Le déremboursement de l’homéopathie est confirmé

Le déremboursement de l’homéopathie est confirmé

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La ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn l’a annoncé dans un entretien accordé au journal Le Parisien ce mardi 9 juillet : le déremboursement total de l’homéopathie sera effectif à partir du 1er janvier 2021. Un coup de tonnerre pour les sept millions de Français adeptes de cette médecine alternative ainsi que pour les 20 000 homéopathes qui exercent sur le territoire, mais une décision assumée qui suit l’avis de la Haute autorité de santé (HAS).

Fin de la dérogation accordée à l’homéopathie

Depuis 1984, les médicaments homéopathiques bénéficiaient d’une dérogation. Contrairement aux autres médicaments, ils n’étaient pas évalués par la HAS, chargée de déterminer le service médical rendu. L’objectif de ce remboursement à hauteur de 65 % était d’encourager le développement de l’industrie. Le taux a progressivement été revu à la baisse pour atteindre 35 % en 2003 puis 30 % en 2011. Au total, 1 200 médicaments homéopathiques étaient jusqu’à présent remboursés par l’Assurance maladie.

Une décision basée sur un avis scientifique

Le 1er août 2018, Agnès Buzyn avait saisi la HAS afin que celle-ci analyse les bénéfices de l’homéopathie pour les patients. Après avoir examiné plus de 800 études, la HAS a rendu son avis en juin 2019 et recommandé le déremboursement de l’homéopathie, comparant son efficacité à celle d’un placebo. À ce jour, aucune preuve scientifique n’a été apportée concernant l’intérêt de l’homéopathie pour la santé publique et le traitement des maladies courantes. La ministre de la Santé avait déjà exprimé sa volonté de suivre l’avis de la HAS, avant même que celui-ci ne lui soit livré. Ce n’est donc pas véritablement une surprise, bien que le débat ait été vif parmi les pro et les anti homéopathie.

Un déremboursement progressif

Afin de “se laisser le temps de la pédagogie et accompagner les patients”, le gouvernement a fait le choix d’un déremboursement progressif. Cette phase de transition a pour but de faciliter l’adaptation des laboratoires (Boiron, Lehning, Weleda) et d’encourager une réflexion plus globale sur la consommation de médicaments en France. Le taux de remboursement sera dans un premier temps abaissé à 15 % à partir du 1er janvier 2020, et à 0 % l’année suivante. L’Assurance maladie devrait ainsi faire des économies de plusieurs centaines de millions d’euros, une somme qui pourra être consacrée à la prise en charge de médicaments innovants et très chers. Avec le déremboursement de l’homéopathie, le prix des granules et des doses augmentera mécaniquement, la TVA passant de 2,1 % à 10 %. Les laboratoires seront également libres de fixer leurs prix et de les augmenter.

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