L’antibiorésistance, un enjeu de santé Mondial

L’antibiorésistance, un enjeu de santé Mondial

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A l’occasion de la semaine mondiale pour un bon usage des antibiotiques, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) lancent un appel pour un usage plus responsable des antibiotiques chez l’homme et chez l’animal en vue de bloquer l’apparition de la résistance aux antibiotiques.

L’antibiorésistance est un enjeu de santé mondial, Pharma GDD décrypte pour vous ce phénomène.

Qu’est-ce que l’’antibiorésistance ?

A l’origine les antibiotiques sont, des molécules naturellement synthétisées par des micro-organismes pour lutter contre des bactéries concurrentes de leur environnement. Aujourd’hui, il existe plusieurs familles d’antibiotiques, naturels, semi-synthétiques ou de synthèse, qui s’attaquent spécifiquement à une bactérie ou à un groupe de bactéries.

La consommation massive d’antibiotiques exerce sur les bactéries ce que les scientifiques appellent une pression de sélection : exposées à l’antibiotique, les souches sensibles cèdent la place aux souches résistantes, qui prolifèrent. La résistance de la bactérie peut être innée ou acquise. Une bactérie résistante peut transmettre un ou plusieurs gènes de résistance à une bactérie jusqu’alors sensible. En effet, lorsqu’on prend un antibiotique, seules survivent – et se reproduisent – les bactéries dotées de systèmes de défense contre cette molécule.  Ce phénomène représente 80 % des résistances acquises par les bactéries. Pour éviter la multiplication des résistances, diminuer la prescription d’antibiotiques est impératif.

Pourquoi ça coince ?

En cause la mauvaise utilisation des antibiotiques, en France par exemple 8% des français ont pris des antibiotiques en automédication et 14% des Français ne prennent pas le traitement sur toute la durée indiquée par le médecin, sont également pointée du doigt.

Autres facteurs très inquiétants, plus de la moitié des antibiotiques fabriqués dans le monde sont destinés aux animaux. Or, comme pour l’homme, cette surconsommation entraine des résistances. Ces bactéries sélectionnées qui viennent des élevages peuvent ainsi se transmettre aux hommes via la chaine alimentaire. D’autre part les animaux et les humains rejetant naturellement une partie des antibiotiques dans leurs déjections, on retrouve la présence de ces bactéries mutantes dans les cours d’eau aux abords des villes.

 Le monde entier s’engage

Déjà engagée dans la lutte, l’Union européenne avait lancé des plans d’action en 2001 et 2011. Malgré une bonne mobilisation depuis 2017, la surconsommation des antibiotiques est de nouveau au cœur de l’inquiétude Mondiale. L’OMS a mis en place une approche multisectorielle « Un monde, une santé » et un plan d’action se déclinant selon les axes suivants :

  • Sensibiliser le personnel de santé et le public
  • Renforcer la surveillance et la recherche
  • Prendre des mesures d’assainissement, d’hygiène et de prévention des infections
  • Optimiser l’usage des antimicrobiens en santé humaine et animale
  • Soutenir des investissements durables pour la mise au point de nouveaux traitements, diagnostics ou vaccins.

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