autres patients présentaient exactement la même senteur que son époux. Devant cette similarité, la sexagénaire a sollicité des experts de l’université de Manchester pour valider ses observations. Et en étudiant le sébum, les chercheurs ont découvert des composés chimiques très spécifiques. “Cela pourrait déboucher sur un test de diagnostic précoce”, soulignent-ils dans leur étude.

La voix comme piste de recherche

Il s’agit là de l’enjeu essentiel, en effet la maladie reste diagnostiquée très tardivement. La moitié des neurones producteurs de la dopamine impliquée dans la régulation des mouvements sont déjà détruits. Des scientifiques tentent de découvrir des signes pour repérer plus tôt la maladie. Comme les altérations de la parole, “en appelant régulièrement au téléphone des malades et des sujets sains, puis en analysant 12 paramètres dans le spectre de leurs voix, nous avons créé un modèle mathématique capable de dire si un individu est atteint ou non”, raconte le Pr Jean-Christophe Corvol, de l’Institut du cerveau et de la moelle épinière (ICM).

Un registre révolutionnaire

Pour aller plus loin, les centres experts français viennent de se doter d’un outil unique au monde : un registre comportant le suivi de tous leurs patients. Ils y consignent les symptômes et traitements qui seront bientôt associés à des données d’imagerie et à des prélèvements biologiques, pour une analyse génétique. De quoi faire avancer la recherche sur les marqueurs de la pathologie “Quand des traitements efficaces seront disponibles, nous pourrons ainsi intervenir en amont, pour stopper la maladie le plus tôt possible”, indique le Pr Corvol, qui coordonne cette initiative.

Actuellement, les thérapies parviennent seulement à limiter les symptômes dus au manque de dopamine. Mais aucune ne stoppe ou même ne ralentit l’altération neuronale. “Quand la maladie se propage au-delà des cellules dopaminergiques, la médecine actuelle se trouve assez démunie”, déplore le Pr Philippe Damier, président du conseil scientifique de l’association France Parkinson. Cependant les médecins se veulent plus optimistes “Les mécanismes en cause sont mieux compris. Cela finira par déboucher sur des avancées”, espère Jean-Christophe Corvol.

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