La médecine au Moyen-âge

La médecine au Moyen-âge

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Le Moyen-âge, qui débute avec la chute de l’empire romain au Ve siècle et se termine au XVe siècle, est souvent considéré injustement comme une période noire de l’Histoire. C’est pourtant une époque qui a connu de grandes avancées dans plusieurs domaines et notamment la médecine.
Au début du Moyen Âge, les connaissances médicales reconnues se fondaient principalement sur les textes médicaux de l’Antiquité grecque et romaine ayant échappé à la destruction. A cette époque, la médecine était également basée sur une vision du monde, dans laquelle des facteurs tels que le Destin, le Péché et les influences astrales jouaient un rôle aussi important que les causes physiques. On peut donc dire que la frontière entre la médecine traditionnelle, la religion, l’astrologie, la magie ou le mysticisme était très imprécise et mouvante !

Pharma GDD vous en dit plus sur la médecine, les maladies et les traitements existants au Moyen-Âge.

La théorie des Humeurs

On attribue la paternité de la médecine à Hippocrate en raison de sa théorie des Humeurs. Au Moyen-âge et depuis l’Antiquité, la planète était représentée au travers de quatre éléments principaux : La Terre, le Feu, l’Air et l’Eau. Chaque élément possède deux caractéristiques principales : La Terre est froide et sèche, le Feu est chaud et sec, l’Air est chaud et humide et l’Eau est froide et humide. Pour Hippocrate, il existent dans le corps 4 substances principales appelées Humeurs et qui correspondent aux 4 éléments : le sang, la bile jaune, la bile noire et le phlegme. Depuis Hippocrate et pendant très longtemps, la médecine occidentale était fermement convaincue que la maladie était une perturbation des rapports entre les quatre humeurs.
La santé du corps et de l’âme dépendait en effet de leur équilibre. Leur circulation dans l’organisme était en lien étroit avec l’univers, et par conséquent avec les saisons.
Ainsi, on rééquilibrait l’excès d’une Humeur par des saignées, des purges, des ventouses, des diètes, une certaine alimentation en harmonie avec le tempérament de la personne et de son âge.

Les maladies au moyen-âge

Au Moyen-âge, la maladie était avant tout un désordre moral. Ainsi, elle serait apparue parmi les hommes à la suite du péché originel. Chaque malade est un pécheur qui expie une faute. La maladie devient alors une voie de rédemption, une épreuve morale.

L’ergotisme ou le Mal des Ardents

Il s’agit d’une intoxication à l’ergot de seigle qui touchait les hommes mais également les herbivores. Cette maladie se traduisait par des crampes, une perte de la sensibilité des extrémités (en particulier du bout des doigts), de la gangrène, des convulsions et surtout des hallucinations. Les malades éprouvaient des sensations de brûlure, d’où les noms populaires de feu Saint-Antoine (par allusion aux tentatives du Diable d’entraîner saint Antoine en enfer), de Mal des ardents, etc…
Plusieurs épidémies d’ergotisme ont eu lieu en Europe au cours du Moyen-Âge, et qui ont causé un grand nombre de décès. Cette maladie survit encore à l’heure actuelle dans certains pays en voie de développement.

La peste

Maladie contagieuse, caractérisée par des bubons, des charbons et des pétéchies, et par la présence dans le sang et le pus d’un bacille caractéristique (bacille de Yersin), la peste n’est pas une maladie propre au Moyen âge. Il n’en est pas moins vrai qu’elle a fait d’immenses ravages tout au long du Moyen âge et plus particulièrement au cours du XIVe siècle qui fut éprouvé par la peste noire de 1348 qui tua en Europe près du quart de sa population.
Cette épidémie passa pour tous comme une punition des méfaits des humains.

La lèpre

C’est une maladie infectieuse chronique d’origine bactérienne qui agit sur la peau, les muqueuses respiratoires, les nerfs périphériques ainsi que sur les yeux. Les symptômes sont de deux sortes :

  • La lèpre tuberculoïde, la plus fréquente : apparition de grandes taches dépigmentées sur une peau devenue insensible au toucher.
  • La lèpre lépromateuse, la plus contagieuse, où existent une atteinte neurologique associée à l’atteinte cutanée.

Au Moyen-âge, les dépistages sont organisés dans les léproseries, des hôpitaux pour lépreux, par un jury composé en général de chirurgiens et de lépreux. Si la personne examinée est reconnue malade, elle est mise en quarantaine hors de la ville. Si elle est d’origine bourgeoise ou noble, elle est admise dans une maladrerie (en dehors de la ville), sinon elle rejoint le groupe des lépreux errants.
Les lépreux inspiraient horreur et répulsion, de par leur aspect physique. On estimait que Dieu les avait frappés en punition de leurs pêchés. Leur isolement était d’abord provoqué par la peur.

Les pratiques et les remèdes étranges

La saignée

Cette pratique reposait sur le fait que si la personne était malade, c’est parce que son sang était mauvais et contaminé. Il fallait donc en enlever, souvent en grande quantité, afin de soigner le patient. Cela avait régulièrement pour effet de tuer la personne, surtout si elle était affaiblie par la maladie !

L’urine

L’urine était considérée comme un puissant antiseptique. Le chirurgien d’Henry VIII lui-même recommandait de nettoyer toutes les blessures de guerre avec ce liquide. Cette idée n’était pas tout à fait stupide quand on sait que l’urine est parfaitement stérile lorsqu’elle quitte notre corps !

La trépanation

Elle était pratiquée pour soigner les maux de tête, l’épilepsie ou les troubles mentaux et
consistait à percer l’os du crâne, ce qui laissait forcément la porte ouverte aux bactéries et aux virus…

Les Simples

Les Simples était le nom donné aux plantes médicinales. La médecine médiévale était basée sur les vertus de ces herbes qui servaient à fabriquer les médicaments. Les monastères médiévaux en particulier avaient tous, une pharmacie et une infirmerie, et au moins un jardin de simples. L’officine de l’apothicaire et le jardin des simples était ainsi intimement liés. Les sorcières utilisaient également l’herboristerie au Moyen-âge pour soigner les maux divers et variés. Elles avaient une connaissance approfondie des plantes ainsi que de leurs vertus curatives.

Voici quelques exemples de plantes et leur utilisation pour soigner les maux :

  • Le fenouil était utilisé contre les problèmes de digestion.
  • La Mélisse traitait les maux de ventre et le stress.
  • La menthe-coq était une très bonne option lorsque l’on avait des maux d’estomac.
  • La consoude soignait les blessures de flèches d’arquebuse.
  • L’armoise soulageait les pieds fatigués de voyageurs.
  • Le lys soignait les blessures de serpent.
  • Le millepertuis soulageait en cas de brûlures.

Que reste-t-il aujourd’hui de ces pratiques médiévales ?

Même si nous savons que les connaissances en médecine au Moyen-Âge étaient limitées, certaines pratiques et recommandations étaient néanmoins cohérentes et vraies. Des plantes médicinales utilisées au Moyen-Âge par exemple le sont encore aujourd’hui, comme le millepertuis qui détient en effet des propriétés apaisantes en cas de brûlures, mais est aussi utilisé pour les troubles du sommeil ou l’anxiété.
La sauge, qui dans la pharmacopée médiévale, était la plante reine des convalescents combattait les sueurs, le manque d’appétit, les problèmes respiratoires, la dépression physique et morale et la digestion difficile, comme aujourd’hui.
L’Angélique, qui fut baptisée la “racine des anges” par le médecin suisse Paracelse (1493-1541), détenait de nombreuses vertus : un cataplasme de ses fleurs fraîches bouillies ou macérées dans de l’huile, neutralisait les venins, sa poudre ingérée dans une boisson apaisait les troubles de l’estomac, les diarrhées, les toux, les grippes et les rhumes. On la conseille aujourd’hui pour faciliter la digestion.

Il est à noter que si certains traitements n’étaient pas complètement farfelus, d’autres pratiques n’étaient de toute évidence pas conseillées et conduisaient non pas à la guérison mais au trépas !

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