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L’autorité de la concurrence rend son rapport sur la distribution des médicaments et crée le débat !

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L’autorité de la Concurrence a rendu son rapport après son enquête consacrée à la santé et à la distribution des médicaments. Dans le document, l’institution a recommandé d’élargir la vente de médicaments sans ordonnance aux parapharmacies et à la grande distribution. Une décision critiquée par la ministre de la Santé et les patients.

 

Autoriser la dispensation de médicaments en parapharmacies et en grandes surfaces

L’instance suggère d’assouplir partiellement et de manière encadrée le monopole des pharmacies, pour “autoriser la dispensation de médicaments en parapharmacies et en grandes surfaces”. Cette mesure permettrait “d’améliorer l’accessibilité des produits concernés et de fournir une plus grande concurrence par les prix quand celle-ci est autorisée, au bénéfice du pouvoir d’achat du patient”, selon l’Autorité de la concurrence.

Tout en réaffirmant la “pleine justification du monopole pharmaceutique”, consciente de marcher sur des oeufs, elle souhaite assouplir le secteur de la vente de médicaments sans ordonnance. Une telle mesure ne concernerait que les médicaments à prescription médicale facultative (maux de gorge, rhume, etc.), les dispositifs médicaux de diagnostic in vitro (autotests de dépistage du VIH, lecteurs de glycémie, dosage de cholestérol, test de diagnostic de la maladie de Lyme, etc.), certaines plantes médicinales et huiles essentielles jusque-là seulement disponibles en officines.

Se voulant rassurante, l’Autorité de la concurrence propose que la vente de ces produits soit faite “sous la responsabilité d’un pharmacien diplômé, en charge de délivrer médicaments et conseils sur toute l’amplitude horaire du lieu de vente”, et dans un espace dédié, avec une caisse séparée, comme c’est déjà le cas dans certains supermarchés.

 

La ministre de la Santé pas favorable à cette proposition

Le lendemain de la publication, Agnès Buzyn ministre de la Santé a été interrogée sur cette dernière. « Je n’y suis pas favorable », a dit la ministre au micro d’Europe 1. « Quand on parle de la désertification médicale, de l’abandon des territoires, de fragiliser les petites pharmacies en zone rurale, qui sont souvent le premier recours pour les personnes malades, je pense que ça serait une très mauvaise idée et un très mauvais signal », a commenté Agnès Buzyn.

L’Autorité a également recommandé d’alléger les modalités de vente sur Internet des médicaments sans ordonnance. « Nous y travaillons parce qu’il y a une demande, un besoin, nous avons un groupe de travail qui se réunit avec les pharmaciens », a commenté Mme Buzyn. « Mais là encore, pour moi l’enjeu c’est la sécurité (…)  On ne peut pas tout acheter sur internet, il faut absolument sécuriser ces achats (…), il faut que les pharmaciens, notamment de proximité, puissent bénéficier de cette vente en ligne et que ça ne soit pas au détriment de ce maillage territorial extraordinaire et du travail que font les pharmaciens au quotidien pour la santé publique », a-t-elle rajouté. Le but de cette proposition est de consolider le métier de pharmacien qui doit disposer de moyens renforcés et diversifiés pour financer le développement de son activité, et saisir les opportunités offertes par les technologies numériques.

 

Le rapport qui crée un débat

Pour les patients, la mise à disposition de médicaments en grandes surfaces a également créé un débat. En effet, de nombreux quotidiens ont sondé leurs lecteurs, résultat plus de 60 % se montrent réfractaires à ce mode de dispensation, comme témoigne ce commentaire dans le journal Le dauphiné .

Roger.26 : “Quel est l’intérêt d’acheter des médicaments n’importe où ? Le médecin ou le pharmacien ont une formation leur permettant de déterminer l’action des médicaments et leur éventuelle interaction avec un autre traitement. Donc 2 solutions:

– Voir son médecin et acheter les médicaments prescrits, le coût sera celui de deux prélèvements de la S.S.

– Acheter n’importe quoi, à n’importe qui au prix fort

Il est compréhensible que l’État soit favorable à la vente en magasin banalisé puisque cela constitue une économie notable pour l’assurance maladie. Il est compréhensible aussi que la grande distribution s’y intéresse, le marché est juteux, les gens sont friands d’automédication souvent inutile et pourtant très chère.Les rayons débordent déjà de produits paramédicaux qui à défaut d’être néfastes n’ont aucun effet, mais rencontrent, grâce à une publicité effrénée, un succès de plus en plus grand. Donc longue vie à nos médecins et pharmaciens.”

 

Rappelons que depuis 2013, les pharmacies ont le droit de vendre des médicaments sans ordonnance sur internet, si elles possèdent un site agréé par l’ARS de vente en ligne. D’autres sites de e-commerce sont également présents sur le marché. Mais pour l’heure, il est impossible d’acheter directement en grande surface, de l’aspirine ou un anti-inflammatoire.

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