La dangerosité du glyphosate au cœur du débat

La dangerosité du glyphosate au cœur du débat

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Un rapport parlementaire sur le glyphosate, qui doit être rendu public le jeudi 16 mai, assure que la cancérogénicité du désherbant controversé n’est pas prouvée.

“Le glyphosate est moins cancérigène que la viande rouge”

L’étude supervisée par l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) crée la polémique en temporisant la dangerosité des pesticides.

Au cœur du débat, Pierre Médevielle, vice-président de l’Office parlementaire qui a annoncé que “si le glyphosate a certainement beaucoup de défauts, aucune étude scientifique ne prouve formellement sa cancérogénicité ni en France, ni en Europe, ni dans le monde”, avant de rajouter “Le glyphosate est moins cancérogène que la charcuterie ou la viande rouge, qui ne sont pas interdites”.

Pour rappel, le glyphosate, désherbant le plus employé au monde est depuis 2015 classé “cancérigène probable” par le Centre international de recherche sur le cancer, une agence reliée à l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Malgré cela le parlementaire, pharmacien de formation l’assure : “je serai parmi les premiers à réclamer son interdiction dès que les preuves scientifiques de sa nocivité seront apportées. Or, à la question : le glyphosate est-il cancérogène ? La réponse est non !” en ajoutant que le rapport s’est concentré sur “des études menées à l’Agence européenne de sécurité alimentaire de Parme, à Bruxelles, à l’ANSES, agence la plus performante en Europe et probablement au monde”.

Ce rapport a pour but d’évaluer la nocivité du Gyphosate

Cédric Villani, député et également mandaté sur cette étude précise, “le travail de ce rapport est de dépassionner et d’expliquer la complexité, d’expliquer pourquoi le glyphosate fait couler tant d’encre. Il y a des pratiques hautement contestables de Monsanto à l’égard du glyphosate. Et évaluer de façon sérieuse la nocivité d’un produit, c’est un travail extrêmement compliqué.”

Le rapport analyse sur 150 pages les procédures d’évaluation sanitaire et environnementale en vigueur en France et en Belgique, et propose une douzaine de recommandations (communication au public renforcée en amont, plus d’études…) pour l’utilisation du glyphosate.

 

Pendant ce temps-là, aux Etats-Unis, la firme Monsanto qui fabrique le célèbre désherbant  Roundup, a été reconnue responsable du cancer de plusieurs jardiniers. Le tribunal a jugé que ses maladies étaient en lien avec l’utilisation sur le long terme de l’herbicide. Ces procès se sont clôturés par la condamnation de la compagnie à débourser plus de 2 milliards de dollars, pour dommages et intérêts.

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