Les complémentaires santé dans le viseur de l’UFC-Que Choisir

Les complémentaires santé dans le viseur de l’UFC-Que Choisir

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L’UFC-Que Choisir a publié ce mardi 12 juin une étude portant sur les complémentaires santé, qui représentent un élément fondamental de la réforme du système de santé. Forts de plus de 40 milliards d’euros de cotisations, les Organismes complémentaires d’assurance maladie (OCAM) sont engagés dans des négociations concernant notamment le reste-à-charge zéro. Les évolutions à venir devraient rendre leur rôle encore plus important qu’il ne l’est actuellement. Basée sur l’analyse de documents commerciaux appartenant à vingt-neuf organismes et de plus de 200 avis d’échéance, cette étude met en avant les défaillances et les dérives des complémentaires santé.

Des cotisations en forte hausse

Le premier élément pointé du doigt est la hausse très importante du niveau de cotisations. En 2017, la cotisation moyenne s’élevait à 688 euros par an, soit une augmentation de près de 47 % depuis 2006. En l’espace de onze années, le montant des cotisations a connu une augmentation trois fois plus forte que l’inflation. Les complémentaires santé justifient cette progression par une hausse de la fiscalité sur les contrats mais il faut également y ajouter les frais de gestion.

Des frais de gestion variables

En 2016, 7,2 milliards d’euros ont été dépensés par les complémentaires santé pour couvrir les frais de gestion dont 2,8 milliards furent consacrés aux frais d’acquisition incluant des dépenses pour la publicité et la communication. Cela représente près de 20 % des cotisations (hors taxes). Depuis 2010, les frais de gestion ont augmenté deux fois plus rapidement que les remboursements aux assurés.

L’UFC-Que Choisir a également mis en avant une très grande variabilité de ces frais, en particulier sur les contrats individuels où ils peuvent représenter de 9 à 42 % des cotisations.

Un taux de redistribution insuffisant

Autre point noir mis en avant par cette étude : un taux de redistribution des cotisations insuffisant. Seulement 70 % des cotisations reviennent ainsi aux assurés sous la forme de prestations. En pratique, cela signifie que sur 100 euros cotisés par un assuré, 70 euros sont consacrés à des remboursements tandis que les 30 euros restants sont alloués aux frais de gestion, de publicité et de communication ou reversés à des actionnaires. Le taux de redistribution descend même à 66 % pour les contrats individuels. En outre, les contrats ayant les frais de gestion les plus élevés présentent un taux de redistribution souvent inférieur à 50 %.

Une lisibilité réduite des garanties

L’étude menée par l’UFC-Que Choisir critique finalement le manque de lisibilité des garanties santé, ce qui aurait pour conséquence de limiter la comparaison entre les différents organismes et d’atténuer la concurrence. L’illisibilité des garanties provoquerait également une persistance des dérives énoncées précédemment.

Près de 80 % des OCAM n’utilisent pas le vocabulaire commun défini par les engagements pris en 2010 par l’ensemble de la profession. 38 % entretiennent la confusion entre les remboursements émis par l’Assurance maladie et les leurs. Enfin, 62 % utilisent des pourcentages de remboursement supérieurs à 100 %, notamment pour les frais dentaires, ce qui ne facilite pas la compréhension par les assurés.

Un sondage IFOP a révélé que 37 % des consommateurs jugent la compréhension de leurs garanties santé difficile et que près de 48 % d’entre eux ne sont pas capables de connaître à l’avance leurs remboursements pour des soins importants non récurrents.

Cette étude de l’UFC-Que Choisir rappelle la nécessité d’un encadrement plus réglementé des organismes de complémentaires santé, d’une plus grande transparence sur les frais de gestion et d’une information clarifiée concernant le taux de redistribution avant la souscription du contrat.

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