Le congé paternité étendu à 28 jours

Le congé paternité étendu à 28 jours

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L’information a été relayée dans la soirée du mardi 22 septembre par de nombreux médias ainsi que sur les réseaux sociaux : la durée du congé paternité, actuellement de 11 jours, va être allongée à 28 jours en 2021. Cette réforme, portée notamment par la commission des “1 000 premiers jours”, devrait être confirmée ce mercredi 23 septembre par Emmanuel Macron.

Qu’est-ce que les “1 000 premiers jours” ?

Les 1 000 premiers jours correspondent à la période allant du 4e mois de grossesse aux 2 ans de l’enfant. Selon Boris Cyrulnik, neuropsychiatre, les enfants sont “façonnés par le milieu dans lequel ils grandissent” et il est possible d’agir sur cet environnement, d’aider les tout-petits à grandir dans les meilleures conditions possibles. C’est sur ce sujet qu’une commission d’experts (médecins, sages-femmes, psychologues et spécialistes de la petite enfance) a travaillé durant plusieurs mois. Un rapport présentant diverses recommandations a été remis le 8 septembre à Adrien Taquet, secrétaire d’État en charge de l’enfance et des familles. Parmi les idées phares défendues par la commission, nous pouvons citer :

  • l’amélioration de l’accompagnement de la parentalité ;
  • la détection précoce des éventuelles fragilités et difficultés rencontrées par les parents ;
  • la levée du tabou autour de la dépression du post-partum et une meilleure prise en charge de cette pathologie qui touche 10 à 15 % des femmes après la naissance ;
  • l’augmentation de l’indemnisation du congé parental à au moins 75 % du revenu (contre 400 € environ actuellement) ;
  • l’allongement du congé paternité à 9 semaines, soit un peu plus de 2 mois.

Congé paternité plus long : une mesure très attendue

Depuis quelques temps, de plus en plus de pères font entendre leurs voix et réclament un congé de paternité plus long. En juin, 10 pères engagés sur les réseaux sociaux ont ainsi signé une tribune publiée sur le site du Huffington Post et accompagnée du #1moisminimum, “pour que chaque mère ne soit pas seule le mois qui suit la naissance […], pour que l’égalité femme-homme soit aussi un sujet d’homme”. Les auteurs du rapport des 1 000 premiers jours vont plus loin et insistent sur la nécessité de créer du lien avec le nouveau-né et d’impliquer les pères : “il faut du temps, de la disponibilité et de la proximité physique et émotionnelle de la part des parents pour qu’ils construisent avec leur bébé une relation harmonieuse”.

Ce que l’on sait du futur congé paternité

Aujourd’hui, les pères ont la possibilité de prendre 11 jours de congé paternité consécutifs dans les 4 mois qui suivent la naissance. Entré en vigueur en janvier 2002, ce congé est optionnel, indemnisé par l’Assurance maladie, et s’ajoute aux 3 jours “naissance” obligatoires à la charge de l’employeur. D’après les estimations, 7 pères sur 10 font valoir ce droit.

À partir de juillet 2021, la durée du congé paternité passera à 28 jours (incluant les 3 jours “naissance”), dont 7 jours seront obligatoires. La prise en charge sera assurée par l’Assurance maladie, comme c’est le cas pour le congé paternité actuel. Si l’on est encore loin des 9 semaines recommandées par la commission des 1 000 premiers jours, cette annonce est une belle avancée qui va permettre d’impliquer davantage les pères dans l’arrivée du bébé, de rééquilibrer les tâches au sein du foyer et d’alléger la charge mentale, qui repose essentiellement sur les femmes. Cela devrait également favoriser l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes, pour qui la maternité constitue souvent un frein à la carrière.

Le caractère obligatoire d’une partie du congé paternité le rendra accessible à tous, sans lien avec l’ancienneté dans l’entreprise ou la nature du contrat de travail. Salariés, fonctionnaires, travailleurs indépendants, exploitants agricoles, professions libérales et demandeurs d’emploi pourront ainsi en bénéficier. La mesure sera inscrite au prochain projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Selon les prévisions, elle coûterait entre 250 millions et 260 millions d’euros en 2021, et autour de 500 millions d’euros à partir de 2022*.

Avec cette réforme du congé paternité, la France rejoint les pays européens les plus avancés sur la question du soutien à la parentalité et à la petite enfance. Toutefois, elle demeure bien loin des exemples que sont les pays scandinaves, notamment la Norvège (15 semaines de congé paternité), la Suède (8 semaines minimum) et la Finlande (9 semaines).

*source : Le Monde

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