Journée mondiale sans tabac

Journée mondiale sans tabac

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Alors que l’actualité est focalisée sur le déconfinement et l’évolution de l’épidémie de coronavirus, des événements importants du domaine de la santé passeraient presque inaperçus. C’est le cas de la journée mondiale sans tabac, qui s’est déroulée ce dimanche 31 mai. Instaurée en 1987 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), cette journée est axée sur les dangers du tabac pour la santé. Dans le monde, le tabagisme est responsable du décès d’un adulte sur dix et constitue la deuxième cause de mortalité. En France, 75 000 personnes meurent chaque année des suites d’une pathologie liée au tabac.

Trouver la motivation pour arrêter de fumer

La journée mondiale sans tabac est une manière d’encourager chaque fumeur à réfléchir sur l’intérêt d’arrêter de fumer dans le but de préserver sa santé. Les effets néfastes du tabac ont été largement démontrés et sont généralement connus des fumeurs. Pourtant, tous ne trouvent pas la motivation pour arrêter de fumer. La Fédération française de cardiologie a donc mis en évidence sept bonnes raisons qui illustrent les effets de l’arrêt du tabac à court, moyen et long terme :

  1. Vingt minutes après la dernière cigarette, la fréquence cardiaque redevient normale.
  2. Après une journée, la nicotine est éliminée de l’organisme.
  3. Après deux jours, l’odorat et le goût deviennent meilleurs.
  4. Dans les trois à neuf mois qui suivent l’arrêt du tabac, la respiration progresse.
  5. Au bout d’un an, le risque d’infarctus est réduit de 50 %.
  6. Après cinq ans, le risque de cancer du poumon diminue de moitié.
  7. Dix à vingt ans plus tard, l’espérance de vie devient égale à celle des non-fumeurs.

Arrêter de fumer : il n’est jamais trop tard

Crise sanitaire oblige, le congrès de l’ASCO (American Society of Cancer Oncology) s’est tenu, pour la première fois depuis sa création, de manière totalement virtuelle. Parmi les présentations qui ont retenu l’attention, une étude internationale a démontré qu’il n’est jamais trop tard pour arrêter de fumer. Cette grande étude est le fruit du croisement de 17 études différentes menées par l’International Lung Cancer Consortium, un groupe international de recherche sur le cancer du poumon. Au total, 36 000 personnes ayant développé ce cancer ont été intégrées à l’étude finale, dont 47 % étaient encore fumeuses au moment du diagnostic et 30 % avaient arrêté avant.

Au fil des recherches, il a été observé que les patients ayant arrêté de fumer moins de 2 ans avant le diagnostic avaient de meilleures chances de vivre plus longtemps après l’annonce. Leur risque de décès était réduit de 12 % par rapport aux patients qui avaient continué de fumer. Lorsque l’arrêt avait eu lien entre 2 et 5 ans avant le diagnostic, le risque de décès diminuait de 16 %. Enfin, la réduction atteignait 20 % en cas d’arrêt plus de 5 ans avant la découverte du cancer. Ces données montrent que l’arrêt du tabac est bénéfique pour la santé à tout moment, y compris en cas de cancer du poumon. Les spécialistes réfléchissent désormais à les intégrer dans un programme pilote d’aide au sevrage tabagique.

Baisse du tabagisme en France

Dans son bulletin épidémiologique du 26 mai, Santé publique France a fait état d’une forte diminution du tabagisme en France depuis 2014. Ainsi, 30,4 % des Français de 18 à 75 ans ont déclaré fumer (au moins occasionnellement) en 2019, contre 34,3 % en 2014. Le tabagisme quotidien est passé de 28,5 % en 2014 à 24 % en 2019.

La baisse est particulièrement significative pour les femmes entre 2018 et 2019. Le tabagisme quotidien était de 22,9 % en 2014, il est maintenant de 20,7 %. Quant au tabagisme en général, il passe de 28,9 % à 26,5 %.

Santé publique France a également dressé le portrait type des fumeurs. Il s’agit principalement d’hommes (54 %) âgés de moins de 55 ans et en situation de précarité socio-économique (niveau de diplôme bas, chômage). Ces fumeurs ont aussi une moins bonne santé mentale que les autres et sont sujets à de l’anxiété, des épisodes dépressifs ou des insomnies chroniques. Viêt Nguyen Thanh, responsable de l’unité Addictions au sein de Santé publique France, estime que ces informations pourront permettre d’ajuster les stratégies de prévention. L’organisme considère que ce sont les dernières mesures mises en place en matière de lutte contre le tabagisme, en particulier la hausse progressive du prix du paquet de cigarettes et le remboursement des substituts nicotiniques, qui ont conduit à cette baisse.

Tabac info service, toujours à l’écoute

Quel que soit votre niveau de consommation de tabac et vos besoins, le dispositif d’aide à distance Tabac info service est mobilisé pour accompagner tous les fumeurs dans leur démarche d’arrêt. Vous pouvez le contacter en composant le 39 89, ce qui vous permettra de mettre en place un suivi personnalisé et gratuit avec un tabacologue. Leur site web vous offre également de nombreuses ressources pour arrêter de fumer ou aider un proche via le parrainage.

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