La PMA pour les couples lesbiens et les célibataires ?

La PMA pour les couples lesbiens et les célibataires ?

230
0
<<<
>>>

pma lesbiennes celibatairesDans un avis publié ce mardi 27 juin, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) s’est prononcé en faveur de la procréation médicalement assistée (PMA) pour les couples lesbiens et les femmes seules souhaitant procréer sans partenaire masculin grâce à un don de sperme.

Un sujet controversé

Traditionnellement réservée aux couples hétérosexuels stériles, l’insémination artificielle avec donneur (IAD) pourrait donc s’étendre à toutes les femmes, quelle que soit leur situation familiale. Le Comité considère que « l’ouverture de l’assistance médicale à la procréation à des personnes sans stérilité pathologique peut se concevoir pour pallier une souffrance induite par une infécondité résultant d’orientations personnelles ».

Le comité souligne cependant des « points de butée » comme « les conséquences pour l’enfant, le risque de marchandisation accrue, les conditions de faisabilité ». Il suggère que l’ensemble de ces points soit étudié en distinguant la situation différente des couples de femmes et des femmes seules et en maintenant le principe actuel de gratuité des dons. Le Comité demande également que le projet puisse être mis en place sans que l’Assurance Maladie n’ait à supporter les charges financières correspondantes.

Cet avis reste pour l’instant consultatif, mais cette prise de position devrait faire évoluer le débat, et peut-être, la législation. Cela pourrait ainsi régulariser le cas de milliers de couples français qui se rendent en Belgique ou en Espagne pour avoir un enfant.

L’autoconservation ovocytaire : un autre débat

Dans le même avis, le Comité se dit défavorable à l’autoconservation ovocytaire, c’est-à-dire la possibilité pour toutes les jeunes femmes de faire vitrifier leurs ovules en vue d’une grossesse ultérieure. Il y a quelques jours, l’Académie de médecine se prononçait, quant à elle, en faveur de cette pratique.

Le Comité met en avant le « caractère très contraignant de la procédure » et « l’absence de garantie de résultat puisque le taux de succès ne dépasse pas 60 % ». À l’heure actuelle, cette méthode est réservée aux femmes gravement malades qui subissent un traitement risquant de compromettre leur fertilité, ou à celles qui donnent leurs ovocytes.

Selon le Comité, les jeunes femmes souhaitant repousser leur grossesse pour des raisons professionnelles par exemple, doivent prendre garde aux risques de « pressions sociales et professionnelles émanant de l’entourage ou des employeurs ». Il estime qu’il est donc essentiel de délivrer « une information sérieuse sur l’évolution de la fertilité féminine » qui chute après 35 ans.

En outre, le Comité se montre à nouveau hostile à la gestation pour autrui, en raison des « violences juridiques, économiques, sanitaires, et psychiques qui s’exercent sur les femmes recrutées comme gestatrices et sur les enfants qui naissent et sont objets de contrats passés entre des parties très inégales ».

Laissez votre commentaire