La dépression saisonnière, comment en venir à bout ?

La dépression saisonnière, comment en venir à bout ?

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D’octobre à avril environ 5 % de la population souffre de dépression saisonnière. Il s’agit d’une maladie qui perturbe la vie professionnelle, affective et familiale de ceux qui en sont atteints. La dépression saisonnière, ou trouble affectif saisonnier, est liée à la diminution de la luminosité naturelle pendant une période allant de fin octobre au début du printemps. Pas toujours pris au sérieux, ce mal-être est pourtant très handicapant. La souffrance psychique et les malaises qu’elle suscite ne sont pas sans impact sur la vie des personnes touchées. Pharma GDD vous explique tout sur ce mal du siècle et vous conseille pour aller mieux.

Dépression saisonnière, la sérotonine en berne

De façon encore inexpliquée, chez certaines personnes, le manque de lumière semble diminuer la production de sérotonine, une hormone qui régule l’humeur.

Le mécanisme de la dépression s’enclenche alors : fatigue intense allant de pair avec une envie constante de dormir, troubles de la concentration et de l’attention, baisse de la libido, désintérêt pour les loisirs ou les activités sportives, mais aussi une appétence plus marquée pour la nourriture avec à la clé une prise de poids…

Certaines populations sont davantage concernées

  • La dépression saisonnière affecte principalement les habitants de l’hémisphère Nord, particulièrement ceux qui ont un mode de vie qui les expose moins à la lumière naturelle les citadins en particulier. Cependant les populations inuits, qui habitent les régions arctiques et sont soumises à la nuit polaire pendant plusieurs semaines, ne semblent pas affectées de la même façon que les Européens ou habitants de l’Amérique du Nord. Différentes hypothèses sont avancées : leur organisme se serait adapté au manque de lumière au fil des siècles ; leur consommation de poissons gras (riches en acides oméga-3) leur assurerait un bon fonctionnement cérébral en dépit du manque de lumière.

 

  • Dans 75 % des cas sont les femmes les plus touchées. Une étude auprès de 150.000 personnes publiée en 2017 par des chercheurs écossais a confirmé ce constat. Généralement, cette forme de dépression affecte plus facilement les personnes souffrant de troubles de l’humeur ou d’accès dépressifs. Ce qui complique le diagnostic, l’épisode saisonnier n’étant pas toujours reconnu comme tel au moment où il survient, et donc pas traité de manière avec pertinence.

Comment reconnaître une dépression saisonnière ?

Deux points sont spécifiques de la dépression saisonnière :

  • Les accès de boulimie avec une forte attirance pour le sucre qui provoquent généralement une prise de poids.
  • L’hypersomnie, l’envie de dormir exagérée qui débouche sur de longues nuits de sommeil mais n’empêche pas de se sentir fatigué.

Nous ressentons tous des moments de « mou » à la mauvaise saison, sans doute aussi liés au manque de lumière. Autant de signes caractéristiques qu’il ne faut pas prendre à la légère. Aussi, il est important d’aller consulter pour écarter d’autres problèmes : affection virale, troubles de la thyroïde, autres formes de dépression. Ce diagnostic n’est pas simple puisque les personnes souffrant de dysthymie (troubles de l’humeur) sont aussi plus facilement affectées par la dépression saisonnière. Il faut également faire attention à ne pas confondre la dépression saisonnière qui revient chaque année avec les phases dépressives cycliques d’un trouble bipolaire.  En général, on estime qu’il faut au moins deux épisodes hivernaux de suite sans état dépressif d’une autre nature pour que soit clairement posé le diagnostic de dépression saisonnière, un trouble dû au manque de lumière. Mais c’est minimiser la maladie réelle que de s’auto-diagnostiquer des dépressions saisonnières à la légère. Il existe cependant des solutions simples pour venir à bout de cette déprime saisonnière.

La luminothérapie est notre amie

Pour ceux chez qui le coup de blues s’accompagne d’un sentiment de tristesse, des difficultés à se lever le matin, l’idéal reste de s’exposer à la lumière du jour, au moins 30 min. Sinon, les lampes de luminothérapie peuvent remplacer cette exposition. On choisit un appareil de luminothérapie avec le marquage CE médical. On se place à bonne distance, sans regarder la lumière directement et on s’expose progressivement : 10, 15, puis 30 min par jour, pendant 4 semaines. La luminothérapie est contre-indiquée en cas de lésion aux yeux ou de maladie oculaire pouvant augmenter la sensibilité à la lumière. L’avis d’un médecin est indispensable si on prend un traitement.

A lire : Luminothérapie, vitamine D : booster son moral pendant l’hiver

 

On fait le plein de tryptophane dans son assiette

Lorsque la dépression saisonnière s’accompagne de grignotages compulsifs, de sautes d’humeur, on lutte en favorisant le tryptophane, un précurseur de la sérotonine qui aurait un effet antidépresseur. Des études ont également constaté qu’une supplémentation en 5-HTP (dérivé du tryptophane) pouvait diminuer les symptômes de la dépression. On choisit des aliments riches en protéines (œufs, poissons, viandes, légumineuses…) ou dans la banane qui contient le précieux acide aminé.

Il existe des compléments alimentaires à base de L-tryptophane, demandez conseil à votre pharmacien qui pourra vous orienter vers le meilleur complément.

On mise sur l’antidépresseur végétal : le millepertuis

Pour ceux qui souffrent de dépression saisonnière, mais qui veulent éviter les antidépresseurs classiques. L’Organisation mondiale de la santé reconnaît l’usage du millepertuis par voie orale dans les dépressions légères à modérées. En effet, cette plante agirait en modifiant le taux de sérotonine dans l’organisme.

En pratique, on peut prendre le millepertuis sous forme de comprimés d’extrait sec. Le dosage est à adapter selon l’intensité de la dépression, en consultant son médecin, et sans dépasser 1 g par jour. Il faut le prendre au minimum 4 semaines pour noter une amélioration. Lisez bien la notice et vérifiez les interactions avec d’autres médicaments notamment la pilule contraceptive, et ne l’arrêtez. Attention également, le millepertuis est photosensibilisant donc peu conseillé si vous partez en vacances au ski.

On associe l’acupuncture et aux antidépresseurs

En cas de dépression diagnostiquée, l’acupuncture intervient en complément des traitements.

En 2011, trente essais cliniques sur la dépression et l’acupuncture ont été mis en place. Plusieurs d’entre eux ont montré le bénéfice de l’acupuncture lorsqu’elle est combinée avec des antidépresseurs. Cela pourrait aider en libérant des endorphines euphorisantes et en favorisant la circulation des énergies. Les points à stimuler sont choisis en fonction des symptômes.

Il faut prévoir une séance par semaine pendant 2 ou 3 semaines, avant de passer à une séance par mois durant tout l’hiver.

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