“L’AVC, nous sommes tous concernés !”

“L’AVC, nous sommes tous concernés !”

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Chaque 29 octobre, les professionnels de santé et la Société française neuro-vasculaire (SFNV) se mobilisent à l’occasion de la Journée mondiale de l’Accident vasculaire cérébral (AVC). Cette année, une grande campagne de sensibilisation à destination du grand public est lancée pour rappeler que chacun peut y être un jour ou l’autre confronté directement ou indirectement. Équivalent du World Stroke Day, cette journée est l’occasion de faire le point sur les symptômes, les facteurs de risque et les traitements de l’AVC.

Une pathologie fréquente et grave

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) considère que l’AVC est une véritable pandémie. Une personne est touchée toutes les 5 secondes dans le monde. En 2005, 16 millions de cas avaient été diagnostiqués. Les estimations pour 2030 sont de 23 millions de cas, avec une augmentation importante chez les individus âgés de 35 à 64 ans.

En France, l’AVC est l’une des principales causes de mortalité et la première pour les femmes après le cancer du sein. C’est aussi la première cause de handicap acquis chez l’adulte et la deuxième cause de démence après la maladie d’Alzheimer. 140 000 nouveaux cas surviennent chaque année, dont 30 000 décès. 15 % des individus concernés ont moins de 50 ans, 25 % ont moins de 65 ans et plus de 50 % sont âgés de plus de 75 ans. Trois-quarts des patients survivant à un AVC en gardent des séquelles : troubles sensitifs, difficultés à se déplacer, à communiquer, troubles de la mémoire ou de l’équilibre.

Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque d’être touché par un AVC : l’alcool, le tabagisme, l’hypertension artérielle, le diabète, l’obésité, les antécédents familiaux, l’âge et, chez les femmes, l’association d’une contraception oestro-progrestative (notamment la pilule) et du tabac.

Comment reconnaître un AVC ?

Bien souvent, l’AVC ne prévient pas et n’est pas systématiquement douloureux. Certains signes, regroupés sous le sigle VITE, permettent toutefois de l’identifier. Ils apparaissent de manière soudaine et sont latéralisés (un seul côté du corps est atteint) :

  • troubles de la vision ;
  • lèvres tombantes induisant une déformation de la bouche, un affaissement du visage et une impossibilité de sourire ;
  • faiblesse, engourdissement voire paralysie d’un membre avec incapacité de se mouvoir correctement ;
  • difficultés à parler, oubli de mots ou utilisation d’un mot à la place d’un autre ;
  • maux de tête soudains et violents.

Dans 80 % des cas, l’AVC est lié à un manque d’afflux de sang et d’oxygène dans le cerveau causé par la présence d’un caillot. On parle alors d’infarctus cérébral ou d’AVC ischémique. Pour les autres, l’AVC est provoqué par la rupture d’une artère entraînant une hémorragie cérébrale. C’est ce que l’on appelle un AVC hémorragique.

Quel que soit son origine, plus l’AVC est pris en charge tôt au sein d’un hôpital doté d’une unité neuro-vasculaire mieux il est traité. Dès que les premiers signes sont constatés, il faut agir rapidement et composer le 15 pour contacter le Service d’aide médicale d’urgence (SAMU). Les 4 premières heures sont cruciales pour réduire le risque de séquelles et augmenter les chances de survie.

Quels traitements ?

A ce jour, deux traitements existent pour limiter les séquelles de l’AVC. Leur utilisation dépend essentiellement du délai qui s’est écoulé entre le début des symptômes et l’arrivée à l’hôpital. Jusqu’à 4 h 30 après, le traitement utilisé pour le traitement de l’AVC ischémique est la thrombolyse : le caillot qui obstrue l’artère est dissout par des médicaments. Lorsque le délai de prise en charge se situe au-delà de 6 heures, les médecins ont recours à la thrombectomie pour retirer le caillot. Ils insèrent un cathéter au niveau de l’aine dans l’artère fémorale pour remonter jusqu’à l’artère bouchée. Un stent, sorte de petit grillage métallique, est ensuite déployé et utilisé comme un filet de pêche. Le caillot est immobilisé dans les mailles du stent puis retiré pour rétablir la circulation sanguine.

Dans le cas d’un AVC hémorragique, le traitement dépendra de la localisation et de l’étendue de l’hémorragie observée après imagerie. Le premier geste consiste à retirer le sang accumulé et à drainer le liquide céphalo-rachidien pour réduire la pression à l’intérieur du crâne.

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