Le remboursement de l’homéopathie remis en cause

Le remboursement de l’homéopathie remis en cause

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homeopathie remboursementL’homéopathie est une méthode thérapeutique douce très répandue pour soulager toutes sortes de maux. Les adeptes affirment pouvoir apaiser certains symptômes grâce à la prise de ces petits granules. Pourtant, la pratique et le remboursement des traitements font actuellement débat. Le problème ? Son efficacité n’a jamais été scientifiquement prouvée.

Dans un récent communiqué, le Conseil national de l’Ordre des médecins prend position et affirme que l’homéopathie ne devrait jamais été prescrite en premier recours. Sans confirmer son avis sur la question du remboursement, l’Ordre prend clairement ses distances avec cette méthode thérapeutique.

Homéopathie : réelle efficacité ou effet « placebo » ?

La « mise au point » publiée mardi par l’Ordre des médecins relance le débat houleux autour de cette pratique et de son efficacité.

Pour en finir avec les incertitudes, l’Ordre affirme que l’homéopathie ne peut pas être considérée comme une médecine alternative et qu’elle ne doit jamais être le premier remède proposé : « tout médecin doit exercer la médecine conformément aux données acquises de la science, tant dans l’élaboration du diagnostic que dans la proposition d’un traitement » peut-on lire dans le communiqué. « Le Conseil national réaffirme, en conséquence, que la prise en charge médicale d’un patient doit être conforme aux exigences de qualité et de sécurité des soins, voire de leur urgence. Le traitement préconisé par un médecin ne peut, en aucun cas, être alternatif aux données acquises de la science et à l’état de l’art »

Pour aller plus loin, l’Ordre des médecins recommande que les termes « médecines alternatives » ou « médecines complémentaires » ne soient plus utilisées pour décrire l’homéopathie, les jugeant « source de confusion et de litiges d’interprétation ». Aussi, le Conseil demande aux médecins d’apporter une « information loyale, claire et appropriée » au patient avant la prescription d’un traitement homéopathique. Il précise que le code de la santé publique relatif à la déontologie médicale « interdit de présenter comme salutaires et sans danger des prises en charge ou des thérapeutiques non éprouvées ». En d’autres termes, l’Ordre souhaite que le patient soit clairement informé du manque de données concernant l’efficacité ou non d’un tel traitement.

L’Ordre des médecins ne ferme néanmoins pas la porte à l’homéopathie en complément seulement des autres traitements : « Il (le traitement) peut comporter une prescription adjuvante ou complémentaire, médicamenteuse ou autre, que le médecin apprécie en conscience dans chaque situation ».

Qu’en est-il du remboursement de l’homéopathie ?

Le communiqué de l’Ordre des médecins ne prend pas clairement position concernant le remboursement de cette pratique. À l’heure actuelle, l’Assurance maladie rembourse à hauteur de 30 % l’homéopathie. Pourtant, compte tenu du manque de renseignement sur son efficacité, cela pourrait changer prochainement.

Interrogée sur France Inter à ce sujet en mai dernier, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a déclaré « l’homéopathie pourrait rentrer dans le droit commun et être évaluée scientifiquement. Si elle est utile, elle restera remboursée. Si elle est inutile, elle arrêtera de l’être ».

De nouvelles études scientifiques confirmant ou non de l’intérêt de cette méthode sont donc attendues pour clore le débat.

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